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Arles (13/09/2014) : le bel anniversaire de Juan Bautista...

Photo : Daniel Chicot
Photo : Daniel Chicot

C'est la reseña piège... Celle que l'excès de superlatifs rendra à coup sur suspecte. Alors avant d'attaquer la litanie des statistiques, quelques faits :
près de trois heures de spectacle sans une seconde d'ennui ; le public debout qui n'arrive pas à quitter les arènes bien après la sortie du torero en triomphe ; les larmes dans les yeux de beaucoup (les miens notamment...), lors de la faena au San Mateo sur les accords du Concerto d'Aranjuez ; six toros enfin, aux comportements bien différents et six faenas adaptées, parfaitement maîtrisées. Seule ombre au tableau : l'épée un poil défaillante du Camarguais aujourd'hui, qui aurait normalement du lui valoir quelques trophées supplémentaires... Mais ce ne sont que des statistiques. La tauromachie n'a rien de rationnel, rien de statistique. Le moment était si bon...

Pourtant, tout n'avait pas si bien commencé puisque Juan Bautista devait s'y reprendre à trois fois pour coucher le Puerto de San Lorenzo qui ouvrait la course. Un 
exemplaire exigeant, qui n'humiliait jamais, mais auquel il aurait du couper une première oreille à l'issue d'une faena puissante et variée. Saluts
 
Le toro d'Hubert Yonnet qui suivit se révéla compliqué et sans grande transmission. L'arlésien fit le métier mais la faena ne décolla jamais. Silence
 
En troisième position sortit un très bon et brave San Mateo, portant le n°44, negro, de 580 kilos, qui déroula des charges suaves dans la muleta d'un Juan Bautista très artiste, sublimé par l'Orchestre Chicuelo II. Le final sans épée sur les deux pitons et l'estocade en lo alto à recibir faisaient rugir les arènes qui réclamaient les deux oreilles du toro, primé d'une vuelta posthume. Deux oreilles
 
Le quatrième d'Adolfo Martín, mis en valeur au premier tiers par Francisco Pons "Puchano" sur trois rencontres lointaines dont la dernière au regaton, sortit dans le type et avec les mauvaises manières de la maison. Juan Bautista fit l'effort et au terme d'une belle bagarre de rue, perdit tout le crédit accumulé lors d'une mort en cinq envois. Silence
 
L'exemplaire de La Quinta était noble mais sans transmission. Le torero fit en sorte de palier à cette carence en se montrant très varié et templé avant une mort en deux fois. Oreille
 
Le Domingo Hernandez qui fermait la course possédait noblesse et moteur et permit à Juan Bautista de servir une faena puissante et profonde, clôturée sur un nouvel estoconazo a recibir. Deux oreilles et la queue
 
Ainsi fêtait ses quinze années d'alternative un Juan Bautista une nouvelle fois triomphant, cette fois-ci sur ses terres. Nouvelle page de cette carrière rythmée de défis qu'il s'impose, alors que rien ne semble l'y obliger. Plus tard, peut-être trop tard, certains se rendront compte de la dimension qu'a atteint ce torero... 
 
Qu'est-ce qu'ils en pensent, d'ailleurs, à Madrid ?...
 
 
 
Arles - Feria du Riz 2014
Corrida Goyesque
Plein
Temps beau et chaud avec un léger Mistral
 
6 toros de Puerto de San Lorenzo ; Hubert Yonnet ; San Mateo ; Adolfo Martín ; La Quinta et Domingo Hernandez pour :
 
Juan Bautista en unico espada : Saluts ; silence ; deux oreilles après avis ; silence ; oreille et deux oreilles et la queue.
 
 
Laurent Deloye ElTico