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Dax (11/09/2016 - matinale) : Adrien Salenc sort à hombros...

@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
La noblesse est la marque de fabrique de la ganaderia de La Quinta. A l’exception du dernier, fuera de typo, plus compliqué les novillos de la famille Conradi se sont donnés corps et âme dans le leurre. Bien présentés, ils sont allés au cheval sans se faire prier mais sans pousser. Parfois faibles, toujours noblissimes ils ont tous flirté avec la soseria.

Sans difficultés majeures, ils ne demandaient qu’à se laisser couper les oreilles. Seul Adrien Salenc a pu et su profiter de l’opportunité. De Castilla et Adame manquant d’engagement ou trahis par l’épée sont passés à côté.

Le premier est un bonbon dès les premières passes de cape. Il prend deux picotazos.
Après avoir brindé au public, De Castilla le cite de loin en forçant un peu le trait. Le bicho vient et répète dans la muleta sans donner un coup de tête. Le colombien en profite pour enchainer des séries de derechazos templés et de bonne facture. A gauche, il est plus profilé alors que le novillo se laisse faire comme à droite. Malgré ses efforts, le novillero reste en dessous du La Quinta et a du mal à donner du relief à sa faena. Il se contente de saluer après un pinchazo et une quasi entière en place.
Le quatrième humilie et freine à la fois dans le capote. Il est économisé à la pique car il donne des signes de faiblesse. A la muleta, il part de loin mais sans alegria. Il est noble mais parfois se met sur la défensive. Le colombien enchaine des passes sans les lier et sans, comme lors de la première faena, donner du relief. Le toro devient soso et De Castilla insiste trop. Pour créer de l’émotion, il tente des manoletinas de rodillas mais il se fait prendre, sans gravité, dès la seconde. Il tue mal d’une entière basse et trois descabellos.

Luis David Adame prendra l’alternative le prochain weekend end à Nîmes.
Il accueille son premier par une paquirrina. Le toro humilie bien dans le capote. Bien mis en suerte, il pousse à la première rencontre puis prend un picotazo. Après un bon quite d’Adrien Salenc, le mexicain brinde au public. Comme le premier, le novillo est noble, vient de loin et suit la muleta en humiliant. Après une série à gauche sur le voyage, Adame conduit mieux la charge sur les deux suivantes à droite tout en restant marginal. Le toro se ralentit et la faena va à menos. L’adorño final, sans l’épée est le moment le plus construit et abouti de la prestation. Le mexicain fait une tentative de recibir qui résulte atravesada, Il pinche son second recibir. Après un pinchazo, il tue d’une entière caîda rapide d’effet.
Son second, fuera de typo, manque de force et prend deux piques légères sans pousser. Après un très bon quite par zapopinas dont une dernière très serrées, il brinde son novillo au public. Le toro est noble, limite soso. Il a une charge lente et se laisse faire sans opposer de résistance. Le jeune mexicain, comme à Bayonne, toréé de façon marginale. Il enchaine des passes sans mettre ni jambe, ni sentiment. Il prolonge trop la faena alors que le toro est allé à menos. Il tue d’une entière en avant après quatre pinchazos.

Le troisième bien présenté sera le meilleur novillo de la matinée. Il prend un bonne pique par Laurent Langlois puis un picotazo. Petit duel à la cape entre Adame et Salenc dont le français sort vainqueur. Le toro est noble et a de la fixité. Adrien Salenc, après avoir brindé à El Juli, va construire ce qui sera pour l’instant la meilleure faena de sa jeune carrière. Après un début par statuaires, il va avec de l’aguante enchainer des séries à droite et à gauche posées, élégantes et sincères. Le « point culminant, de cette faena est une superbe naturelle très basse et conduite avec beaucoup de temple. Le toro dominé, le novillero conclue par une très belle trinchera.Il s’engage pour un tiers de lame qui avec l’aide de la cuadrilla sera suffisant. Salenc coupe une oreille, avec une mise à mort plus orthodoxe, il pouvait prétendre ç un double trophée.
Le sixième est complètement fuera de typo. Costaud, bien armé il a un look de vega vilar. La tentative de porta gayola avorte car le novillo sort au pas. Il s’allume sous le fer lors de ses deux rencontres avec la cavalerie. Le toro est compliqué. Contrairement aux autres sa charge manque de franchise. Adrien toréé avec courage et application. La faena est intéressante mais manque de dominio. Sa vaillance et sa bonne volonté seront récompensées par une oreille après une entière en avant mais efficace. Il peut ainsi sortir à hombros par la porte des cuadrillas.

Fiche technique
Dax, novillada de la Feria Toros y Salsa
6 utreros de la Quinta bien présentés, nobles et donnant du jeu pour :


Juan de Castilla : salut au tiers, un avis et silence
Luis David Adame : silence, silence
Adrien Salenc : une oreille, une oreille


Sortie à hombros d’Adrien Salenc par la porte des cuadrillas
Douze piques légères
Cavalerie Bonijol
Demi arène
Grand beau temps

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Roland Costedoat