Nîmes (17/09/2016 - matinale) : Juan Bautista ouvre la première Porte des Consuls de la Feria des Vendanges...

  • Imprimer

@ElTico
@ElTico
Le matador de toros Juan Bautista est sorti en triomphe par la Porte des Consuls des arènes de Nîmes, après avoir coupé trois oreilles de ses deux adversaires du Puerto de San Lorenzo. Auteur d'une prestation importante face à son bon premier, qu'il a su mettre en valeur au point que sa dépouille a été honorée d'une vuelta al ruedo posthume, l'arlésien a obtenu une nouvelle oreille du cinquième-bis après une faena technique et variée, clôturée d'une épée un poil basse.

Rafaelillo a coupé une oreille du premier de l'envoi, démontrant ainsi que son engagement en remplacement de David Mora, blessé, n'était en rien usurpé. Quant à Miguel Angel Perera, très mal servi au sorteo, il est resté quasi inédit par la faute d'un premier opposant sans option et d'un second (-bis...) rapidement diminé sur blessure.
La course, qui a duré trois heures, a été perturbée par les lésions à répétition dont ont été victimes les toros du Puerto de San Lorenzo, au demeurant bien présentés, au niveau de leurs antérieurs. Ce qui a déclenché la colère d'une partie du public et quelques noms d'oiseau descendus des gradins à l'adresse de l'empresa qui, on le rappelle, n'est ni médium, ni kinésithérapeuthe...

Laurent Deloye ElTico

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

En ce samedi matin de Feria des Vendanges, la direction des arènes nimoise proposait une corrida du Puerto de San Lorenzo. Pour affronter ce lot aux origines Atanasio et Lisardo Sanchez, Rafaelillo qui remplaçait au pied levé David Mora, Juan Bautista et Miguel Angel Perera.

Rafaelillo lidia par fuera un toro guère intéressé par le capote. Au tercio de piques, l'astado toujours autant distrait et parcourant la piste de long en large, prit une rencontre très appuyée sur le cheval de réserve avant une seconde plus relative. Entame de faena très intelligent, par des doblones par le bas afin d'intéresser son bicho. Avec l'expérience et la technique qu'on lui connait, le Murciano ne tarda pas à trouver les solutions face à la mansedumbre du Puerto. Laissant le voile sous le museau, il parvint à construire un trasteo ambidextre de belle facture, délivrant des séries poderosas et ajustées, le tout en musique. Il finalisera sa prestation par une tanda de pecho, logeant à l'issue un 2/3 de lame suffisant. Oreille.
Réception du quatrième par larga de rodillas avant d'éditer un capoteo élégant très à l'ancienne. Durant le tercio de varas, le toro se cassa la patte avant gauche et dû être tué en piste. Rafaelillo hérita d'un sobrero du fer titulaire qui fut protesté à sa sortie pour un piton droit à la pointe éclatée. Le toro prit deux piques sans relief. A la muleta, le Puerto se révéla sans charge et donnant des coups de tête emplis de violence. Rafaelillo ne put rien en tirer. Après quelques échanges, il abrégea logiquement les débats. Silence.

Juan Bautista salua le second par de soigneuses veroniques, rematant par une larga cordobesa. Face à la cavalerie, le Puerto reçut deux puyas en brave. Après deux séries de réglage face à un animal aux belles qualités, l'Arlésien confirma qu'il était au sommet de sa carrière, livrant une prestation importante. Dans un combat parfaitement mené, il put faire étalage d'une tauromachie très inspirée et au répertoire varié, déclenchant des olés particulièrement appuyés. Laissant magnifiquement courir la main, notamment sur la diestra, il gratifia la plaza nimoise de somptueuses séries toutes en temple et en intensité. Il estoqua par un estoconazo de recibir et put ainsi promener les deux oreilles. Vuelta posthume au toro.
Le cinquième titulaire fut également remplacé pour cause de boiterie. Le remplaçant rencontra le groupe équestre en deux occasions sans montrer une grande bravoure. Devant un Puerto maniable mais sans classe, il ne fallut pas longtemps au maestro Arlésien pour trouver le bon sitio et la bonne cadence à adopter. Doté d'un bagage technique sans faille, il réussit à tirer le maximum de ce bicho. Sous la musique, Juan Bautista parvint à combler le manque de classe du Puerto par une tauromachie plaisante et enlevée, agrémentée d'un bel éventail de passes. Un deux tiers de lame, suivi d'un grand coup de descabello fit tomber une oreille de plus dans l'escarcelle du camarguais, lui ouvrant ainsi une nouvelle Porte des Consuls.

Miguel Angel Perera vit son premier prendre une double ration de fer. Après un brindis au public, il débuta pieds joints par quatre muletazos par le haut, sans bouger d'un millimètre. Malgré ce bon début, Perera se retrouva rapidement sans matière à s'exprimer, le Puerto se révélant sans condition. Silence.
Le sixième se révéla brave contre le caparaçon mais dû être changé pour s'être également cassé la patte antérieure gauche après le tercio initial. Face au sobrero du Puerto, Perera ne put briller, celui ci accusant un problème à la patte avant droite après seulement quelques passages dans la muleta. 1/2 lame suivie d'un coup de verdugo. Silence.

Arènes de Nimes
Samedi 17 septembre à 11h30
Toros du Puerto de San Lorenzo
Poids : 532 , 522 , 542 , 550 , 557 (4 bis) , 552 , 574 (5bis), 545 , 548 (6 bis)
Temps mitigé
Durée : 3h00
2/3 d'arènes

Rafaelillo : Oreille / Silence
Juan Bautista : Deux oreilles / Oreille
M.A Perera : Silence / Silence

Le toro de nom "Clavituerto" sorti en deuxièmeme position , portant le numéro 52 , né en mars 2012 et pesant 522 kilos fut primé d'une vuelta al ruedo posthume.


Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico