Nîmes (16/05/2016 - tarde) : Deux oreilles pour Miguel Angel Perera, une pour Castella...

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@ElTico
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La "Feria de Pentecôte" s'est achevée sur le triomphe du revenant Miguel Angel Perera, autre grand blessé de la dernière temporada qui renoue ainsi avec le succès dans l'amphithéâtre Nîmois mais a refusé de sortir a hombros par la Porte des Cuadrillas, de crainte peut-être que ce geste soit mal interprêté par un public souvent ronchon et aux avis divergeants quant à la valeur des trophées accordés.

En question, les toros sans doute, puisque plusieurs exemplaires faiblissimes sont sortis en piste encore aujourd'hui, le plus mal loti au sorteo étant certainement Andres Roca Rey. Cependant, l'exemplaire de Daniel Ruiz cinquième de l'envoi pour Perera, était certainement le plus solide malgré deux "vueltas de campana". On aime ou pas le style du torero de Badajoz... Mais le collé-serré entre les pitones de fin de faena vallait à lui seul son pesant d'oreille. Sebastian Castella n'a pas connu une grande réussite pour sa deuxième comparution de ce week-end prolongé : Un premier invalide et un second plus solide mais compliqué, qu'il réussit à améliorer sans toutefois que la faena ne prenne réellement son essor. Quant à Andres Roca Rey qui arrivait en terres gardoises tout auréolé de sa Puerta Grande madrilène, il n'a pu aujourd'hui s'exprimer à sa juste valeur. Mais on reverra le jeune péruvien qui garde tout son crédit si l'on en juge par ses interventions au quite et ses entames de faena toujours très décidées...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le toro de Daniel Ruiz dévolu à Sébastien Castella, accusa de la faiblesse lors des deux premiers tercios, déclenchant la protestation des tendidos. Castella essaya d'employer une tauromachie adaptée, par le haut, pour maintenir à flot ce bicho. Malgré ses efforts, le bitterois dût se résoudre à vite abréger ce pseudo combat. Il tua par une trois quart d'effet rapide. Silence pour Castella... et des tribunes scandant "des toros"
Le quatrième appartenait quant à lui à l'élevage de Torrealta. Il ne montra pas grand chose face à la cavalerie, se contentant de se défendre. A l'issue du tercio Castella, visiblement décidé, partit au quite pour une série de chicuelinas serrées. En début de troisième tiers, son toro ne montra guère de bonnes choses dans l'étoffe du français. Mais à base de patience et de technique, il réussit petit à petit à améliorer le comportement du bicho. Ce travail de fond, très intelligent, lui a permis de pouvoir s'exprimer et de lier des séries de bon goût, tout en douceur et en temple. Dans un ensemble majoritairement droitier, il extirpa à ce Torrealta tout le bon qu'il avait et paracheva cette prestation convaincante par une épée tendida et trasera. Oreille.

Miguel Angel Perera reçut un toro de Daniel Ruiz qui freina ardemment dans son capote sur les échanges initiaux. Le bicho se montra manso sous le fer sortant seul du peto lors de deux prises minimes. Après un brindis au public, il entama sa faena par des doblones soignés. Dès les premiers muletazos, les conditions de ce toro se révélèrent très claires : ce n'était pas un foudre de guerre, manquant de classe et d'humiliation, mais tenant debout... Le torero de Badajoz fit étalage de son "poder", tirant le meilleur de ce que pouvait permette ce bicho. Dans un périmètre restreint, il livra les meilleurs moments de son combat, faisant ainsi monter l'intensité sur les étagères. Il estoqua d'une entière avant de saluer sous l'ovation.
Perera dedia son second toro marqué du fer de Daniel Ruiz aux tendidos avant de débuter par cambio plein centre. Son toro de bonne composition lui permit de réaliser une faena de haute facture dans des échanges bien léchés et rythmés, manquant cependant légèrement d'émotion. Il put donner cette émotion manquante en fin de combat par une démonstration de domination, servant bon nombre de muletazos et circulaires dans un mouchoir de poche, connectant avec le public. Il tua d'une entière tombée et put promener deux trophées.

Le troisième Daniel Ruiz pour Andres Roca Rey prit deux rations de fer. Duel de quite entre Sébastien Castella par tafalleras et le péruvien par des saltilleras très engagées. Bon entame du troisième tercio par trois cambios serrés, enchaînant par molinette et un double pecho. Première série droitière templée, déclenchant les accords de Chicuelo. Hélas après cette lueur d'espoir, l'animal baissa très vite de ton et malgré un diestro très volontaire, il ne put en tirer quelque chose. Une mete y saca dans les flancs déclencha une hémorragie faisant tomber immédiatement le bicho. Ovation avec salut.
Le toro qui clôturait les débats était marqué du fer de Torrealta. Il reçut comme tous les toros de la feria deux légères piques. A la muleta, le péruvien se pegua un arrimon pour aller voler à ce toro ce qu'il n'avait pas, c'est à dire des passes. Allant jusqu’à l'accrochage, il fit preuve de beaucoup de valeur tout au long du combat et termina son labeur d'une entière d'effet rapide. Silence.


Arènes de Nîmes (30)
3/4 d'arènes
4 toros de Daniel Ruiz et 2 de Torrealta (4ème et 6ème).
Poids : 506 , 541 , 514 , 547 , 528 , 536
Beau temps
Durée : 2h35

Sébastien Castella : Silence / Oreille après avis.
Miguel Angel Perera : Ovation avec salut / Deux oreilles après avis.
Andres Roca Rey : Ovation avec salut / Silence.


Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico