Saragosse : le « Lopez Gibaja » gagne le concours

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Photo : DR
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Saragosse, samedi, corrida concours. Moins d'un quart d'arène.

Prix au meilleur picador Manuel José Bernal, troisième toro.

Prix au meilleur toro Lopez Gibaja sorti en troisième.

Prix au meilleur lidiador Rafael de Julia.

Il y avait un côté fin de règne à la Misercodia hier à Saragosse: une empresa en délicatesse avec la mairie – elle est en procès avec elle -, un départ inopiné de Javier Castaño qui pour un désaccord avec l'organisateur a a pris ses cilques et ses claques la matin même, un remplaçant, Rafael de Julia appelé en urgence le matin même et une entrée éthique. Il y a de quoi se faire du souci pour l'avenir de l'aficion dans la capitale aragonaise...

Si, comme il s'est murmuré lors du « reconocimiento » matinal, Javier Castaño est parti parce que son lot ne lui convenait pas, il a eu bien tort. Il s'est avéré le meilleur: deux toros maniables qui ont fait le bonheur de Rafael de Julia. Celui-ci, venu au dernier moment de Madrid, a su tirer profit de l'opportunité et il a marqué un point important. Très décidé à ses deux passages, il a agrémenté ses deux faenas de détails de classe, faisant preuve d'une vraie personnalité à la fois ferme et artistique. La fin de son second travail fut le meilleur moment de cette tarde. Il mérite plus d'opportunités.

Juan Bautista a touché une paire qui ne lui permit, en aucun moment de briller. L'arlésien fit le job avec le professionnalisme qu'on lui connaît. Il s'illustra dans la lidia plaçant bien le toro à la pique. Pour le reste, il y avait peu à faire. Il eut des difficultés au descabello avec le toro d'Ana Romero. Son premier adversaire, le toro de Murube fut sifflé à l'arrastre.

Ricardo Torres qui avait là une occasion unique de montrer ses qualités. Il n'en n'eut pas l'occasion, l'opposition ne laissait aucune option. Il joua bien le jeu avec le Gibaja sorti en troisième, le plaçant loin du cheval pour trois piques spectaculaires. Manuel José Bernal qui le piqua dans les règles et reçu une forte ovation. Mais le toro fit illusion et se décomposa par la suite, très armé, dangereux il ne permettait aucune fantaisie. Le Campocerrado, sorti en dernier, un monstre de plus de 650 kilos, âgé de plus de cinq ans ne laissait aucune option. Ricardo s'en défit dignement. Il faudra le revoir dans un contexte différend.

Pierre Vidal

Fiche technique:

Toros: de Murube protesté par le public, sans classe; Conde de la Maza très bien présenté, noble mais juste de force; Lopez Gibaja astifino, brave mais dangereux à la muleta; Ana Romero dans le type, lourd, violent; Jaralta le plus complet, noble au troisième tiers, bon pour le torero; Ribera de Campocerrado, très armé, lourd violent et se défendant sur place.

Juan Bautista en bleu nuit et or: silence et silence;

Rafael de Julia rouge vit et or: silence et une oreille après avis;

Ricardo Torres: palmas et silence.