• 1

Bayonne (02/09/2017 - tarde) : Juan Bautista et Paco Ureña à hombros...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
De l'émotion il y eut à Bayonne en ce jour où le soleil revenu, les gradins s'étaient remplis aux 2/3. Beaucoup en donnaient le mérite aux toros du Freixo, mais à bien y regarder doit-on considérer que ne pas tomber et avoir un peu de mobilité sont les seuls éléments à faire valoir pout constituer un bon lot de toros.

Des peleas face au cheval sans véritable bravoure, une tendance à chercher systématiquement le refuge des planches rapidement furent des points communs à l'ensemble du lot des toros du Juli pour apporter des éléments de réponse.
Côté torero, le professionnalisme de Juan Bautista, le courage de Paco Ureña ont fait le reste et les trophées sont tombés d'un palco plutôt bien disposé.

Malechor, le toro d'ouverture coureur et difficile à fixer au capote, alla chercher l'encolure du cheval sur la première pique confirmant sa mansedumbre. Des deux côtés sa charge manque de clarté, pesant sur l'homme à droite, et coupant clairement à gauche. Juan Bautista prudemment opte pour une faena courte de réglage conclue par une estocade tombée, portée à bout de bras. Silence.
Jean Baptiste soigne la réception du 4ème Nitidor, par véroniques genoux en terre sans que le toro ne se livre vraiment dans le capote de l'arlésien. Le professionalisme de Jean-Baptiste va faire le reste au dernier tiers. Des deux mains il construit une faena sereine et maitrisée où il sera largement au dessus de la condition du Freixo. L'animal au bout de trois séries va tirer inexorablement vers les barrières du soleil où se terminera la faena dont on extraira un superbe série de derechazos main basse et corps relâché et des naturelles de bonne facture. Un recibir d'école viendra foudroyer le Freixo libérant l'enthousiasme général et les deux oreilles du palco.

Le meilleur toro de l'après-midi sera dévolu à Paco Ureña. Niñero, le deuxième de l'envoi viendra prendre deux bonnes piques (surtout la 1ère poussée en brave). Le Murciano après avoir bien débuté par le haut, entreprend son adversaire sur trois séries droitières de qualité. Dès les premières naturelles, le toro raccourcit ses charges et commence à chercher l'homme. Sur la deuxième série, Ureña est salement envoyé dans les airs heureusement sans mal. A partir de ce moment, l'animal se décompose et Ureña lui vole des deux côtés les dernières passes. Un estoconazo au second essai entraîne une pétition majoritaire qui fait tomber une récompense.
Dans son combat face au peu clair Notificado, l'émotion montera d'un cran. Avisé au capote, Le Freixo va faire passer un sale moment au piquero Pedro Iturralde de toute évidence dans un jour sans. Ejecté de sa monture au 1er contact, il manqua sa cible au deuxième, et subit le 3ème contact ayant du mal à maitriser sa monture. Avec sérieux et un énorme courage, Paco Ureña va tirer les passes sur les deux cornes malgré un danger évident. Se retournant vite à droite, décochant un coup de tête systématique à gauche, le Freixo se refugie aux tablas. Dans ce terrain hyper réduit, se déroulera une grande partie de la faena. Souvent accrochées, les passes n'en seront pas moins pleine d'émotions le coup de corne étant possible à tout moment. Dans ce contexte tendu, la superbe estocade réussie au second essai va libérer le trop plein de tension et une deuxième oreille présidentielle généreuse.

Andres Roca Rey ne parut pas au meilleur de sa forme tout au long de l'après-midi. Débutée par le haut, la première faena ira de mas a menos. La main basse des premières séries droitières fera place à une tauromachie brouillone dès les premières passes naturelles qui se délitera au fur et à mesure que le Freixo parte du côté du soleil terminer sa vie après une épée de côté au 2ème jet(avis). Silence
Bien que coureur et fuyard à son entrée, Liriquillo se reveillera en manso sous le fer en faisant reculer le groupe équestre sous le premier contact. Le démarrage par de belles statuaires laissait espérer une autre dimension de la faena. Le péruvien sera à deux doigts de faire rompre son adversaire. Il y arrivera partiellement à droite mais les passages à gauche seront difficiles et le manque de race du Freixo patent. L'ensemble va a menos et la conclusion tauricide ne sera pas satisfaisante (1/2 sabre dans les bas-fonds + descabello) limitant le succès à un simple salut.

Juan Bautista et Paco Ureña portés à hombros furent rejoints pour un très court instant par le mayoral d'El Freixo dont la légitimité de cette sortie très contestable souleva de vives protestations devant lesquelles il dut se contenter d'un salut déjà fort généreux et de peu de propos.

 

Arènes de Bayonne
2/3 d'arènes
6 El Freixo
13 contacts avec la pique
Cavalerie Heyral

Juan Bautista : silence - 2 oreilles
Paco Ureña : oreille - 2 oreilles (avis)
Andres Roca Rey : silence(avis) - saluts (avis)

Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour