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Samadet ( 24/10/2021) : Por ti Marc...

Visuel Samadet 24102021TCette reseña, je la brinde à Marc Serrano. Marc, depuis des années, se bat pour monter un festival qui permet d’améliorer le quotidien des enfants hospitalisés. En plus de le co-organiser, il met « la main à la muleta » et toréé un des toros. Cette année, il n’a pas été présent à la remise des cadeaux qui suit le festival.

Son toro l’a pris et lui a infligé une cornada très spectaculaire avec deux trajectoires ; Pris en charge par l’équipe médicale, il a été évacué vers l’Hôpital. Les nouvelles sont rassurantes, nous lui souhaitons un prompt rétablissement.
Public nombreux sur les gradins, une petite quantité d’antis qui ne nous même pas dérangé pendant la course mais dont les propos sur les réseaux sociaux concernant la blessure de Marc sont scandaleux. Ma mère, ma bonne éducation et la décence m’interdisent de dire tout le mal que je pense de ces sinistres individus et pourtant…..;

Beaucoup de monde sur les gradins à l’heure du paseo, discours mobilisateur de Francis Wolf, souvenir de l’excellent novillo du matin tout semble présager d’une bonne après-midi taurine. Malheureusement, il y aura plus de déceptions que de satisfactions. Mais si on réfléchit, au-delà de la qualité du spectacle, l’objectif principal a été atteint. La taquilla, plus que satisfaisante, doit permettre, ajoutée au 5600 euros récoltés lors de la tombola 2020, de faire un beau cadeau aux enfants.

Une des raisons du succès populaire a été la présence de Julio Aparicio au cartel. Le sévillan âgé de 52 ans, a imposé un toro de José Vasquez. Le bicho n’avait ni caste, ni race, ni caste. Le torero n’avait ni la condition physique, ni le mental pour le toréer. Aparicio est venu ; Sa cuadrilla a toréé. Deux passes, un mauvais coup d’’épée et c’est tout.

Le second est Dos Hemanas correctement présenté ; Marc Serrano le reçoit avec efficacité et élégance à la cape. Le toro est bien mis en suerte au cheval ; Faible, il est peu piqué. L’organisateur du festival brinde au parrain du dit festival ;
Le Dos Hermanas est court de charge et se retourne vite. Marc essaie de l’allonger mais à la deuxième série, le torero est pris spectaculairement. Le nîmois est évacué à l’infirmerie où il sera stabilisé par l’équipe médicale avant d’être évacué vers l’Hôpital de Mont de Marsan. Aparicio laisse sa cuadrilla s’occuper du toro avant de le tuer d’un coup d’épée prudent mais efficace.

La course est interrompue quelques minutes, Elle reprend mais la blessure de Marc Serrano a jeté un froid sur les gradins
En troisième sort un joli toro du Camino de Santiago La sortie du camion se passe mal et il a le comportement d’un toro dont le déplacement est perturbé par un problème neurologique. Le bicho est économisé à la pique et aux banderilles. Comme souvent dans ce cas, le novillo est faible, tombe et se couche sur le torero pendant la passe, le mettant en danger. Octavio Chacon en fait les frais et manque, lui aussi d’être blessé dès la première série. Octavio est un très bon lidiador et en plus son pundonor l’incite à ne pas laisser tomber avant d’’avoir essayé. Avec beaucoup de technique, il commence sa faena par le haut. Il dose les efforts demandés au toro. Le bicho se reprend et, comme il est très noble, il permet au torero de terminer sur une bonne note une faena qui semblait mal engagé. Octavio s’engage à la mort, l’estocade entière est très efficace. Deux oreilles qui n’ont rien de festivalières, pour le torero de Cadix, applaudissements au toro.

Le quatrième est un joli exemplaire de Virgen Maria. Le novillo met la tête en donnant des coups de tête dans la cape de Andrès Lagravère « El Galo ». Le toro, bien piqué, met les reins et pousse lors de sa première rencontre avec le groupe équestre provoquant sa chute. Il pousse mais moins à la seconde. Après avoir bien banderillé, le franco-mexicain brinde à Aparicio. Début de faena par la droite, le toro a un problème. Il a du mal à respirer, il se couche comme un toro qui va mourir. Les peones le relèvent mais il reste parado, sans charge. Il n’y a plus de faena possible. Andrès prend l’épée et le tue d’une épée contraire ;

Le cinquième est un Tardieu, le plus âgé du lot mais pas le plus lourd. . Il est bien reçu à la cape par Rocio Romero. Le novillo est faible. Mis en suerte, il prend un seul puyazo en poussant mais tombe à la sortie de la pique. Rocio n’a vraiment pas de chance. Comme son novillo du matin, le Tardieu manque de race et est très attiré par les planches. Comme le matin, la torera essaie de bien faire mais le toro permet moins que le Pagès Mailhan. La faena est courageuse, appliquée et conclue par une entière engagée, traserita mais très rapide d’effet. Deux oreilles, une pour récompenser l’application et l’envie de la torera, l’autre est plus festivalière.

Le sixième est un joli Casanueva bien fait et bien armé. C’est le réserve de la très intéressante novillada de Saint Sever. Comme beaucoup des novillos, il est victime d’une piste glissante et fait une vuelta de campana. Une seule pique prise en mettant les reins avant un très bon quite de Yon Lamothe. Tomas Ubeda pose une très bonne troisième paire de banderilles. Il aurait mérité de saluer comme le demandait le public. Le toro est noble mais a tendance à envoyer des petits coups de tête dans la muleta. Le début de faena du torero landais est bon. Il toréé avec élégance et met bien en valeur les qualités du bicho. Sur un faute d’inattention, Yon se fait accrocher et la fin de faena est d’un niveau moindre à l’exception d’une bonne série à gauche. Yon nous avait habitués à mieux avec les aciers. Le novillo est applaudi à l’arrastre.

Le président de la Peña Al Violin, coorganisatrice du festival, annonce que le novillo de réserve du fer de Gallon sera toréé par l’ensemble des toreros. En fait, ce sera Andrès Lagravère, le plus malchanceux au sorteo, qui va le lidier et le tuer. Après quelques capotazos de sa cuadrilla, Aparicio fait un embryon de passe et se réfugie définitivement derrière un burladero. Avant d’être piqué, le novillo est sauté par Kevin Ribeiro, le champion de France des sauteurs, qui réalise un joli périlleux vrillé. Le novillo, bien présenté, est un peu juste de force. Il prend un premier puyazo dans l’épaule et un picotazo. Andrès Lagravère partage les palos avec Tomas Ubeda et El Santo. Les trois banderilleros sont ovationnés. Le Gallon manque de fond et de race ; Andrès toréé avec application. La faena est méritoire mais manque d’émotion car le toro ne transmet rien. Une entière en avant sera suffisante et El Galo coupe une oreille.

Sur les dix toros, le toro qui a eu le moins de problème de faiblesse est le Casanueva. Comme le Camino de Santiago, dont la grande faiblesse en début de faena peut s’expliquer par un problème de manipulation, il est celui qui resté le moins longtemps confiné dans le camion Lien de causse à effet ?

Fiche technique. Samadet, festival caritatif pour les enfants malades du service de pédiatrie de Mont de Marsan.
Sept toros dans l’ordre de sortie de José Vasquez, Dos Hermanas, Camino de Santiago, Virgen Maria, Tardieu, Casanueva et Gallon (sobrero de regalo) pour :

Julio Aparicio : silence et silence à celui tué pour Marc Serrano
Marc Serrano : blessé en début de faena et conduit à l’infirmerie
Octavio Chacon : deux oreilles
Andrès Lagravère « El Galo » : silence, une oreille au sobrero de regalo
Rocio Romero : deux oreilles
Yon Lamothe : silence

Dix piques, une chute
Cavalerie Bonijol
Kevin Ribeiro, champion de France des sauteurs, a sauté le novillo de Gallon
Président : Pierre Vidal
Assesseurs : Maryse Luciano et Christian Tastet
500 à 600 spectateurs
Quatorze antis loin des arènes
Ciel bleu et température agréable

Thierry Reboul

       

Visuel Samadet 24102021MSamadet (matinale) : un Cuillé pour le souvenir

Selon Francis Wolff, le philosophe et parrain de l’édition 2021, du festival de Samadet, être aficionado c’est être porté par un élan Humaniste. Ce que font Marc Serrano, et tous ceux qui contribuent à l’organisation de cette journée taurine, en est une illustration.
Si en 2020, il n’y avait pas eu de Festival, la tombola organisée a permis de récolter plus de 5600 euros pour améliorer le quotidien des enfants malades de l’Hôpital de Mont de Marsan.
En 2021, les conditions sanitaires permettent d’ouvrir à nouveau les arènes de la Cité de la Faïence. Cette année, a été organisée une novillada compétition matinale permettant à trois novilleros de toréer un utrero et au meilleur d’intégrer le cartel de l’après-midi.
Rocio Romero, Kike de Francia et Carlos Enrique Carmona ont affronté trois bichos de ganaderias françaises ; De cette matinale, les nombreux aficionados présents .retiendront l’exceptionnel novillo de Dominique Cuillé sorti en seconde position, l’application de Rocio Romero et le courage de Carlos Enrique Carmona.

En premier lieu sort un novillo de Pagès Mailhan. Bizco, un peu juste de forces, le toro prend vite appui des planches, prise de querencia facilitée à Samadet par la forme rectangulaire de la placita. Mis en suerte au cheval, il prend une première pique sans pousser et repart vers les barrières. Il ne s’investit pas plus lors de la seconde rencontre. Rocio Romero, qui hier toréait à Cordoue, brinde au public. Le toro est manso et fuyard mais tant qu’on lui laisse la muleta sous les yeux, il la suit ; La jeune torera avec application, et un brin d’obstination, va tirer du Pagès-Mailhan tout ce qu’il est possible d’en tirer. Avec un certain sens de la lidia, elle construit une faena appliquée et efficace car elle ne perd jamais le toro et arrive même à tirer une très bonne série à droite dans la querencia, et des naturelles encore plus méritoires au centre du ruedo. Arriver à faire une bonne faena avec un toro manso, cela s’appelle lidier. Dommage que la mise à mort ne soit pas à la hauteur de ce qui a précédé. La jeune espagnole doit se contenter de faire la vuelta.

Le novillo de Cuillé, joliment présenté bien que gachito, est de ceux qui prennent le dessus et débordent les novilleros débutants et à qui tout novillero confirmé doit couper les oreilles ; Dès son entrée en piste, il fait montre de caste, rematant aux planches et cherchant le combat. Mal mis en suerte, il prend un premier puyazo avec beaucoup d’engagement, mettant les reins au contact du fer. Il vient très fort à la seconde mais pousse un peu moins. C’est le type même de toro pour lequel une troisième pique, légère, est nécessaire. Il ne s’agit pas alors de la châtier mais de lui donner une chance d’exprimer sa bravoure et de ne pas nous laisser dans le doute après une seconde rencontre en deçà de la première. Le président change le tercio après la seconde rencontre, dommage car le Cuillé ne semble pas affecté physiquement par ce premier tercio. A la muleta, le novillo est excellent à droite et aussi bon sur la corne gauche. Il charge avec caste, se replace, répète et temple lui-même. Il est très bon en début de faena et va à mas même après avoir bousculé sévèrement le novillero et être resté quelques instants entre les mains des peones. Il demande à être toréé de loin ce qui ne sera pas le cas. Heureusement sa caste et sa classe naturelle se suffisent à elle-même. Se pose la question de l’indulto. A Samadet, c’est compliqué car il faudrait le faire remonter dans le camion. La ganadera, une partie des professionnels et du public semblent y être favorable. On est dans le Sud-ouest et un tercio de piques plus complet aurait fait pencher la balance. Face à lui, le novillero restera très en dessous du potentiel du novillo, toréant de trop près un bicho qui vient de loin et trop vite un utrero pétri de classe et de temple. Le novillo meurt en brave et sa vuelta ovationnée par le public est émouvante. Kike, malgré son envie et application, est passé à côté d’un grand toro. Il tue bien et coupe une oreille sans pétition.

Le troisième est un très joli toro de la ganaderia El Campo. Carlos Enrique Carmona a envie de se montrer et de triompher. Il reçoit le novillo à porta gayola dos au toril. Le toro bouge le cheval à la première rencontre puis sort seul de la seconde. Il a fait illusion à la cape et à la première pique. Très vite, il apprend le grec et le latin. Il cherche l’homme dans la passe, passe dont il sort systématiquement la tête haute. Ce type de toro, pour un professionnel expérimenté, est compliqué. Pour un jeune torero inexpérimenté, malgré son envie et son courage, c’est quasi mission impossible. De complexe, l’utrero devient dangereux, bouscule le novillero. La mise à mort est laborieuse. Avec bienveillance et respect, le public invite Carmona à saluer au tiers.

Comme à Garlin, c’est le public qui désigne le vainqueur de la compétition. Je ne suis pas toujours fan de ce type de vote qui peut-être influencé par une oreille coupée ou un bus de supporters. Ce matin à Samadet, ‘c’est la sagesse populaire qui a prévalu .A une écrasante majorité, le public, aficionado et connaisseur, a privilégié le sens de la lidia et la capacité à résoudre les difficultés. C’est donc Rocio Romero qui participera au festival de l’après-midi.

Fiche technique : Arènes de Samadet, novillada qualificative

Trois novillos dans l’ordre de sortie de Pagès-Mailhan, Cuillé et El Campo, exceptionnel le second pour :

Rocio Romero : vuelta
Kike de Francia : un avis et une oreille
Carlos Enrique Carmona : un avis et salut au tiers

Vuelta au novillo de Dominique Cuillé
Six piques
Cavalerie Bonijol
Président Francis Wolff, assesseurs Béatrice Brethes et Nicolas Couffignal
Belle entrée pour une matinale (il y a eu plus de trois cent repas servis après la course).
Il faisait presque chaud dans les arènes couvertes de Samadet

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour