Captieux (11/06/2017) : Trois oreilles pour Andy Younès...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
Andy Younès sort en triomphe à Captieux, d’une course marquée par la faiblesse des novillos de Luc et Marc Jalabert. Est-ce la forte chaleur qu’ils ont du supporter pendant 6 heurs d’attente dans le camion, en tout cas ils ont tous marqué le coup après la première et unique pique qu’ils ont pris.

Les trois novilleros n’ont pas pu exploiter la noblesse de bichos qu’il fallait toréer à mi-hauteur. Tout s’est joué sur la capacité du torero à créer de l’émotion avec des toros qui transmettaient peu.

Le premier montre des signes de faiblesse dès sa sortie du toril. Mal mis en suerte, il pousse au contact du fer. A la muleta, Pablo Aguado le fait humilier lors de la première série. Le toro fléchit à la deuxième passe. Le sévillan relève la mire, torée à mi hauteur. Il tire quelques séries courtes sur les deux cornes. Dans ces conditions, le torero est à contre style et n’arrive pas à transmettre l’émotion « artistique » qui caractérise sa tauromachie. Malgré quelques bonnes passes à gauche, la meilleure corne du novillo, la faena manque de fond et d’énergie. La mise à mort en trois temps ne permet pas de sauver une faena trop longue et sans transmission.

Le deuxième, bien mis en suerte prend une pique en poussant. Faible, il arrive à la muleta avec une demi-charge. Il s’arrête à mi passe et met en difficulté puis accroche Diego Carretero qui n’arrive pas à allonger ses passes. Comme Aguado a besoin d’un toro qui humilie, Carretero a besoin d’un toro qui a une charge longue et allègre pour se mettre en évidence. D’une faena accrochée, faite de demi-passes, on ne retiendra que trois naturelles. La mise à mort ne relève pas le niveau .

Le troisième prend une pique trasera. Il est juste de forces et une charge courte. Après un début brouillon, Andy Younès construit une faena faite de passes sur le voyage et d’autres sur un terrain plus réduit qui compensent le manque de « chispa » du novillo et assurent la connexion avec le public. L’estocade habile est basse mais très rapide d’effet, ce qui permet au torero arlésien de couper une oreille.

Le quatrième, handicapé au niveau du train arrière, est un invalide qui aurait du être changé. Il sort très affaibli du tercio de piques. Pablo Aguado doit très vite renoncer et abrège en tuant à nouveau avec difficulté.

Le cinquième met bien la tête dans le capote de Diego Carretero. Il est mal piqué (trasera). A la muleta, il manque de forces. Le novillero fait l’effort de se croiser en début de faena. Le toro, faible, transmet peu et la faena tourne court malgré la bonne volonté du torero. L’estocade est portée avec engagement mais elle est longue à faire effet, et la maladresse du puntillero insupporte le public capsylvain.

Le dernier sera le moins faible du lot. Il met la tête dans la cape. Bien mis en suerte, il pousse au cheval et obtient une chute. Younès débute sa faena par des cambiadas au centre de la piste. Le début de faena est marginal puis le torero se croise et donne les deux meilleures séries de la journée (une de chaque main). Le toro manque de forces et est soso. Le torero arlésien réduit les terrains, toréé par inversées créant ainsi, jusque dans le final par manoletinas, l’émotion que le novillo n’est pas en capacité de transmettre. Il s’engage pour une entière en place assez rapide d’effet. Il coupe deux oreilles, la seconde étant discutable.

Ainsi s’achève une édition 2017 de la novillada de la Féria de Captieux dont on retiendra surtout la chaleur accablante qui régnait sur l’Airiale où est installé le Campo de Féria. Rendez vous le 24 à la Brède pour la seconde journée de la temporada girondine.

 

Fiche technique
Arènes de Captieux, novillada de la Féria Rugby et Toros
6 novillos de Luc et Marc Jalabert manquant de forces pour :

Pablo Aguado : un avis et silence, silence
Diego Carretero : silence, silence
Andy Younès : une oreille, deux oreilles

Cavalerie Bonijol : 6 piques avec une chute
Prix à la meilleure estocade : Andy Younès
Prix à la meilleure pique : Tomas Copete « Tomasete »
Président : Miguel Telleria assisté de Lionel Lohiague et Eric Brèthes
9/10 ème d’arène
Chaleur accablante


Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour