Bayonne (01/09/2013 - tarde) : Passation de témoins ?

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Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
A voir dans l’attente du paseo, le visage amaigri, teint cireux et traits tirés de Julian Lopez, les 30 ans de cet homme en pleine force de l’âge semblent être le simple fruit d’une imagination de romancier. Si le maître a gardé une facilité technique apparente, l’homme perd désormais pied dans une arène.

Impossible pour lui de résoudre un problème, plus d’idée, et peut-être plus d’envie (passagère ?). Le ressort est cassé et tous les évènement subis cette année semblent peser d’un poids très lourd sur les épaules du jeune homme à l’image de son costume lugubre et argent qu’il portait encore ce jour comme le deuil de ses illusions. S’il est vrai que le lot envoyé  par Joselito et plus particulièrement les deux adversaires de Juli ne permettaient pas d’espérer une tauromachie champagne, sa muleta il y a encore quelque temps aurait pu donner du plaisir à un public chaleureux venu avec plaisir voir les vedettes du moment. Les Julipie sont de plus en plus lointains et les deux épées transperçantes que Juli a fini par enfoncer à chacun des Tajo y la Reina furent particulièrement symboliques du malaise actuel. A suivre

Miguel Angel Perera trimbale son austérité avec courage. Son premier adversaire se prétait fadement à son numéro bien huilé qui le voit entourer le toro autour de sa ceinture sans le contraindre tel un fakir contorsionniste et l’épée laborieuse ne le laissa que saluer. A son second avec un toro qui n’en avait pas vraiment envie, il chercha à faire la même chose jusqu’à l’accrochage ou très miraculeusement, il s’en tira sans aucun mal. A partir de là, passe après passe, sans reculer d’un pouce, il livra une bataille entre les cornes qui à priori ne plut pas à une frange du public, qui ne pouvait pourtant nier le vrai courage dont le torero fit preuve. Après une entière, l’oreille tomba, quelques sifflets aussi, qui disparurent complètement à la remise effective de la récompense.

Si, Daniel Luque proposa un travail insipidement stylé à un Tajo y La Reina faible et sans véritable fond qui lui permit de couper néanmoins une oreille, la sortie de Naranjito joli bébé de 572 kgs (très atypique par rapport à l’envoi du jour moins haut et corpulent) fit sortir le jeune loup du bois. Inspiré parfois, élégant toujours sauf dans le numéro final de Luquesina qui mit Lachepaillet en ébullition pourtant,  Luque a marqué son territoire en profitant de la noblesse du toro qui relevait enfin le niveau du jour. Grosse entière et deux oreilles dans le délire et une fin de temporada qui termine dans l’allégresse d’un joli moment de tauromachie. En sortant en triomphe, Luque arborait à juste titre l’air satisfait de celui qui a réussi son coup. Et en voyant sortir Juli, on se disait qu’une place peut-être pourrait se libérer. 

Philippe Latour

 

BAYONNE  –quasi plein

6 Tajo Y La Reina globalement décevants

 

El Juli                            saluts/silence

Miguel Angel Perera        saluts/oreille

Daniel Luque                  oreille/ 2 oreilles