Captieux (05/06/2016) : Sortie en triomphe d’Adrien Salenc et des novillos de Joselito décevants...

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@Philippe Latour
@Philippe Latour
Le soleil est revenu sur la Gironde pour la 24ème édition de la Féria de Captieux. Météo et intérêt du cartel ont permis aux organisateurs d’enregistrer un quasi lleno. Malgré la sortie en triomphe d’Adrien Salenc, qui a très bien tué, le bilan artistique de la novillada est en dessous des espoirs que pouvait susciter l’affiche.

La faute en incombe aux novillos de Joselito faibles, manquant trop de fond et parfois de race pour transmettre de l’émotion. Le lot n’a pris que sept piques.

Le premier, plus eral que novillo, est reçu à la cape par Joaquin Galdos. Le bicho est très faible et est donc économisé à la pique. A la muleta, le Joselito fléchit à plusieurs reprises. Il a du mal à suivre la muleta pourtant « douce » du torero péruvien. La faena manque d’intérêt. L’estocade, entière en place, est longue à faire effet. L’arrastre est sifflée, silence pour le torero.
Le quatrième est le dernier novillo que va toréer Galdos Moreno avant son alternative istréenne. Costaud, il est bien piqué et pousse sous le fer. Le toro est juste de forces mais noble. Le péruvien le double avec élégance. A gauche, le novillo a une charge courte. A droite, il passe mieux malgré des hachazos en fin de passe. Galdos exploite cette corne. Il est prêt à prendre l’alternative et s’ennuie manifestement avec ce type de toro très fade qui transmet peu et qu’il domine trop facilement. De ces séries, on ne retiendra que la première et quelques passes dans les suivantes. La faena s’éternise trop et est conclue par un pinchazo, une entière plate et un descabello. Le public invite le torero à saluer pour l’ensemble de son œuvre de novillero.

Le second Joselito est le seul à prendre deux piques. Il pousse un peu la première puis sort seul. La seconde est trasera. Le toro est faible, noble et donne des coups de tête en sortie de passes. Avec à-propos Adrien Salenc l’oblige par le bas et corrige ce défaut. Il peut ensuite réaliser une bonne série de derechazos. Le toro manque de race, passe mal à gauche et transmet peu malgré les efforts du torero. Le niveau de la faena sera relevé par une excellente entière très rapide d’effet et qui permet à Adrien de couper la première oreille de sa carrière de novillero.
Le cinquième sort seul d’un unique picotazo. Il est le seul du lot à conserver, au troisième tiers, un peu d’allant. Il permettra au torero d’aller à mas sur les trois premières séries même s’il doit y mettre un peu de trémendisme pour compenser la fadeur du novillo. La fin de faena est plus brouillonne mais est conclue d’une estocade très efficace. Adrien Salenc coupe une deuxième oreille, synonyme de sortie en triomphe.

Carlos Ochoa faisait lui aussi ses débuts en piquée. Cela explique, peut-être, sa nervosité face à son premier adversaire. Le bicho, faible, est économisé à la pique. A la muleta, le novillo est noble mais ne durera pas. La faena du jeune torero comporte des passages intéressants avec probablement les meilleurs muletazos du jour. Mais les passes, par précipitation, ne sont pas toujours abouties et la fin de faena est très brouillonne par la faute du novillero qui exige trop d’un toro quasi éteint. La bonne estocade lui permet toutefois de couper une oreille.
Le dernier prend une seule pique. Il en sort cadré, avec moins de coup de tête que les autres. Mais le toro est soso et transmet peu Il permet au toreo de réaliser de bonnes séries, templées élégantes surtout à droite. Il compense la soseria du bicho mais la faena va à menos quand le toro s’éteint. Malgré une mise à mort en quatre temps, le madrilène fait une vuelta un peu tiède.

En résumé une corrida décevante par la faute d’un bétail faible et manquant de race, des estocades rapides d’effet qui permettent de couper des oreilles et des détails qui donnent envie de revoir Salenc et Ochoa dans un autre contexte.
Comme souvent avant une alternative, Galdos n’a pas brillé, d’autant que la fadeur des novillos accentue à la fois l’ennui du torero et le manque d’intérêt d’un combat entre deux adversaires qui ne boxent plus dans la même catégorie. On reverra le péruvien à la Brède pour sa première corrida après son alternative face aux toros de Fuente Ymbro
Et pour conclure des soucis pour l’éleveur, qui doit remettre en question certains de ses choix après deux novilladas décevantes (Bayonne et Captieux).


Fiche technique : Arènes de Captieux, novillada piquée
Deux novillos de La Reina (1 et 6) et quatre de El Tajo pour

Joaquin Galdos Moreno : silence, salut au tiers
Adrien Salenc : oreille, oreille
Carlos Ochoa : oreille, vuelta

Adrien Salenc et Carlos Ochoa faisaient leurs débuts en novillada piquée
Sept piques
Cavalerie Bonijol
Quasi lleno
A l’issue du paseo, une minute d’applaudissement a été observé à la mémoire du Pana et de Renatto Motta

Prix à la meilleure estocade : Adrien Salenc
Prix à la meilleure brega : cuadrilla de Galdos Moreno
Prix au meilleur piquero « Trophée Cerezza » : Philippe Lopez (cuadrilla de Galdos) et Marc Allien (cuadrilla de Salenc)


Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour