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Mont-de-Marsan (20/07/2017 - matinale) : La vie d’un ganadero n’est pas un long fleuve tranquille...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Vainqueur du concours entre les ganaderos du Sud-Ouest, en 2016, c’est la ganaderia Casanueva qui a fourni les erales de la novillada non piquée montoise. Initialement composé de trois novillos d’origine El Torreon et d’un d’origine Gallon, le lot a été profondément remanié. Un des El Torreon s’est malheureusement tué au débarquement. Les négociations du sorteo ont écarté un autre exemplaire de cet encaste devenu sobrero. Ce sont donc trois toros d’origine Gallon et un El Torreon qui sont sortis en piste.

Le premier eral (origine Gallon) très jeune, petit et mal armé n’aurait pas du sortir en piste ; Mais les aléas et divers incidents ont fait qu’il a intégré le sorteo au grand dam du ganadero. Au physique ingrat s’est malheureusement ajouté un comportement de manso perdido. Dès les premières passes de cape, il se réfugie en meuglant dans les planches. El Rafi essaie de le tirer vers le centre. C’est peine perdue. Le nîmois le toréé sortie vers la planche puis parallèlement à celles-ci. A la mort, le bicho est collé au planche. El Rafi le tue d’un tiers de lame qui provoque une hémorragie. L’entrée en matière de cette novillada est à classer dans le dossier « A oublier »

Le second joliment présenté est d’’orignie « El Torreon ». Il est noble, un peu juste de force. Du premier tiers après une réception honnête par Manuel Diosleguarde, on retiendra le très bon quite d’Ismael Jimenez. A la muleta, le Casanueva met la tête, répond bien aux sollicitations du novillero. Il lui manque un peu de chispa et comme le torero manque lui d’alegria, la faena sera intéressante mais un peu fade. Diosleguarde, comme à Plaisance, ne se croise pas. Il enchaîne des séries sur le voyage avec élégance mais sans transmettre d’émotion. Le torero n’apportera pas au toro, l’aide qui lui aurait permis d’aller à mas.
Comme on l’apprend aujourd’hui dans les écoles, le novillero chauffe le public en fin de faena avec des manoletinas plus maladroites que sincères. Il s’octroie une vuelta après une entière basse et trois descabellos.

Le troisième, origine Gallon, très bien présenté sera le meilleur du lot. Le toro humilie bien dans le capote ce qui permet à Ismael Jimenez de réaliser un très bon quite par chicuelinas. Contrairement à Eauze, le novillero ne banderille pas. Il fait un bon début de faena utilisant la noblesse et la caste du Casanueva en le citant de loin. Le toro vient mieux à gauche qu’à droite. Les deux premières séries de derechazos laissent augurer une bonne faena dans la lignée de celle d’Eauze. Malheureusement, Jimenez réduit les terrains ; contraint sur un petit périmètre un toro qui a besoin d’espace. Il finit par se faire accrocher et à partir de ce moment, le novillero ne retrouvera ni le rythme, ni le sitio. Il ne baisse plus la main, arrête le bicho a mis passe. Jimenez, malgré des qualités certaines, reste très en dessous des possibilités offertes par le toro. Il coupe une oreille après une entière en avant et tombée.

Le quatrième, origine Gallon, est plus léger. Il saute dans la cape et a parfois un coup de tête en cours de passe. A côté de cela, il a un fond de noblesse et ce « brin » de faiblesse caractéristique des Sampedro. Dorian Canton se fait d’abord accrocher en début de faena puis prend la mesure du novillo. En se croisant et en pesant sur l’animal, Dorian prend le dessus, améliore le Casanueva et enchaine quelques bonnes séries des deux mains. Il ne le domine pas totalement d’où quelques séries plus brouillonnes en fin faena. L’élève d’Adour Aficion s’engage pour une entière légèrement tombée qui sera très efficace. Il coupe deux oreilles qui lui ouvrent la Puerta Grande du Plumaçon.

Novillada intéressante, mal commencée mais qui est allée à mas comme le moral des ganaderos. L’élevage de toros braves n’est pas un long fleuve tranquille, Joël et Guillaume en ont fait l’expérience aujourd’hui. Il faut toujours regarder le côté positif des choses. Les trois derniers novillos sont sortis avec des « choses à dire » et des possibilités à exploiter par les jeunes novilleros. Et puis, il reste au campo, ce joli eral, origine N° 27, aujourd’hui sobrero contraint et forcé et qui sera probablement intéressant à voir lidier.

Arènes de Mont de Marsan, novillada non piquée des Fêtes de la Madeleine
Quatre erales de la ganaderia Casanueva, le plus intéressant est sorti en troisième position, pour :

El Rafi : salut au centre
Manuel Diosleguarde : vuelta
Ismael Jimenez : une oreille
Dorian Canton : deux oreilles

Présidence : Manolo Gorka
Belle entrée avec un tiers d’arène
Le prix des organisateurs du Sud Ouest est partagé entre Ismael Jimenez et Dorian Canton
Le prix des Clubs taurins Ricard revient à Dorian Canton
Le prix du club taurin de Libourne, meilleure faena est attribué à Manuel Diosleguarde
Le prix des clubs taurins montois est partagé entre les quatre novilleros

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour