Abel Robles : "mon alternative, je la rêve avec José Tomás et Serafín Marín"...

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Photo : Jose Antonio Mijita
Photo : Jose Antonio Mijita

 Il est originaire d’Olot, ville située dans la Province de Gérone en Catalogne et s’appelle Abel Robles. Ce n’est pas un inconnu pour le public français qui a pu apprécier son engagement à Arles, Bellegarde et dans d’autres arènes lorsqu’il toréait en novillades non piquées.

Le 19 avril dernier, alors que la Feria d’Arles battait son plein, il s’est présenté en novillade avec picadors de fort belle manière dans les Arènes espagnoles de Puebla de Alcocer, dans la Province de Badajoz en coupant ni peu ni moins que trois oreilles. Il est entré de la meilleure façon qu’il soit dans l’escalafón des novilleros pour se faire une place. Grâce à ce triomphe, les arènes françaises et espagnoles ont une nouveauté qui peut faire rêver la Catalogne et le monde taurin. L’occasion pour CorridaFrance de parler avec lui pour qu’il nous fasse partager cette expérience et ses objectifs.

CorridaFrance - Les aficionados français connaissent Abel Robles depuis ses débuts en novillades non piquées lorsqu’il était élève de l’Ecole Taurine de Catalogne unie au Centre Français de Tauromachie. Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

Les souvenirs sont nombreux et tous très bons. Je remercie beaucoup le Centre Français de Tauromachie dirigé par le Maestro Christian Le Sur de qui j’étais l’élève. J’avais une maison en France pour venir m’entraîner, toréer au campo et participer aux novillades. Et comme vous le dites, j’ai pu toréer dans nombres d’arènes comme Arles où j’ai débuté en costume de lumières, Bellegarde où j’ai remporté le trophée Nimeño II, Bayonne, Roquefort... J’espère pouvoir revenir dans ces arènes en tant que novillero avec picadors, voir mes professeurs sur les gradins et faire en sorte qu’ils soient fiers de voir leur élève triompher dans toutes ces arènes.

Photo : Jose Antonio Mijita
Photo : Jose Antonio Mijita
CorridaFrance - Votre présentation en novillade piquée s’est soldée par un triomphe dans les Arènes espagnoles de Puebla de Alcocer, situées dans la Province de Badajoz le samedi 19 avril. Comment avez-vous vécu cette journée aussi particulière ?

Ce fut une journée merveilleuse… Dès que je me suis levé, j’ai voulu en profiter au maximum, j’étais très mentalisé et je ressentais beaucoup de responsabilité, cela faisait longtemps que j’attendais ce moment. Une voix intérieure me disait que tout allait bien se passer. En piste, je me suis senti torero à chaque instant. Je n’ai pas eu un lot évident mais je me rappelais la citation du Maestro Paco Camino : “Un torero qui a envie ne peut pas être mal”. De ce fait, je n’avais cure de savoir si j’avais le meilleur lot ou pas. L’hiver a été très dur dans une ville comme Olot sans toro, sans élevage, sans professionnel… avec en plus cette difficulté supplémentaire de suivre en parallèle l’entraînement et les études. Pour ces raisons, je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité.

CorridaFrance - Par rapport à ce qui s’est passé en Catalogne et l’interdiction, pouvons-nous dire qu’être en présence d’un autre torero catalan avec Serafín Marín correspond à une revendication de la Catalogne comme Terre de Toreros ?

Je pense que oui, en effet, c’est une manière de me revendiquer en tant que torero mais aussi de revendiquer la tauromachie en Catalogne. Ils ont interdit les corridas de toros mais les toreros sont toujours vivants.

CorridaFrance - Comment vous êtes vous préparé pour vous présenter en novillade avec picadors ?

Comme je l’ai dit, mes hivers sont très durs, car je ne perds aucun entraînement, je m’entraîne comme si j’étais annoncé dans toutes les ferias. Être préparé me donne du moral. De ce fait, je me préparais pour ma présentation avec picadors avant même de savoir que j’étais annoncé. Du fait que je ne puisse pas aller souvent dans les élevages ma préparation se base sur le toreo de salon, être au top physiquement et surtout avoir une très bonne mentalisation.

CorridaFrance - Vous avez une vingtaine d’années, et je suppose des rêves plein la tête… Que signifie pour vous être torero au XXIème siècle ?

Le toreo est quelque chose qui accapare une infinité de sensations, de sentiments, de situations… C’est quelque chose qu’on n’arrête pas de découvrir et aujourd’hui, au XXI siècle lorsqu’un jeune décide de devenir torero et qu’il le souhaite vraiment, il a embrasse une vie complètement différente des autres jeunes de son âge. Je suis très content de suivre ce rêve d’être torero, car ce qu’on apprend en tauromachie et comment elle nous fait grandir en tant qu’homme n’est pas à la portée de tous les milieux.

CorridaFrance - Vous êtes rentré complètement dans l’escalafón des novilleros avec chevaux. Quelles sont vos objectifs et comment voyez-vous le futur ?

J’ai beaucoup d’objectifs, et parmi eux le rêve de devenir un bon torero et essayer de me rapprocher au plus de la perfection. Aujourd’hui, le prochain objectif est de recommencer à m’habiller de lumières et confirmer le triomphe de samedi dernier. 

CorridaFrance – Pouvez-vous nous parler de votre meilleur souvenir lorsque vous étiez novillero sans picador ?

Il est difficile d’en choisir un, car cela a été une époque très belle de ma vie et mêmes les mauvais souvenirs je m’en rappelle comme s’ils étaient bons. Mais sans doute, le meilleur sera celui d’avoir pu ouvrir la Puerta Grande des arènes de la Monumental de Barcelone et pouvoir en profiter réciproquement avec mes amis.

CorridaFrance - Vers quelle tauromachie aimeriez-vous vous diriger ?

Vers celle d’un garçon qui rêve qu’il est en train de réaliser ses propres rêves. Je préfère que ce soit l’aficionado qui me définisse de ma façon d’être en tant que torero. 

CorridaFrance - La dernière corrida qui fut organisée dans la Monumental de Barcelone s’est soldée par un grand triomphe. Maintenant que la Tauromachie est passée dans le domaine de la Culture, on entend dire qu’elle serait de la compétence de l’État et non plus des Provinces et que de ce fait elle pourrait revenir à Barcelone… Que pensez-vous d’un cartel composé de Serafín Marín, d’une autre Figura del Toreo et la présentation du novillero Abel Robles dans les Arènes de Barcelone lors d’une corrida mixte ?

C’est une chose à laquelle je pense souvent, le maestro Serafín Marín a beaucoup compté dans ma vie, et avoir la possibilité de faire le paseo à ses côtés représenterait l’accomplissement d’un autre rêve et si cela se faisait à Barcelone, ce serait un de plus. En y songeant, j’en ai la chair de poule.

CorridaFrance - Quel serait pour vous le cartel rêvé et l’arène souhaitée pour votre alternative ?

Les Arènes de Barcelone, car cela représenterait le retour des toros en Catalogne avec un nouveau torero catalan, double revendication et satisfaction. Et comme vous m’avez demandé le cartel rêvé… je rêve que ce soit avec José Tomás et Serafín Marín.

Puisse la Tauromachie offrir à Abel Robles ce dont il rêve, en attendant de le voir se produire très prochainement dans nos arènes.

 

Propos recueillis par Laurent Deloye.