Châteaurenard (24/07/2016) : Triomphes tricolores, "Juan Bautista" et Thomas Dufau a hombros...

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@ElTico
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Avec quatre oreilles au compteur et une sortie a hombros aux côtés de "Juan Bautista", le matador de toros Thomas Dufau n'aura pas fait le voyage depuis son Sud-Ouest pour rien. Blessé à Eauze il y a seulement quinze jours, l'aquitain s'est montré à son avantage dès son retour dans les ruedos. C'était jeudi dernier dans les arènes du Plumaçon où il a coupé une oreille aux côtés des monstres Ponce et Manzanares.

Et il s'est à nouveau révélé très convainquant en cette chaude après-midi Châteaurenardaise, sur deux prestations sérieuses, parfaiteent maîtrisées. Dans une plaza joliment décorée par l'Artiste arlésien Tom Garcia, Juan Bautista a une nouvelle fois triomphé malgré un lot de toros peu propice au succès. Quant à "El Fandi", que l'on voyait avec plaisir pour une de ses rares comparutions sur notre sol national, il a une nouvelle fois enthousiasmé les étagères sur des poses de banderilles toujours très spectaculaires, mais a calé muleta en main, ses adversaires il est vrai, ne lui facilitant pas toujours la tâche. A noter la belle entrée pour cette corrida qui aura vu défiler au paseo en guise d'alguazil, une guerrière bardée de cuir, issue autant de la mythologie que de l'imagination prolifique du scénographe du jour.

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Juan Bautista reçut avec élégance et douceur son premier adversaire. Le bicho montra une belle bravoure sous le fer, poussant avec force sur une seule véritable rencontre. Le Domecq ne proposa qu'une demi charge avec en prime des intentions pas claires. Après quelques séries de réglages, l'Arlésien, très concerné, fit parler sa technique pour en tirer le meilleur profit. Dans une faena ambidextre, il édita un ensemble varié de bonne facture. Il conclut sa prestation par une série dans des terrains réduits, connectant avec les tendidos. A la suerte suprême, il tua d'un grand coup d'épée fulgurant délivrant le premier trophée de la tarde. Oreille.
Le quatrième perdit les mains à plusieurs reprises lors de la réception de cape de Juan Bautista et fut logiquement économisé à la pique lors d'une rencontre minimale. Face à un Domecq sans force, le torero arlésien dut jouer les infirmiers afin de le maintenir à flot. Toreant à mi hauteur, sans jamais baisser la main, le maestro montra beaucoup d'abnégation pour extirper à ce bicho des tandas tout en douceur et en délicatesse. Malgré le manque d'intensité dû à la faiblesse du bicho, l'Arlésien réussit à donner du relief à cette prestation qui alla a mas. Il tua d'une entière rapide après avoir pinché au préalable. Oreille.

El Fandi se distingua lors de la réception du second par deux largas de rodillas, enchaînant par veroniques et chicuelinas, compas ouvert. Accusant quelques signes de faiblesse, l'astado ne prit qu'une légère ration de fer. Le Granadin fit ensuite se lever les gradins après avoir réalisé un véritable show aux banderilles, montrant un pouvoir et une facilité déconcertante. Fandi débuta sa faena à genoux le long des planches, avant de se faire avertir sur la troisième passe. Le toro se montra vite guère collaborateur, sans charge et violent. Face à cet animal ne permettant pas le triomphe, le diestro livra une prestation méritoire, même si beaucoup de passages furent profilés et donnés par fuera. Sa tauromachie populaire plut tout de même au public puisque après une entière au deuxième envoi, il réclama une oreille et l'a obtenu.
El Fandi réceptionna le cinquième, un joli colorado, par de dynamiques veroniques rematant par une demi au centre de piste. Le Domecq rencontra le lancier pour une unique pique, montrant une bravoure mesurée. Le maestro réalisa un quite enlevé par chicuelinas, conclu par serpentina. Il excella une fois de plus dans un spectaculaire tercio de banderilles, fait dans un pur style de la "casa". A la muleta ,le toro se révéla avisé et sans grande charge. Le Fandi, volontaire, n'eut aucune occasion de briller, que ça soit sur la corne gauche ou sur la droite. Ovation.

Thomas Dufau salua par une larga de rodilla son premier adversaire avant de le conduire pour une unique puya. Début de faena du Landais, tambour battant, par une série plein centre par cambios déclenchant les accords de Chicuelo. Il prit instantanément la main droite pour embarquer son noble Domecq dans des séries relâchées très douces et templées. Le piton gauche ne montra pas les mêmes qualités que son pendant, Thomas reprit naturellement la diestra. Son animal se décomposant au fil des minutes, le Landais terminera dans un périmètre restreint pour un final par redondos et luquecinas du plus bel effet, séduisant totalement les tendidos. Il paracheva cette prestation très convaincante par une entière caida faisant tomber deux mouchoirs du palco présidentiel. Deux oreilles.
Le dernier de la tarde fut accueilli par des veroniques heurtées suivi de chicuelinas ajustées. Le Domecq poussa en mettant bien les reins sur deux rencontres, bien exécutées avant que Juan Bautista ne parte au quite par des chicuelinas de toute beauté. Thomas répondant aussitôt à l'Arlésien par des chicuelinas ultra serrées. Il donna le ton d'entrée de sa faena lors d'une entame citant de loin son bicho de toute beauté. Thomas ne laissa pas passer l'occasion de briller face à un animal chargeant avec classe et alegria. Prenant la pleine mesure de cet adversaire, il gratifia le public par de magnifiques séries de derechazos à la gestuelle quasi parfaite, faisant rugir les tribunes. Il connut également de bons moments sur la corne gauche mais sans connaître le même impact que sur la diestra. Il paracheva cette prestation importante par une entière. Deux oreilles et vuelta au toro.


Arènes de Chateaurenard (13)
6 toros de Salvador Domecq
2/3 d'arènes
Beau temps, vent gênant parfois la lidia.
Durée : 2h30

Juan Bautista : Oreille / Oreille
El Fandi : Oreille / Ovation
Thomas Dufau : Deux oreilles / Deux oreilles.

Le toro de nom Romano né en juin 2012 fut primé de la vuelta posthume.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico