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Jeremy Banti : vivre sa passion

Photo : Marie Vidal
Photo : Marie Vidal
Arles, clôture de la Feria De Pâques. Derrière Robleño et Castaño défile de bleu et or vêtu Jeremy Banti sobresaliente. Presque 3 ans ont passé depuis sa dernière corrida combattue aux Saintes où il coupa deux oreilles, depuis plus grand-chose à se mettre sous la dent. Le 18 mai prochain aux côtés de Javier Solis, l’arlésien sera à nouveau sobresaliente pour la tant attendue encerrona de Talavante face aux Victorino Martin.

Le moment de faire le point avec ce torero qui mériterait bien plus que les miettes du gâteau qu’on lui laisse picorer.

Jeremy, en quelques mots, ton parcours :

Après avoir intégré l’école taurine d’Arles en 1997, je débute en non piquée en 05/99 à Bougue pour le bolsin. Trois ans plus tard dans ma ville je torée ma première novillada piquée en 03/2002. Après 26 novilladas, je prends mon alternative toujours à Arles le 08/04/2007 Antonio Ferrera est mon parrain, Salvador Cortes mon témoin avec des toros d’Antonio Palla. Je torée 2 corridas supplémentaires en 2007, 4 en 2008, 6 en 2009 puis  1 en 2010.

Que s’est-il passé ?

Mes apoderados étaient novices dans le milieu, et les promesses tu sais n’engagent que ceux qui les écoutent. Tu t’entraînes sérieusement mais rien ne vient ni en Espagne, ni dans ton propre pays. Tu en finis presque par perdre l’illusion et te faire une raison. Tu ne torées plus….tu t’entraînes moins. Et puis en 2012, lors d’un festival à Mont de Marsan, je coupe une oreille à un novillo de Yonnet mais je sais au fond de moi que je pouvais, que je devais faire mieux. L’envie revient.

Et les contrats ?

Toujours pas mais me vient l’idée de proposer mes services en tant que sobresaliente. Cela commence à prendre. Après Arles, je vais avoir l’honneur de défiler à Las Ventas le 18 mai pour le solo de Talavante puis le lendemain  à Nîmes pour l’alternative de Juan Leal. Je devrais également être à Bayonne, Béziers, en août Dax en septembre.

Penses-tu que cela peut te permettre d’intégrer à nouveau des cartels en direct?

J’ai toujours espoir mais je suis aussi lucide, j’ai quand même passé l’âge de croire au père noel. En attendant une éventuelle opportunité, je peux vivre ma passion et me sentir complètement torero et je me prépare en conséquence. J’ai pas mal d’occasions de tienter, je me sens bien, je suis prêt !

Philippe Latour (photo Marie Vidal)