Mont de Marsan (21/07/2016 - matinale) : Nouveau trophée pour la ganaderia Casanueva...

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@Christian Sirvins
@Christian Sirvins
La novillada non piquée des fêtes de la Madeleine revêt un an sur deux la forme d’un concours de ganaderias. Le vainqueur fournira le bétail de celle de 2017. Les cinq élevages du Sud-Ouest en compétition ont présenté des erales avec du trapio et de la caste. Côté toreros il y a eu de l’application mais aussi des défauts liés à leur manque d’expérience. Autre source de satisfaction, les arènes étaient remplies à moitié d’un public très familial.

Le premier novillo est un Camino de Santiago. Il est faible, défaut qui sera accentué par une vuelta de Campana et des passes trop basses et trop sèches de Carlos Olsina. Le bicho est noble. Tenu à mi-hauteur, il suit bien la muleta et permet au torero de réaliser de bonnes séries des deux mains. Le biterrois torée avec application, mais le Camino transmet peu et la faena manque d’émotion et laisse le public froid. Il salue après une entière tombée et deux descabellos.

Le second est un Alma Serena d’origine Luis Algarra. Il est costaud. Un peu brusque dans le capote, il est noble et sérieux à la muleta. Il vient même cité de loin et répète. El Rafi n’allonge pas assez la charge et ne s’impose pas. La faena manque de transmission et de lien. Avec un toro qui offrait des possibilités, l’élève du CFT est en dessous de l’animal et très loin de ce qu’il nous avait montré à Arzacq. Il tue d’une mete y saca, une entière contraire et deux descabellos.
Les deux premiers novillos ont été applaudis à l’arrastre.

Le troisième est un très joli eral du Lartet (probablement d’origine Cebada Gago). Le toro est noble et surtout très encasté. Antoine Madier l’entreprend par deux bonnes séries à droite. Il retrouve son toro de Bougue et surtout Samadet. Il se met au niveau de cet eral très encasté. A gauche le Bonnet vient moins bien et le torero est plus brutal dans sa conduite de la charge. Retour à droite pour une série plus relâchée. Antoine va encore avoir quelques problèmes avec l’épée perd l’oreille qui semblait gagnée.

Le quatrième est un Casanueva origine El Torreon. Physiquement proche de celui de Castelnau, il a un comportement similaire. Très encasté et mobile, il charge et répète avec beaucoup d’alegria. Vincent Perez, d’Arles, utilise les qualités du bicho pour construire une faena appliquée mais qui n’exploite pas toutes les possibilités du toro. Il est souvent sur le voyage, ne pèse pas assez sur le toro et se retrouve même en difficulté à gauche. Il prolonge la faena et le Casanueva a encore des passes à offrir au moment de l’estocade. L’arlésien sera le plus efficace à la mort, il tue d’une entière très en avant. L’eral meurt au centre après avoir longuement lutté. Le public obtient une oreille pour le torero et la présidence honore le toro d’une vuelta al ruedo. Le ganadero, Guillaume Bats, accompagne Vincent Perez dans son tour l’honneur.

Le cinquième est un Malabat (origine Atanasio Fernández) costaud, très armé et dans le type de l’encaste. Il est réservé au meilleur des novilleros du jour. Curieusement le jury désigne El Rafi comme vainqueur. Alors que si on se fie à la faena, l’élu devait être Antoine Madier, ou si on prend compte les trophées Vincent Perez. La décision est contestée par le public et crée une véritable hostilité contre le torero. Ce climat difficile et sa méconnaissance des particularités des Malabat va perturber El Rafi qui ne prendra jamais la mesure d’un eral très noble et qui permettait autre chose que ce que l’on a vu. La faena est décousue et souvent accrochée. L’arlésien finit par baisser les bras et tue d’une épée très en avant. Ce novillo méritait autre chose. La faute en incombe en partie au torero mais aussi, et surtout, au jury et au public.

C’est le Casanueva qui est déclaré vainqueur du concours. Les organisateurs du Sud-Ouest accordent leur prix à Carlos Olsina, les clubs taurins Ricard à Vincent Perez et l’enveloppe est partagée entre les quatre novillos.

Fiche technique :
Arènes de Mont de Marsan, novillada non pique des Fêtes 2016

Un eral noble et faible du Camino de Santiago pour Carlos Olsina : salut après un avis
Un eral exigeant d’Alma Serena exigeant pour El Rafi : silence
Un eral très encasté et sérieux du Lartet pour Antoine Madier : salut
Un eral très encasté de Casanueva pour Vincent Perez : une oreille
Un eral sérieux et noble de Malabat pour El Rafi : silence

Vuelta ai ruedo pour le novillo de Casanueva.
Très belle entrée
Prix au meilleur novillo Casanueva
Prix au meilleur novillero El Rafi
Prix des organisateurs du Sud-Ouest : Carlos Olsina
Prix des clubs taurins Ricard : Vincent Perez

Rendez-vous donc l’an prochain pour une non piquée avec du bétail de Casanueva.

 

Thierry Reboul