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Mont-de-Marsan (22/07/2016) : Fuente Ymbro en mode très mineur...

@Roland Costedoat
@Roland Costedoat
Il était possible d’arriver en retard ce vendredi au Plumaçon. La corrida a vraiment commencé à partir du cinquième. Pour l’aficionado, il peut être intéressant de voir un torero se bagarrer pour maintenir un toro querencioso au centre du ruedo. Mais voir quatre fois d’affilée, le même scénario génère tout d’abord de la lassitude, puis rapidement de la colère.

Heureusement même une histoire sans fin a une fin. L’avant dernier toro avait des velléités de prendre querencia dans les tablas. Il a rencontré, en la personne de Castella, un torero autoritaire et expérimenté. Le biterrois l’a contraint à rester au centre. Le dernier, sans être un foudre de guerre, a eu un comportement normal.
Plutôt bien armé, le lot de Fuente Ymbro a constitué un ensemble très hétérogène au plan du trapio. En plus de leur mansedumbre et leur absence de race, les toros de Ricardo Gallardo ont manqué de force. Le troisième, totalement invalide, est rentré au toril aussi vite qu’il en était sorti.
Face à ce qui a failli être un naufrage ganadero, les trois toreros ont fait ce qu’ils ont pu. Diego Urdialès, le plus mal servi, est resté quasiment « inédit » malgré ses efforts.

Les arènes sont pleines quand sort le premier toro. Il accroche la cape avec la corne droite. Au cheval, il fait illusion en restant collé très longtemps contre le peto. Aux banderilles, il est difficile à fixer. Arrivé à la muleta, il rompt le combat et de se réfugie dans les tablas. Urdialès essaie en vain de l’empêcher de partir en querencia. C’est peine perdue. Complètement décasté, le toro devient de plus en plus avisé sur la corne droite. Le torero s’en débarrasse avec une estocade très habile compte tenu du contexte.

Le deuxième met la tête dans la capote et Sébastien Castella l’amène au centre avec une bonne série de véroniques. Au cheval, le toro sort seul des deux rencontres. Comme le premier, il est difficile à fixer aux banderilles. A la muleta, il prend deux passes et puis s’en va aux planches. Castella a du caractère et est particulièrement têtu. Il teste plusieurs terrains. Devant le patio de caballos, qui est près du toril, il coince le Fuente Ymbro et lui arrache une très belle série de derechazos. Il arrivera à réitérer cette opération après plusieurs échecs, une nouvelle fois dans ce terrain, puis de l’autre côté de la piste. Epée dans le rincon, hémorragie et mort rapide, le torero est ovationné pour son professionnalisme et son abnégation.

Le titulaire reparti dans les chiqueros, sort celui prévu en sixième position. Le sobrero, pour des raisons techniques sortira en dernier. Le vent disperse les nuages et le soleil, absent depuis deux jours, réapparait. On espère que comme l’astre solaire, le Fuente Ymbro et le torero vont briller. C’est raté. Au grand dam du public et du matador, le toro est décasté, faible et doté d’un gros coup de tête. Il a peu de charge. Fandiño essaie en vain de lui tirer quelques naturelles et finit par l’expédier d’une entière très habile.

Le quatrième ne cherche pas à dissimuler à son entrée en piste qu’il est faible et manso. Il s’endort sous la pique. Dans la muleta, il se défend plus qu’il ne charge. Urdialès, qui ne veut pas avoir fait le voyage pour rien, tente sans y parvenir de lui tirer quelques passes. Le public exaspéré invite le matador à en finir. Il tue mal mais cela n’a vraiment plus beaucoup d’importance pour des aficionados qui commencent à compter les toros restants pour savoir quand s’achèvera leur calvaire.

Les quatre premiers toros ont été copieusement sifflés à l’arrastre.

Le cinquième est un joli colorado. Il est lui aussi fuyard, manso et sort seul du cheval. Castella est décidé à lui imposer sa volonté. Il débute la faena assis sur l’estribo. Le toro est sur la défensive. Le torero l’emmène au centre et le contraint à y rester. Il assoit sa domination par des séries classiques à droite et à gauche avant de réduire les terrains et de mettre en œuvre sa tauromachie. Petit échantillon, car le toro ne s’est pas amélioré et ne permet pas grand-chose. Le public du Sud-Ouest a une fois de plus assisté à une démonstration du professionnalisme du torero français. Une oreille vient le récompenser après une nouvelle estocade dans le rincon très rapide d’effet.

Le dernier, le sobrero, est le plus sérieux de présentation du lot. Il échappe à Fandiño pour partir de loin sur le cheval. Il pousse cette première pique puis s’endort sous le fer à la seconde. Yvan Garcia salue aux banderilles. Le torero basque, qui avait triomphé en 2015, ne veut pas partir les mains vides. Il débute sa faena de rodillas. Le toro, sans être vraiment noble, a un peu de charge dont profite Fandiño. Avec beaucoup de sincérité, de temple et de finesse, il impose sa volonté et embarque le Fuente Ymbro dans des séries où, surtout à gauche, il court la main comme à ses plus beaux jours. Le toro va à menos, mais le torero a réussi ce qu’il voulait faire. Dommage qu’après un bon coup d’épée porté avec engagement, il doive descabeller. Il coupe une oreille. Il aurait pu en couper deux.


Fiche technique
Mont de Marsan : troisième corrida des fêtes 2016
6 toros de Fuentes Ymbro. Les quatre premiers mansos dépourvu de caste,
Le troisième invalide est remplacé par un exemplaire du même fer

Diego Urdiales : silence, silence
Sébastien Castella : salut, une oreille
Yvan Fandiño : silence, une oreille après un avis

Les quatre premières arrastres ont été sifflées
Salut d’Yvan Garcia au sixième
Lleno

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Roland Costedoat