Dax (11/09/2016 - tarde) : Deux grands coups d’épée de Manzanarès sauvent la corrida de l’ennui...

  • Imprimer

@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
La temporada dacquoise s’est achevée, ce dimanche, par une corrida de Montalvo. A l’image de cette temporada 2016 dans la cité thermale, cette course a été en demi teinte par la faute d’un bétail manquant de fond et de race. Il y a eu deux superbes estocades à recibir et quelques détails de Manzanarès, l’envie de Galvan mais aussi beaucoup de moment d’ennui.

Bien présentés, avec pour certains des têtes commodes, les Montalvo ont manqué de force et de bravoure au cheval. Ils ont pris une première pique pour la plupart sans pousser, puis un picotazo pour la forme. A la muleta, ils ont été noblotes, d’une noblesse fade qui conjuguée à la faiblesse inhibe toute possibilité de transmettre de l’émotion lors de la faena.

Le premier est renvoyé, à peine sortie, au toril car il est invalide. Il est remplacé par un toro du même fer, lui aussi invalide, mais qui sera maintenu en piste. El Juli essaie de le faire passer à la muleta mais au bout de deux passes, le Montalvo perd les papiers. Après quatre tentatives, et à la demande du public, El Juli abrège la faena. Il pinche à plusieurs reprises avant de tuer d’un julipié rapide d’effet. Silence pour le torero, bronca à l’arrastre.
Le quatrième est faible. Il est économisé à la pique. Le début de faena, à droite, est brouillon. Le Juli finit par trouver le sitio après une série à gauche. Il tire quelque séries qui manque de transmission par la faute d’un toro qui manque de race. Il manque du lien et de l’émotion dans cette suite de passes sans véritable fil conducteur. Le madrilène pinche à nouveau et tue d’un julipié qui résulte tombé et nécessite le recours au descabello.

Le second humilie dans la cape et est reçu avec beaucoup d’élégance par Manzanarès. Il est tardo aux banderilles et sur la défensive en début de faena. Très vite, il rompt le contact à la troisième, puis à la seconde passe de la série. Il finit par partir dans les planches dès la sortie de la première. Manzanarès décide de le toréer dans les tablas. Il peut réaliser plusieurs séries élégantes en donnant la sortie vers les barrières. Ce n’est pas du grand Manzanarès, mais vu le contexte le public a daigné s’e n contenter. Le torero d’Alicante est un grand tueur. Il l’a confirmé ce dimanche à Dax. Il tue son premier toro d’un superbe recibir, parfait dans l’exécution et très efficace dans la conclusion. Il coupe la première oreille de l’après-midi.
Le cinquième s’endort sous le cheval à la première pique. A la muleta, il est andarin. Il manque de classe. Manzanarès lui impose une faena avec des séries « marginales » et des détails, surtout à gauche, qui rappelle qui est le matador en piste. L’ensemble est plus esthétique que porteur d’émotion, mais avec tel un toro , il est difficile de faire mieux. A nouveau, une grande estocade à recibir et une oreille est demandée par le public et validée par la présidence.

Le troisième est mal piqué. Il coupe le terrain aux banderilles. Au troisième tiers, faible et décasté, il charge sans conviction la muleta. Il se décompose très vite et devient tardo et soso. David Galvan qui veut se faire une place au milieu de ses compagnons de cartel, essaie, s’applique. Mais le toro ne permet pas grand-chose et surtout manque totalement de transmission. L’arrastre est sifflée.
Le sixième est bien mais trop piqué par Esquivel. Le toro est noblote. Il vient à la muleta sans difficulté mais sans grande conviction. Galvan s’accroche à nouveau pour construire une faena avec un toro qui manque de charge. Il arrive à tirer quelques séries méritoires dont un bel enchainement de naturelles. Pour donner du relief à la faena, il termine par un numéro trémendiste qui indispose une partie du public. Il s’engage pour une entière qui résulte en avant. Le toro tombe avant que l’hémorragie ne soit visible et le torero de Cadiz coupe une oreille.

A l’issue de la course, Manzanarès refuse de sortir à hombros et accompagne ses deux compagnons de cartel quand ils quittent le ruedo.

Fiche technique
Dax : deuxième corrida de Toros y Salsa
6 toros de Montalvo (le premier invalide remplacé par un exemplaire du même fer) faibles et manquant de race pour :

El Juli : silence, silence
José Maria Manzanarès : une oreille, un avis et une oreille
David Galvan : un avis et silence, un avis et une oreille

Douze piques légères
Cavalerie Bonijol
Poids des toros : 550(1er bis), 550, 535, 540, 500, 530
Durée de la corrida : deux heures vingt minutes
Président : Jean Charles Bouet
Quasi lleno
Chaleur toujours aussi estivale

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Roland Costedoat