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Arte Divino ou l'art magique et prodigieux de toréer : Exposition à Paris (75)

Arte Divino
Arte Divino
Reprenant à son compte la phrase de Jose Bergamin l'art magique et prodigieux de toréer pour évoquer son approche, la photographe Eve Livet présente une nouvelle série d'images

consacrées essentiellement au monde du torero Andalou Curro Diaz qu'elle essaie de suivre chaque fois qu'elle le peut depuis 2012.

Ses photographies en noir et blanc s'insèrent plus largement dans un work in progress sur le monde taurin et le cercle magique de l'arène et tente de "faire consonance" avec celui de Manuel Montero qui décrivait chez elle en termes poétiques ce que l'on pourrait appeler un existentialisme du toréador : Le pavot coulant des taureaux à l'arène et sa rouge réalité sont dans les cadrages noir et blanc sur pellicule une sorte de douleur religieuse, comme peuvent l'être les cierges noirs d'un monde secret. Le taureau a une âme chez Eve Livet et dans ses reportages sur la tauromachie, elle est le sacrement d'un incompréhensible péché.

Eve Livet poursuit depuis plus de vingt ans une réflexion sur son rapport à l'art et un travail photographique hanté par l'absence, la disparition et la fuite du temps.

Manuel Montero, peintre et poète né en Andalousie en 1970, présente des dessins faits aux arènes de Las Ventas (Madrid) et un travail de palimpseste sur la série de gravures de Goya relatives à la tauromachie. Les gravures ont été retravaillées dans leur totalité sur un exemplaire de l'édition de Fraga Iribarne, à l'époque du tirage, Ministre du Tourisme du régime de Franco.

Montero a travaillé au pastel Sennelier "poudreux", en rajoutant souvent des effets propres à la scène et de nouvelles figures, sauf pour deux des gravures coloriées discrètement au crayon de couleur en souvenir de Pierre Klossowski dont les réflexions s'inséraient dans le motif du chasseur chassé et de la mort d'Actéon poursuivi par sa meute de chiens. En marge de l'estampe, des occasionnels collages d'enveloppes de

sucre du Ritz et d'autres lieux de Madrid, ou un article d'un journal maoïste datant de la fin de la dictature. Dialectique entre l'Espagne "afrancesada" et l'Espagne dite atavique ou Negra.

Manuel Montero s'est toujours laissé guider par la lecture attentive des figures que Goya a mises en scène sans jamais altérer l'intention et l'idée originelle de son guide symbolique. Le travail pictural s'accompagne chez lui, comme chez Blake ou dans la gravure alchimique, d'écritures à mystères qui sont ses notations personnelles et ses aphorismes. Par l'apparition de symboles ou d'allusions, et sans peur de l'indiscrétion ou

du scandale, Montero fait devenir chaque gravure sa propre faena, et son propre toreo, n'étant pas un artisan effacé ni un simple interprète, non plus.

Exposition du 10 au 18 mai 2013, Galerie Art et société, 19 rue du Pont Louis-Philippe

75004 Paris - Tél. : 06 12 48 63 13 / 06 61 31 59 94.

(communiqué)