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Istres (24/06/2017) : La seule oreille pour Talavante...

©ElTico
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Elle avait une belle gueule, cette affiche qui mettait en présence trois des hommes forts de la toute récente San Isidro, dont deux qui en avaient forcé la Puerta Grande, face aux toros de Zalduendo qui ont fait, aussi, les beaux jours des arènes du Palio dans un passé pas si lointain.

Par un malheureux concours de circonstance, même la substitution de Roca Rey blessé après un début de saison un peu poussif, par un Juan del Alamo en pleine bourre, pouvait passer pour une sorte de cerise sur le gâteau... Et on se disait que l'empresa de la Plaza Istréenne avait encore une fois eu le nez creux, car on pouvait s'attendre à une tarde triomphale avec cette confrontation entre l'une des valeurs établies les plus brillantes de l'escalafon et deux jeunes aux dents (très) longues. D'ailleurs, la première oreille tomba bien vite. Mais le lot de Zalduendo, et c'est peu de le dire, n'a pas tenu toutes ses promesses et son manque de classe et d'allant limita bien vite les ambitions de diestros pourtant décidés. L'oreille de Talavante au premier resta la seule statistique notable d'une course qui sombra rapidement dans l'ennui, malgré quelques détails brillants de la part de toreros bourrés de talent, que l'on reverra dans un autre contexte avec plaisir, à n'en pas douter.

Laurent ElTico Deloye

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

En ce samedi 24 juin, les arènes d'Istres proposait une corrida au cartel très attractif. Face à six toros de Zalduendo, Alejandro Talavante, accompagné des deux triomphateurs de Madrid, Juan Del Alamo et Gines Marin. La mise en bouche était, quant à elle, assurée par le rejoneador Laury Tisseur.

Laury Tisseur ouvrit les débats face à un exemplaire intéressant de Carmen Lorenzo. Le natif d'Avignon réalisa un travail dans un registre très classique, qui connut hélas un ensemble en dents de scie. Mort en quatre temps. Ovation avec salut.

Le premier Zalduendo fit une incursion spectaculaire dans le callejon, après avoir pulvérisé les planches, quelques secondes seulement après sa sortie dans le ruedo. Dès son retour en piste, Alejandro Talavante le salua par des soigneuses veroniques, sous des olés nourris, enchaînant par deux tafalleras. Le torero de Badajoz conduisit son opposant au lancier pour une unique pique, brindant ensuite son combat au conclave. Face à un animal manquant de classe et de transmission, Talavante tira tout ce qu'il put et parvint à servir des passages plaisants et variés qui déclencherent les accords musicaux. Malgré les efforts répétés et la volonté affichée du diestro, les mauvaises dispositions du Zalduendo empêcherent le tout de monter en intensité. L'estoconazo d'effet rapide, jumelé à l'abnégation du torero, firent tomber la première oreille de la tarde.
Le second de Talavante fut économisé au premier tercio lors d'une mini rencontre face au groupe équestre. Brindis à "El Fundi", présent en callejon. A la muleta, il ne fallut pas deux séries pour que le diestro ne trouve la bonne carburation, avec un Zalduendo maniable mais sans classe. Sous la musique, l'espagnol édita une prestation très agréable sur les deux rives, compensant l'intensité dont manquait son toro par un répertoire très varié. Une épée capricieuse en trois assauts lui ôta une oreille qui lui semblait pourtant promise. Ovation avec Salut.

Juan Del Alamo montra toute sa détermination en réceptionnant son toro par deux largas de rodillas, très rapprochées et serrées, suivies par de vibrantes veroniques, le tout ponctué d'une media deux genoux en terre. Après une monopique, le Zalduendo montra quelques signes de faiblesse. Dès les échanges initiaux de muleta, le toro afficha clairement un manque de conditions avec une fâcheuse tendance à serrer sur les premiers derechazos. Juan Del Alamo se montra appliqué sur les deux bords et tira tout ce qu'il put. Mais sans matière pour s'exprimer, difficile de connecter avec les étagères et de faire passer de quelconques émotions. Épée tendida de résultat long après pinchazo. Ovation avec Salut.
Le second du Salmantin est plutôt du genre distrait lors de sa sortie en piste. Il se montrera beaucoup plus investi face au piquero, en se comportant en brave sur une unique prise de châtiment. Lors de son entame de faena, le Zalduendo perdra deux fois les mains, accusant une faiblesse évidente des antérieurs. Face à ce pensionnaire faible et sans saveur, Juan Del Alamo tenta de construire une faena, en vain. Mort en deux envois. Ovation avec Salut.

Le troisième du lot dévolu à Gines Marin réfléchit beaucoup dans le capoteo de salida, avant de se faire très mal châtier par une pique basse et trasera. Devant cet exemplaire sans aucun fond ni transmission, le natif de Jerez de la Frontera réalisa une faena propre et très classique mais qui ne toucha jamais les gradins, faute de collaborateur. Dans une fin de combat toujours aussi plate, la musique se mit à jouer, dans une incompréhension quasi générale, soulevant quelques légitimes protestations. Tiers de lame suffisant. Ovation avec Salut.
Comme ses frères, l'ultime de la tarde sera économisé lors du premier tercio. A la muleta, le Zalduendo n'avait vraiment rien à proposer. Gines Marin tenta mais sans résultat. Silence.


Arènes du Palio à Istres (13)
Samedi 24 juin à 18h
3/4 d'arènes
6 toros de Zalduendo et 1 de Carmen Lorenzo (1er)
Poids (Zalduendo) : 490 , 510 , 495 , 505 , 492 , 515.
6 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral.
Temps estival
Durée : 2h 40


Laury Tisseur: Ovation avec Salut.
Alejandro Talavante : Oreille / Ovation avec Salut
Juan Del Alamo : Ovation avec Salut après avis / Ovation avec Salut.
Gines Marin : Ovation avec Salut/ Silence


Juan Del Alamo remplaçait Andres Roca Rey, blessé.


Alexandre Guglielmet

 

Voir le reportage photographique : ElTico