Orthez (24/07/2016 - tarde) : Les oreilles du courage pour Emilio de Justo...

  • Imprimer

@Philippe Latour
@Philippe Latour
Donnée devant 2/3 d'arènes environ, la corrida d'Hoyo de la Gitana se sera révélée extrêmement compliquée voire dangereuse pour l'ensemble des hommes à pied. Dans les six exemplaires sortis dans les arènes du Pesque, il y a bien longtemps que les gouttes de sang brave ne coulaient plus dans les artères.

Serrant l'homme dès les premières receptions au capote, s'avisant même avant les piques prises au mieux en manso comme poder, les toros firent passer d'inconfortables moments, la palme revenant au 5ème qui se désintéressant des capotes et muletas présentées offrit une pelea pour le moins déconcertante.

Domingo Lopez-Chaves
Lidiador attentif voire démonstratif, le salmatin ne put absolument rien faire de l'immobile et figé 1er toro de l'après-midi.Il faut dire que dès la première passe de cape, il avait sauté à la gorge du torero ne laissant augurer rien de bon.
Avec le 4ème peut-être le plus civilisé de l'envoi, Lopez Chaves commença par bien doubler par le bas le Hoyo. Il tergiversera sur la corne droite avant par naturelles de donner de l'ampleur à son travail en séries mieux conduites qui lui permettront de terminer en une ultime série de derechazos de correcte facture. Malheureux à l'épée, seul le silence viendra conclure son passage.

Alberto Aguilar
Dure journée pour le petit madrilène qui avec son premier adversaire rapidement avisé, ne fit pas grand chose de cohérent en une faena décousue droitière, le piton gauche étant impossible. Silence après 3 épées.
Le 5ème était exclusivement intéressé par ce qu'il se passait au delà des barrières et par le cheval qu'il alla secouer trois fois en de rudes contacts bien administrés par Juan Carlos Sanchez. Pour le reste, il fut impossible de lier deux passes que ce soit dans le capote du maestro ou de ses banderilleros, et encore moins dans la muleta, le Hoyo de la Gitana ne baissant jamais la tête. Moment de panique à la mort, le toro ne se laissant jamais cadrer et après de multiples tentatives à la sauvette, Aguilar plantera une épée dans le haut qui fera tomber l'animal.

Emilio de Justo
Son premier et pour l'instant son unique contrat de l'année était celui de sa présentation en France. Le natif de Caceres a frappé un joli coup en sortant en triomphe des terres orthéziennes. Il sut avec deux adversaires compliqués tirer du sang des pierres. Au 3ème qui desarçonna Gabin de son cheval (qui fut superbement protégé par Laurent Langlois), il doubla superbement par le bas son toro. Avec une volonté de fer, de celle des morts de fin, De Justo va construire une faena de combat exclusivement droitière. Sans se demonter De Justo va livrer une improbable faena. Après une entière d'effet rapide, l'oreille tombera légitiment du palco.
Bis repetita avec le dernier dont on ne donnait pas cher des qualités après les piques. Série après série, De Justo va s'imposer, allant même dans quelques derechazos offrir de vrais moments de relâchement, un exploit dans cet dure après-midi. Entière trasera concluante au 2ème essai et nouvelle oreille permettant la sortie en triomphe.

Orthez
2/3 d'arènes
6 Hoyo de la Gitana
13 piques
Cavalerie Bonijol

Domingo Lopez Chaves Silence/Silence
Alberto Aguilar Silence/Silence
Emilio de Justo Oreille/Oreille

Prix à la meilleure pique non distribué
Prix au geste taurin attribué à Emilio de Justo
Prix à la meilleure paire de banderilles attribué à Manuel Angel Gomez (cuadrilla E de Justo)


Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour