Vic-Fezensac (09/06/2014) : dantesque...

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Photo : Isabelle Dupin
Photo : Isabelle Dupin
Si vous aimez , cambrure galbe et posture passez votre chemin. Vic a connu une après-midi à l'ancienne. Grâce (certains penseront la faute) à des Dolores Aguirre présentés comme des aurochs et un torero que dis-je ..un homme Alberto Lamelas.

Tauromachie d'une autre temps: 24 piques en tout et pour tout que supportera la cavalerie Bonijol, dont le propriétaire viendra saluer en fin de spectacle sous l'ovation unanime.Tabarly son cheval vedette sera invité à faire un tour d'honneur. Il faut dire que de l'émotion, il y en eut dans le Gers. Pas de celle qui fige les pendules mais celle qui herisse le poil de peur. 
 
Même le tout premier de l'envoi qui accusait une faiblesse patente des antérieurs fut dangereux pour Fernando Robleño face à une toute petite charge et des retours de chat. Après avoir frôlé le drame sur une chute inopinée du torero, celui-ci arriva à tirer trois séries en bataillant et en utilisant à bon escient le pico.Ovation après entière au 4ème essai. Fernando eut du mal à fixer son second Dolores, qui poussera jusqu'à obtenir une grosse chute dès son premier contact avec le piquero avant d'y repartir deux fois de manière plus anonyme. Par la suite après deux séries initiales pour tenter de trouver la distance, le toro se réservera et la faena s'étiolera pour se terminer à toro complètement figé.
 
Avec Comadroso, Javier Castaño avait l'occasion de triompher. Bien que fuyard dès son entrée et ne se livrant que peu dans la cape du salmantin, il prit cinq piques en puissance et sauvagerie mais sans véritable bravoure sortant seul et loin vers les barrières après chaque contact. Néanmoins sa charge bien que brusque trimballait ce qu'il fallait d'émotion pour mettre en valeur une faena.
Celle que proposa Castaño fut très courte (4 séries de la droite, une de naturelles) et pas assez centrée au goût du public qui pour une partie le lui reprocha vivement après une entière trasera 
 
au 2ème jet. Palmas y pitos pour le torero, grosse ovation pour la dépouille du toro. Enorme et se nommant lui aussi Comadroso, le second adversaire de Castaño mit en lumière la forme toute relative du torero et de sa cuadrilla. Avertissant au capote un torero hésitant, il ira goûter six fois du fer de Tito Sandoval, les trois premières tout seul, la lidia étant catastrophique. Adalid et Sanchez furent mis en difficulté aux banderilles. Charge brusque et violente du Dolores. Il n'en fallut pas plus pour que la faena se résume à quelques passes, et que Javier abrège optant pour la sauvegarde de son intégrité physique sans envie de la voir entamée par une éventuelle tumade. Ambiance sur les étagères.
 
Alberto Lamelas est un modeste et le restera vraisemblablement mais le jeune homme avec ses moyens, son coeur et son envie honora avec réussite son premier contrat en ces lieux. Caracorta son premier opposant avec son coup de tête de fin de charge lui fit perler ses premières gouttes de sueur lors des quatre séries initiales de derechazos.Les séries gauchères seront celles d'un combat peut être pas assez rapproché pour dominer complètement le toro. Après une entière contraire, Vic l'invita chaudement à saluer. C'est avec la sortie de Cantinillo, que cette course bascula dans l'irréel, le sauvage et le brutal. Dès sa sortie, ce toro ignora les sollicitations, terriblement attiré par la sortie. Il se lança même dans une tentative de saut dans le callejon qui fit trembler les zooms des photographes. Lamelas lors d'une lidia hésitante fit piquer durement le Dolores par cinq fois avant que Gabin Rehabi, aille le provoquer pour une sixième rencontre plein centre piste. Sanction terrible et Cantinillo fait basculer tout son joli monde cul par dessus tête dans un moment d'émotion qui vit Alain Bonijol voler au secours de la monture (Tabarly en l'occurrence) avec grand courage. Panique générale aux banderilles. Lamelas dut pour commencer le dernier tiers, aller chercher son adversaire en pleine querencia et reussit à l'amener dans un terrain un poil plus propice pour délivrer une faena de gladiateur. Corne gauche impossible, l'ensemble restera droitier mais qu'importe. Du courage brut, un combat des temps anciens. Chaque passe est arrachée, chaque passe est une victoire. Rester en vie presqu'un miracle. Pour clore cette épique épreuve, Lamelas plonge derrière son épée pour une entière qui aura enfin raison de Cantinillo après un néanmoins nécessaire descabello. Il est dommage que le coeur de la présidence reste fermé et n'accorde qu'une seule oreille, en restant ferme sur des critères techniques. Deux tours de piste, des cris de to-re-ro, to-re-ro, la feria de Pentecotavic se terminait dans l'enthousiasme général.
Bronca à la présidence.
 
 
 
VIC 2/3 d'arène
 
6 Dolores Aguirre
 
Fernando Robleño  Ovation/Silence
Javier Castaño       Avis partagés/Sifflets
Alberto Lamelas     Saluts/oreille