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Gamarde (25/11/2017) : Beau succès populaire et artistique de la Fiesta Campera de Gamarde...

©Nicolas Couffignal
©Nicolas Couffignal
Il faudra rajouter bientôt une polaire à la tenue standard de l’aficionado du Sud-Ouest. Il faisait un froid de canard dans les arènes couvertes (mais non chauffées) de Gamarde pour la Fiesta Campera Toros y Flamenco.

Organisé par la Peña taurine de Dax au profit des associations Musica Esperanza et des visiteurs de l’hôpital de Dax, cet évènement taurin a rempli à plus des huit dixièmes les gradins de la placita landaise.
Bien présentés pour ce type de course, les novillos de Durand sont sortis, à l’exception du troisième, mansos. Violents, au cheval et à la muleta, ils ont manqué de fond et sont vite devenus compliqués.

Le premier n’humilie pas dans le capote de Manuel Escribano. Il prend une pique en se défendant au début puis pousse en fin de rencontre. Après un tercio de banderilles efficace, le sévillan commence sa faena par la droite. Le toro se défend plus qu’il ne charge et oblige le torero a puisé dans son bagage technique pour le faire passer. Le Durand est rapidement attiré par les planches. Pour le garder dans la muleta, le torero garde le bras près du corps pour limiter les possibilités de fuite en fin de passes. Il s’expose ainsi à se faire accrocher. Escribano se fait bousculer de façon spectaculaire et évite la cornada parce que le toro est despuntadio. Le bicho est décomposé et après quelques muletazos dans les tablas, le sévillan le tue d’une entière tombée et deux descabellos.

Le second ne met pas la tête et ne s’engage pas dans la cape d’Alberto Aguilar. Il ne pousse pas au cheval et à lui aussi une charge violente et n’humilie pas en début de faena. Il est tardo et s’arrête à mi passe. Avec beaucoup d’application, le torero enchaine de bons muletazos à droite. Il se fait lui aussi accrocher au sortir d’un derechazo. En fin de faena, Aguilar toréé sans enchainer les muletazos alors que le toro venait mieux, comme le montrent les deux dernières séries données en liant les passes. Aguilar coupe une oreille après une demie efficace.

Le troisième est très typé Miranda de Pericalvo. Il remate violemment les talanquères à sa sortie en piste. Il baisse bien la tète dans le capote de Pepe Moral qui le met en suerte avec beaucoup de classe par chicuelinas marchée. Le toro pousse avec bravoure au cheval. Moral est un torero très fin et élégant. Il le prouve dès les premiers derechazos. Le Durand embiste avec beaucoup de classe à droite. A gauche il accroche la muleta, oblige le torero à reprendre l’autre main pour une très belle série. Pepe Moral a dominé son adversaire et en profite pour lui tirer une série de naturelles templées. Le toro va à menos, recherche les planches en fin de faena. Le torero de Los Palacios le tue d’une entière tombée et un descabello. Une oreille est une récompense bien chiche compte tenu de la qualité de ce qui sera la meilleure faena de la soirée.

Denis Labarthe est un practico. Il dirige l’école taurine de Soustons. Régulièrement il s’offre la possibilité de toréer et tue en privé des toros en particulier chez la famille Durand. C’était pour lui un grand jour puisque c’est en public, et pour une belle cause, qu’il a pu assouvir sa passion. Il reçoit à la cape un joli novillo colorado qui prend une très bonne première pique. Il sort seul de la seconde et est mal piqué à la troisième. Le Durand, malgré les trois puyazos, arrive avec une certaine violence au troisième tiers. Avec beaucoup de courage et d’application Denis enchaîne des séries de derechazos méritoires. Le toro se décompose rapidement et oblige le torero à écourter la faena. Denis tue d’une demie très efficace et coupe deux oreilles demandées par un public qui l’a encouragé du début à la fin de sa prestation.

Juan Molas reçoit avec beaucoup d’élégance un joli novillo qui met bien la tête dans la cape. Le Durand prend deux piques sans pousser. Il est un peu juste de forces. Encouragé par son public, Molas construit une bonne faena. Il profite de la noblesse du novillo pour lier, avec un certain temple et finesse, de bonnes séries à droite. Le toro est moins bon sur l’autre corne. Juan est un torero artiste, la fin de faena ne manque pas d’allure. Il tue d’une demie foudroyante et coupe deux oreilles, les dernières de la temporada 2017 dans le Sud-Ouest.

Fiche technique
Arènes de Gamarde, Fiesta Campera au bénéfice des associations des visiteurs de l’Hôpital de Dax et Musica Esperanza.
Cinq novillos de la ganaderia Durand, meilleur le troisième pour :


Manuel Escribano : salut au tiers
Alberto Aguilar : une oreille
Pepe Moral : une oreille
Denis Labarthe : deux oreilles
Juan Molas : deux oreilles


8 piques, cavalerie Bonijol venue, comme l’arrastre et les alguaciles bénévolement.
8/10èmes des gradins occupés par des aficionados frigorifiés.

Thierry Reboul