Nîmes (02/06/2017) : La première oreille de la Feria 2017 à Manuel Escribano...

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©ElTico
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Le matador de toros Manuel Escribano a coupé la première et seule oreille de la tarde inaugurale de cette Feria de Pentecôte 2017.

Les toros de La Quinta ont joué les troubles-fêtes, alternant le bon (le premier malheureusement faible et le deuxième) mais surtout le moins bon (le reste de l'envoi...).

Mañana será otro día...

 

Laurent Deloye ElTico

 


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Rafaelillo salua le premier toro de la Quinta par larga de rodillas, enchaînant par de très douces veroniques rematées au centre. Au tercio de varas, le bicho eut plus tendance à s'endormir sous le fer, gardant la tête haute contre le caparaçon, qu'à pousser la monture. A l'issue du premier tiers, Manuel Escribano réalisa un quite par chicuelinas, qui fit surtout ressortir le manque de force affiché de l'animal. Dès les premiers échanges, l'absence de solidité se confirma, le toro de la Quinta perdant les mains à plusieurs reprises. Fin technicien, Rafaelillo dut troquer le traje de luces pour celui de thérapeute. A camera lenta et sans baisser la main, sous peine de genouflexions, il réussit à délivrer de précieuses naturelles mais sans que cela ne puisse réellement faire basculer sa prestation du bon côté. Entière concluante. Ovation avec salut.
Réception par larga de rodillas du quatrième, avant que l'Espagnol ne déploie un capote poderoso face à un animal se montrant peu évident. Avec le groupe équestre, le toro de la Quinta se montra bravito sur la première rencontre, avant de se faire enfermer et copieusement charcuter sur la seconde. Rafaelillo toreant énormément à la voix, eut du mal à connecter avec les étagères et à faire monter l'intensité de son combat, faute à un astado sans classe et sans humiliation dans ses charges. Entière après pinchazo. Silence.

Manuel Escribano réceptionna un astado guère enthousiaste et concerné par les capotazos de salida. Face au cheval, le bicho sembla quelque peu se réveiller sur la première pique prise en brave avant d'en prendre une seconde anodine. Le torero de Gerena écouta une forte ovation après un tercio de banderilles enlevé, où la dernière paire fut clouée par un quiebro al violin millimétré. Sur les doblones servis en guise d'ouverture de faena, le toro sembla s'être refait, autant moralement que physiquement. Face à cet oppposant livrant un bon jeu, l'Andalou put servir une faena très plaisante, exclusivement droitière, lors d'échanges très longs et harmonieux, faisant ainsi résonner les premiers olés appuyés de la feria. Final par une série de molinettes avant de loger une épée tombée concluante. Oreille.
Le cinquième tira le frein à main dans les veroniques d'accueil d'Escribano avant de rencontrer le lancier pour deux contacts sans histoire. En parlant d'histoire, ce toro n'avait rien à raconter dans l'étoffe, absent en caste et gardant la tête haute lors des échanges. Le diestro essaya tant bien que mal de construire une faena mais dut se résoudre à abréger ce pseudo combat. Il conclut par une entière un poil basse et tendida. Silence.

Le troisième dévolu à Roman ne montra rien de très intéressant lors du premier tiers, autant sur les passes de cape que sur les deux rations de fer prises pour la forme. A la muleta, le toro confirma le peu de disposition qu'on lui prêtait : manso, soso, distrait et sans humiliation dans ses charges. Muleta en main, Roman ne démérita pas et fit preuve de volonté pour aller soutirer à cet animal quelques muletazos. A la suerte suprême, le natif de Valencia se montra très maladroit sur un recibir échouant sur le flanc droit du bicho avant un pinchazo faisant tomber l'animal d'épuisement. Silence.
Capoteo soigné de Roman à la réception du sixième, par de douces veroniques bien rythmées, avant de conduire son adversaire pour deux puyazos où le cardeno mit les reins, mais sans parvenir à déplacer le piquero. Entame de très bon goût de Roman, par des doblones allurés, rematant par un chargement de main classieux, laissant espérer une suite radieuse. Hélas, les réjouissances furent de courte durée, l'animal se révélant sans grande qualité. Quant à Roman, malgré une belle volonté, il ne se montra guère à son avantage, faisant preuve de manque de dominio. Mort en deux temps. Silence.


Arènes de Nîmes (30)
Vendredi 2 juin à 18h
6 toros de la Quinta.
Poids : 508 , 521 , 499 , 518 , 529 , 481.
12 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral
1/2 arène
Beau temps
Durée : 2h20

Rafaelillo : Ovation avec Salut / Silence
Manuel Escribano : Oreille / Silence
Roman : Silence / Silence

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico