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Encerrona, par Jacques Lanfranchi

Juan Bautista
Juan Bautista
Littéralement : réclusion volontaire, voire piège, guet- apent. Cette expression hispanique désigne en tauromachie le fait de « s'enfermer » seul avec six toros (et 2 sobresalientes , 3 cuadrillas).

L'aficionado a en tête les récents soli de Javier Castaño (Miura Nîmes), Fernando Robleño (Escolar Gil Céret), Talavante ( Victorino Martin Madrid) avec des fortunes diverses quant aux résultats.

Sans oublier J T à N dans une autre galaxie.

Le prochain solo sera celui de Jean Baptiste Jalabert aux arènes du palio à Istres.

Quels furent les prédécesseurs français de l'arlésien, dans ce style d'exercice périlleux ? Qui nécessite de grandes capacités physiques et morales !

Notre André Viard national fut le précurseur, le 26/06/1986 à Soustons, il affrontera six toros de Pourquier (le premier toro qu'il avait mis à mort, était un pupille du mas d'Amphise.).

Le torero à travers ce geste militant offre une réponse au peu d’intérêt que l'on portait à la Toreria française à cette époque.

Il arrêta sa carrière à Ronda, lors d'une corrida concours où officiait seul José Maria Manzanares (père), lui était sobresaliente.

Le 7/02/1988, André Viard réédita un solo à Samadet devant des Pourquier, le sobresaliente était José Manrubia.

José Manrubia est le seul torero français à avoir pris son alternative au Mexique (Monterey) (1), le 6/03/1994. C'est à Arles qu'il va s'enfermer le 20 octobre 1996 devant six taureaux français : F André, Gallon, Mroz, Tardieu, Jalabert, Granier. 4 oreilles et un grand succès d'affluence. José Manrubia rappellera aux empresas l'existence des toros et des toreros français.

Un autre représentant du sud Ouest, le vicois Michel Lagravère va s’initier au solo le 2/02/1992 avec six toros de Soltillo Gutierrez, à Samadet. Blessé au 4ième et au 6ième, c'est le sobresaliente Paquito Leal qui tuera ces 2 toros.

Le 14/05/1989, le duo franco-lusitanien Nimeño II – Victor Mendes affrontera à Nîmes un encierro de Guardiola Dominguez . La blessure au premier toro du torero portugais, fit écrire l'une des plus belles pages de l'Histoire taurine française par Christian qui tue les 6 toros.

Le jour de lumière, pour le Nimeño et Luis Saavedra le mayoral qui sortiront à hombros, de cette maudite année 1989.

Sébastien Castella a écrit, écrit et écrira lui aussi beaucoup de chapitres brillants de la tauromachie française.

Il arrête sa carrière de novillero, seul devant six Juan Pedro Domecq à Chateaurenard le 8 /08/ 2000, une semaine avant son alternative biterroise.

C'est également dans la plaza chateaurenardaise qu'il pardonnera la vie à Madrugador de l'élevage Santiago Domecq quelques années plus tard.

C'est en tant que matador de toros que le biterrois affrontera 7 toros le 20/09/2008 à Nîmes : Garcigrande, Juan Pedro Domecq, Victoriano del Rio : cinq oreilles et une queue.

Le 31 mai 2010, jour de l'Ascension dans la capitale gardoise, il combattra aux bénéfices de l'île d’Haïti (ce qui fit rugir protectards et autres anti) un pupille respectif de Albarreal, Alcurrucen, El Pilar, Garcigrande, Nuñez del Cuvillo, Victoriano del Rio.

Bénéfice substantiel pour les victimes, une école fut construite . What else !

Romain Fluet « Roman Perez » le 31/08/2009 à Istres mettra un terme à sa carrière novilleril dans un seul contre 7 (il tuera le sobrero), élevages : Miura, Miranda de perilcalvo (2), Margé, Garcia Jimenez, Cebado Gago, Garcigrande.

Un autre novillero arlésien « Juan Leal » s’initie à l'exercice le 16/04/2013 à Samadet (Landes) devant les pensionnaires de Fuente Ymbro, le point d'orgue sera l'indulto du cinquième novillo  « Jalado ».

C'est dans ce même département à Saint Sever, haut lieu de la contestation des toreros français dans les années 1970 que Jean Baptiste Jalabert a toréé une dernière fois de novillero le 22/08/1999. Toros d'Ortega Cano (Yerba Buena), José Antonio Ruiz Roman (Espartaco), Pedro Gutierrez Lorenzo (Niño de la Capea), Firmin Ojeda Gonzales (Paco Ojeda).

Le maestro arlésien fêtera ses 10 ans d’alternative aux Saintes Maries de la mer dans une corrida flamenca le 6/09/2009 toros : Gallon,
Palla : 8 oreilles

A travers l'ensemble de ces gestes, que constitue l'encerrona transparaît toujours un désir militant (c'était une époque), caritatif (c'est intemporel), tout simplement événementiel.

Mais aujourd'hui n'est ce pas tout simplement un geste élégant et courageux, au service d'une cause fortement attaquée : l'Aficion a los Toros ?

Allez, bonne fête des pères aficionados le 15 juin 2013 à Istres.

Jean Baptiste Jalabert «  Juan Bautista » seul devant :

Miura, La Quinta, Victorino Martin, Torrestrella, Puerto San Lorenzo, Luc et Marc Jalabert.

Suerte maestro !

 

Jacques Lanfranchi

« El Kallista »

juin 2013

1) autre alternative d'un franco-mexicain à Mérida en 2013 : Michelito fils du torero Michel Lagravère.

 

André Viard
André Viard
José Manrubia
José Manrubia
Michel Lagravère
Michel Lagravère
Nimeno-II
Nimeno-II
Sebastian Castella
Sebastian Castella
Roman Perez
Roman Perez