Magescq (14/02/2016 - tarde) : Ouverture de la temporada française...

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@Philippe Latour
@Philippe Latour
Magescq donne le signal du début de la saison tauromachique française avec une novillada non piquée. Les arènes sont couvertes et chauffées. Heureusement car la météo est épouvantable ce dimanche dans les Landes.

Malgré la tempête et la concurrence du congrès de l’UVTF à Eauze, les gradins sont presque totalement garnis quand sort le premier eral d’El Tajo y La Reina, propriété du Maestro Joselito.
Le lot envoyé cette année sera un ton en dessous des précédents combattus dans ces arènes. Bien présentés, ils ont tous fait preuve de faiblesse. Les quatre premiers ont manqué de fond, le cinquième noble mais trop soso n’a pas transmis beaucoup d’émotion et le sixième le plus sérieux, l’était trop pour un novillero encore inexpérimenté. Ce dernier bicho aurait peut-être gagné à être piqué. A noter l’application des trois toreros au capote, ils ont réalisé à tour de rôle des quites variés et souvent élégants.

Adrien Salenc reçoit en premier lieu, un toro costaud, playero mais doté d’un coup de tête perceptible dès les premières passes de cape. Le nîmois a du mal à le canaliser et à gérer ses brusques retours, en particulier à gauche. Le toro finit par prendre le dessus. Il est difficile à fixer, et la mise à mort est approximative dans l’exécution. Silence pour le torero après un avis.
Face à son second adversaire, Adrien cherche le desquite. Accueil par larga et véroniques de rodillas, le torero prend les banderilles et finit sa série par un excellent quiebro. Le toro est faible et manque de fond. On va retrouver dans la faena, les deux facettes de la personnalité de Salenc. Des passes posées et bien conduites alternent avec une tauromachie plus brouillonne avec des accrochages mais qui, par l’entraga du torero, porte sur le public. En voulant forcer le succès, le torero est resté superficiel. En résumé, il est capable et aurait pu faire mieux. Une oreille est accordée après une épée de côté.

Carlos Ochoa, élève de Joselito, était très attendu après son succès madrilène de l’an passé. Son premier adversaire est noble mais faible. La première série à gauche est excellente et laisse augurer d’une suite intéressante, même si le toro ne supporte que des séries courtes. Il vient bien de loin, mais il serre de plus en plus et finit par accrocher la muleta à la quatrième passe. Le madrilène va commettre l’erreur de chercher plus l’effet que l’efficacité. Le bicho se reprend en fin de faena, le torero ne conduit plus la passe et il se fait déborder et chahuter. Comme beaucoup de jeunes toreros, il allonge sa faena au-delà du nécessaire et peut devenir lassant. Carlos Ochoa salue après une entière atravesada.
Le cinquième est bien fait. Il semble encasté à sa sortie en piste, mais il va s’avérer très vite soso. Carlos Ochoa ne va pas arriver, par sa tauromachie, à créer l’émotion que le toro ne transmet pas. Il y a des détails qui montrent que le garçon a un vrai potentiel. Le contexte fait que cela ressemble à une récitation d’une leçon bien apprise. La faena est à nouveau beaucoup trop longue. Il tue bien et obtient grâce à ses fans présents sur les gradins, sa première oreille. Du madrilène, je retiendrai la série à gauche au premier et des détails dans la seconde faena. Il est un des toreros à suivre cette année en non piquée, d’autant qu’il semble à l’écoute des conseils et remarques de son illustre professeur. Il a eu droit à un débriefing à chaud dans le calejon qu’il écoutait quasi religieusement… Puisse-t-il en tirer profit.

Le local Baptiste Cissé a hérité d’un premier novillo très faible et très vite décomposé. Malgré les efforts du jeune torero, la faena a peu d’intérêt et tourne court. La mise à mort est laborieuse.
Autant Baptiste avait mal banderillé son premier adversaire, autant à son second il pose deux bonnes paires et une excellente (al violin). Le toro a de la caste. Il vient de loin et fort. L’élève d’Adour Aficion manque encore de métier. Il cite de trop près, avec trop de précipitation et de dureté. Il a du mal à dominer un adversaire qui se complexifie au fur et à mesure qu’il va à menos probablement par la faute du torero.
Si le jeune bayonnais (ou tyrossais c’est selon) est à l’aise avec des toros nobles, il doit encore parfaire sa connaissance du métier face à des erales plus encastés ou plus compliqués. Il tue d’une entière de côté et atravesada et coupe quand même une oreille.

Fiche technique :

Novillada non piquée : 6 erales d’El Tajo y La Reina faibles, manquant de fond pour les quatre premiers, noble le cinquième et sérieux le dernier pour

Adrien Salenc : un avis et silence, une oreille
Carlos Ochoa : un avis et salut, une oreille
Baptiste Cissé : un avis et silence, une oreille

Le prix offert par les organisateurs du Sud-Ouest  est partagé entre les trois toreros

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour