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Aire-sur-L'Adour (01/05/2016) : Dur desafio ganadero...

@Philippe Latour
@Philippe Latour
Pour la seconde année, la Junta des Peñas Aturines organisait la traditionnelle novillada du 1er Mai. La qualité de la première édition et une météo enfin clémente a permis d’enregistrer une entrée très supérieure à celles des années précédentes. Après le concours de 2015, c’est à un défi entre les ganaderias de Saltillo et Valdellan que nous avons pu assister.

Ce fut une après-midi difficile pour les toreros. Alejandro Conquero pris au début de chacune de ses faenas, et contraint de rejoindre l’infirmerie à chaque fois, n’a pu tuer aucun de ses deux toros.
Tibo Garcia a fait l’apprentissage des courses « dures ». Il a montré beaucoup d’application et de courage mais il n’a pas encore toutes les ficelles pour résoudre les problèmes posés. Plus expérimenté, Manolo Vanegas, très présent et efficace comme chef de lidia, aurait pu couper une oreille s’il avait mieux tué le quatrième bicho. Il réalisera trois faenas intéressantes dans un contexte où beaucoup auraient rendu une copie blanche. Il est un des novilleros à suivre pour cette temporada.
Les trois novillos de Valdellan, les moins compliqués, ont manqué de forces. Les trois Saltillo, très vite avisés, ont mis en difficulté les trois toreros. Même s’ils n’ont pas triomphé, les trois novilleros ont gagné le respect du public.

Le premier Valdellan réfléchit avant de charger la cape, le cheval et la muleta. Bien piqué, il pousse à deux reprises. A la muleta, il se défend plus qu’il n’attaque. Il se réserve dès la deuxième passe. Manolo Vanegas va accepter le combat et réussir à faire passer le toro essentiellement à droite, le côté gauche étant très compliqué voire dangereux. Le vénezuelien a beaucoup d’aguante. Avec une certaine domination, il s’impose au toro et réussit en fin de faena une très belle série. Les deux dernières séries sont plus compliquées, le toro s’étant décomposé. L’estocade est entière et mal placée.
Le quatrième est un Saltillo. Il est manso et le piquero va s’en voir pour arriver à le piquer. A la muleta, le toro est compliqué. En se croisant Manolo va réussir dans un premier temps à améliorer le côté droit. A gauche le bicho est moins clair, le torero avec domination arrive à lui imposer sa volonté également sur cette corne. Il est difficile d’écrire que le toro est allé à mas, mais le novillero a réussi à imposer sa volonté pour tirer des passes méritoires. Malheureusement, comme à Samadet, il va perdre tout espoir de trophée avec les aciers.

Alejandro Conquero connaîtra une après-midi difficile. Son premier novillo, très bien présenté, sera très mal piqué. Après avoir brindé au public, le novillero cite de loin et se fait violemment accrocher à la première passe. Il est emporté à l’infirmerie, quasi évanoui. Manolo Vanegas prend le relais, double avec efficacité un animal à la charge incertaine qui se décompose très vite et devient de plus en plus dangereux. Le torero essaie de s’imposer, se bagarre beaucoup avec son adversaire et sera applaudi.
Revenu de l’infirmerie, boitant bas, Alejandro Conquero accueille avec beaucoup d’élégance à la cape un novillo, le mieux présenté du lot, de Saltillo. Le novillo va quatre fois au cheval. Le toro semble être encasté. A nouveau pris sur un cite de loin, il est évacué vers l’infirmerie. C’est Tibo Garcia qui prend en charge les affaires. Il a du mal à trouver le sitio d’autant que le toro s’avère plus manso que manso con casta. Le nîmois, bien conseillé par Jean Marie Bourret, se reprend et tire quelques bonnes passes. Malheureusement le Saltillo se décompose de plus en plus et ne permet plus grand-chose.

Tibo Garcia a du se demander tout au long de l’après-midi ce qu’il était venu faire dans cette galère. Il a eu le courage, avec son peu d’expérience, de se mettre là où d’autres n’auraient même pas acheté un billet pour être assis sur les gradins. Il a beaucoup souffert mais aussi beaucoup appris. Son premier est un Saltillo noir, à la morphologie dans le type de l’encaste. Il est manso au cheval, sortant seul puis revenant à la charge sans s’employer. Dès les banderilles, il à un comportement sournois, il coupe le terrain, cherche l’homme. Il se décompose vite et devient très difficile à toréer, accrochant même, sévèrement le torero
Le dernier est un Valdellan. Il prend deux bonnes piques mais montre très rapidement des signes de faiblesse. Il accroche deux fois Vanegas qui tente de faire un quite. En début de faena, il a un peu de charge dont profite le gardois pour tirer de bonnes séries à droite. Puis le toro s’éteint très vite, ne permettant plus grand-chose. Tibo tue d’une bonne entière suivie de trois descabellos.

Ainsi s’achève une course qui a surtout permis de mettre en évidence le courage des trois garçons et confirmer après Vic et Samadet que Manolo Vanegas est un torero avec un vrai potentiel.
Côté toros ce fut décevant ou trop compliqué pour des novilleros pour certains peu expérimentés.

Fiche Technique : Arènes d’Aire sur Adour, novillada de la Fête des Arsouillos.
Trois novillos de Valdellan (1, 2 et 6) manquant de fond et de force ; trois novillos de Saltillo (3,4 et 5) compliqués pour

Manolo Vanegas : un avis et silence, avis et forte ovation
Alejandro Conquero : blessé au début de la faena, le toro est toréé et tué par Manolo Vanegas applaudissement, blessé à nouveau au début de la faena le toro est toréé et tué par Tibo Garcia, un avis et silence
Tibo Garcia : applaudissements, un avis et silence.

Présidence Pascal Darquié
Cavalerie Bonijol
Entrée supérieure aux précédentes années
Météo : fraicheur ensoleillée
Le prix du meilleur lot de novillos est desertio
Le prix du meilleur tercio de piques est partagé entre Gabin Rehabi (cuadrilla de Tibo Garcia) et José Ney Zembrano (cuadrilla de Manolo Vanegas)


Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour