Bayonne (01/09/2017) : Seulement un salut...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
La novillada de la Féria de l’Atlantique a été épargnée par les pluies qui sont tombées sur Bayonne et ses environs. Le seul ruedo qu’il a fallu sécher et remettre en état est celui d’Happycionado. Celui des arènes de Lachepaillet était en bon état au moment du paseo de cette course en semi-nocturne.

Le public est sorti déçu par la performance des deux novilleros face à des novillos de Los Manos qui n’auraient jamais du partir au matadero avec leurs oreilles. Tous dans le type de l’encaste, sauf le second negro, ils étaient armés raisonnablement, les deux derniers de façon plus conséquente. Très nobles, ils sont tous morts bouche fermée, même s’ils ont manqué de cette alegria qui leur aurait donné plus de piquant. L’arrastre des quatre premiers toros a été applaudie.
Le mayoral a salué, ce qui est discutable. Aucun des toros ne s’est employé à la pique. Ils ont pris une pique et un picotazo, à l’exception du dernier plus châtié en deux vraies rencontres. De plus le cinquième décasté et le sixième très vite éteint ont fait baisser la note moyenne du lot.
Les deux jeunes toreros ont eu chacun de bons passages mais ils sont restés en dessous de ce que permettaient les utreros. Ils ont, en plus, tous les deux connu une très grosse défaillance à l’épée. Une tarde qui aurait pu être triomphale, se résume à un salut au tiers pour les novilleros et une vuelta al ruedo côté « Los Manos ».
Très discret, Victor Manuel Rodado, le sobresaliente professionnel du Sud-Ouest n’a pas été invité à faire un quite.
Il a manqué en plus à ce mano à mano, une vraie compétition entre les deux novilleros. Il a fallu le cinquième toro pour voir un « duel » de quites. Si Adrien est intervenu à tous les toros d’Andy, celui-ci n’a pas toréé de cape, les opposants de l’ancien élève de la Fondation El Juli.
Aiser Echanis et Manolo de los Reyes ont salué après avoir banderillé le quatrième. Morenito d’Arles a été excellent à la brega tout au long de la soirée.

Le premier, juste de forces, est bien reçu au capote par Andy Younès. Bien mis en suerte à la première pique, il s’endort sous le fer. La seconde rencontre est anecdotique. Il sort des piques marqué. A la muleta, il est un collaborateur noble et devient rapidement soso. Il suit bien le leurre mais transmet peu d’émotion. Après deux séries moyennes à droite, Younès se centre et se croise pour donner deux bonnes séries de naturelles. Retour à droite pour une série accrochée, le nîmois conclut par une série de derechazos plus aboutie. Il a du mal à fixer le toro après avoir pinché. La seconde épée est une mete y saca très basse qui tue le toro.

Le second vient mieux au capote à gauche qu’à droite. Il prend en poussant une vilaine pique trasera et un picotazo après avoir fait une vuelta de campana à la sortie de la première. Après avoir brindé à Damaso Gonzalez, Adrien Salenc cite de loin le Los Manos. Le bicho vient bien mais fléchit en sortie de passe. Noble, il se livre bien dans les deux premières séries à droite. Comme le premier, il manque d’alegria. Il ne pose pas de problèmes particuliers, si ce n’est qu’il a regardé les barrières dès la seconde série. A gauche, le novillero a du mal à lier des passes à un toro plus réservé sur cette corne. Adrien met un peu d’alegria dans son toreo pour animer la fin de faena après que le toro l’ait amené progressivement dans le terrain des barrières. Après un pinchazo, Adrien s’engage pour une entière tombée qui sera longue à faire effet, le privant de toute récompense.

Le troisième humilie bien sur les deux cornes. Il s’endort sous le fer à la première rencontre. Il vient d’un peu loin pour un simple picotazo à la seconde. Après avoir brindé au public, Andy commence sa faena par des cambiadas. Le toro est très noble. Il répond de loin au cite et humilie bien dans la muleta. Le novillero alterne des séries intéressantes à droite et à gauche profitant des qualités du novillo. Toréant en faisant tourner le toro autour de lui, il baisse la main mais probablement moins que ce permet le Los Manos. La faena est intéressante mais on pouvait espérer, vu les qualités du novillo, plus de relâchement et de profondeur surtout de la part d’un novillero expérimenté et plutôt artiste par nature. On retrouve cette profondeur dans les finals genoux ployés à la manière de Ponce qui termine la faena. De nouveau le torero est en difficulté à l’épée et pinche à plusieurs reprises avant de tuer d’un tiers de lame et d’un descabello. La vuelta accordée au novillo est discutable compte tenu de son manque d’investissement au premier tiers

Le quatrième est bien fait et commode de tête. Il prend une première pique en poussant un peu. Il fait deux vueltas de campana avant de charger au petit galop pour un picotazo à la seconde. Il sort marqué du premier tiers avant d’être très bien banderillé. Adrien débute la faena par un série de rodillas. Après s’être relevé, il pègue une superbe trinchera. On retrouve, en début de faena, le novillero posé et inspiré du festival de Rion 2016. Il enchaine de bonnes séries sur les deux mains. Le toro, très vite, raccourcit sa charge et la faena va à menos. Le toro part vers les planches et s’éteint. Adrien salue au tiers avant de tuer d’une entière tombée après un pinchazo.

Le cinquième est bien présenté et armé. Bien mis en suerte et piqué, il pousse sous la première rencontre. Bien remis en suerte, il s’endort sous le fer à la seconde. Après un échange de quites entre les deux toreros, Andy le brinde à nouveau au public. Blendo, le novillo manque de race. Il ne se livre pas à la muleta, même si le novillero l’oblige. Younès commet l’erreur de prolonger une faena de peu d’intérêt à un toro éteint. Après quelques remous dans le public, le nîmois finit par prendre l’épée. Le bicho décasté est difficile à fixer à la mort. Il se couvre après les premiers pinchazos. On est à la limite du second avis quand le toro tombe après plusieurs entrées à matar infructueuses.

Le sixième est, comme le cinquième applaudi à son entrée en piste. Il n’est pas très clair à la cape. Bien mis en suerte, très bien piqué par Pedro Iturralde, il prend deux piques en poussant. Le président impose une troisième mise en suerte mais le toro ne charge pas à l’appel du piquero et le tercio est changé. A la muleta, le toro s’éteint à la seconde série à droite et la faena tourne court. Un pinchazo et une entière tombée efficace mettent fin à une novillada décevante côté novilleros alors que le bétail offrait des possibilités.

Les organisateurs invitent le mayoral à saluer, ce qui est discutable car même si les quatre premiers sont nobles, très noble le troisième, ils n’ont pas montré grand-chose au cheval. C’est bien mais insuffisant pour saluer dans une arène de première catégorie.


Fiche technique
Arènes de Bayonne, novillada de la Féria de l’Atlantique
6 novillos de Los Manos bien dans le type de l’encaste, nobles les quatre premiers, le meilleur est le troisième. Les moins bons sont le cinquième décasté et le sixième parado pour :

Andy Younès : silence, un avis et silence, un avis et quelques sifflets
Adrien Salenc : un avis et silence, salut au tiers, silence

Sobresaliente : Victor Manuel Rodado,
Salut des banderilleros Aiser Echanis et Manolo de los Reyes au troisième
Bonne brega de Morenito d’Arles
Douze piques et picotazos
Cavalerie Philippe Heyral
Vuelta au troisième
Salut du mayoral à l’issue de la course
Président : Bernard Peytrin
Un quart d’arène
Pas de pluie

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour