Feria de la Mer à Palavas (04/05/2014) : Manuel Escribano indulte un grand toro de Robert Margé...

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Photo : Daniel Chicot
Photo : Daniel Chicot

 Comme à chaque fois que l'évènement se produit et c'est de plus en plus fréquent à juste titre ou non, le débat a fait rage ce soir à Palavas entre ceux qui étaient pour et ceux qui n'auraient pas gracié ce toro de Robert Margé...

Peut-être qu'une vuelta al ruedo, fêtée comme il se doit, aurait pu suffire pour rendre à l'éleveur l'hommage qui lui était dû pour avoir su produire un tel combattant. Surtout que le deuxième du lot de cette corrida d'ouverture de la Feria de la Mer 2014, était lui aussi passé à deux doigts de cette distinction posthume. Que l'on manifeste son mécontentement à l'endroit de la Présidence du jour fait partie du jeu : à la corrida, le public participe intégralement au spectacle. Mais que l'on siffle le représentant du ganadero, même s'il est le fils de l'éleveur lorsqu'il vient saluer en piste à l'issue de la course, n'est pas très correct. Et donne une fin de spectacle désagréable, en tous cas peu en rapport avec l'impression globalement positive que l'on peut en retirer.
Les statistiques retiendront malgré-ce que Manuel Escribano a été l'auteur du premier indulto de l'histoire des Arènes El Cordobes de Palavas-les-Flots. "Fiscal", n°52 né en avril 2010 et affichant un poids de 500 kgs, devrait regagner dans les prochaines heures ses paturages du Mas des Monteilles.  Lui et ses frères de camada ont constitué ce jour un lot bien présenté pour la catégorie des arènes, plutôt hétérogène de comportement : de peu d'options les 3ème et 4ème ; encastés les 1er et 5ème ; meilleurs les 2ème et ... "Fiscal".
Les arènes se sont remplies au dernier moment de plus de leur moitié. De bon augure avant le "week-end des vedettes", la semaine prochaine. Un généreux soleil a baigné toute la course malgré un vent tourbillonnant, parfois gênant pour les toreros mais tout juste rafraichissant pour les spectateurs côté sol.
 
Antonio Ferrera a ouvert la course face à un Margé donnant du jeu mais avec sa petite pointe de caractère, qui a gardé la bouche close tout au long de son combat. Puissant et patient, Ferrera s'est montré excellent lidiador pour en tirer le maximum avant entière foudroyante, décrochant la première oreille de la Feria. Le troisième s'est révélé mansote sous le fer avant d'arriver compliqué au troisième tiers, chargeant à mi hauteur sans classe et sortant du leurre haut. Une mort longuette n'arrangera pas les affaires du torero qui écoutera un silence. Exigeant l'encasté cinquième dont Antonio Ferrera se rendra maître in-extremis en toute fin de faena, avant un vilain bajonazo qui ne devait pas empêcher le public de demander et d'obtenir, une deuxième oreille synonyme de sortie a hombros.
 
Manuel Escribano a de toute évidence été favorisé par le sortéo qui lui a attribué les deux meilleurs du lot. Encore fallait-il savoir en profiter... Une fois n'est pas coutume, le tercio de varas parfaitement exécuté dans les règles de l'Art au deuxième de l'envoi, a contribué à la mise en condition d'un public à nouveau séduit par les poses de banderilles du Sévillan, notamment sur une pose al quibro au fil des planches dont on se demande encore comment il a pu sortir entier... A la muleta, le Margé s'est révélé excellent, chargeant avec transmission et noblesse. Manuel Escribano profitait allègrement des qualités de son opposant sur les deux bords, avant de se voir privé d'une des deux oreilles qui lui semblaient promises sur une mete y saca atravesada avant entière concluante. Le quatrième du jour s'est arrêté en tout début de faena, mais c'est face au sixième qu'allait se produire le fait du jour. A nouveau à son avantage aux banderilles, Manuel Escribano captait dès l'entame de la faena à genoux, les qualités de ce Margé qu'il avait déjà salué de deux largas de rodillas à son entrée en piste. Et effectivement, dix minutes durant, "Fiscal" a répondu du tac au tac aux sollicitations du torero de Gerena. Même alors qu'on le pensait en fin de parcours ; même alors que sa bouche s'était ouverte et qu'il avait une paire de fois commencé à gratter le sol. Un simple ondoiement de la muleta d'Escribano, et "Fiscal" repartait au combat. Inévitablement, pétition d'indulto il y eut et inévitablement, elle fut suivie par la Présidence. Avec les conséquences que l'on connaît. Il n'empêche : sans connaître l'avenir de "Fiscal" au milieu des vaches de Robert Margé, il fut un grand toro et le fait qu'il ait été grâcié ne doit pas nous le faire oublier. De plus, s'agissant d'un toro français, on ne va pas quand même pas bouder notre plaisir...
 
 
 
Palavas-les-Flots - dimanche 4 mai 2014
Première corrida de la Feria de la Mer 
Plus d'une demie-arène - Beau soleil et vent
 
Six toros de Robert Margé, bien présentés, hétérogènes de comportement. Le sixième, n°52 né en avril 2010 baptisé "Fiscal" a été indulté.
Poids des toros (affichés) : 520 ; 485 ; 505 ; 510 ; 490 ; 500 kgs
Huit rencontres avec la cavalerie Philippe Heyral
 
Durée de la course : 2 heures 45.
 
 
Antonio Ferrera : oreille, silence et oreille
Manuel Escribano : oreille, silence et deux oreilles et la queue (symboliques)
 
 
Laurent Deloye ElTico