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Aire (17/10/2021) : concours sans vainqueurs...

Visuel Aire 17102021Covid oblige la programmation de la temporada 2021 dans le Sud-ouest a été particulièrement bousculé. C’est donc à la Peña aturine des Arsouillos que revient l’honneur d’organiser le dernier spectacle en costume de lumières de cette saison.

Dans les Landes, il pleut toujours le 1er Mai et statistiquement le 17 Octobre est une journée ensoleillée. Le décalage de date a permis aux aturins de bénéficier d’une belle journée d’automne et de réaliser une taquilla bien meilleure que celles des années précédentes ;
Beau temps, du monde sur les gradins mais hélas une novillada concours sans vainqueur. Aucun des toros présentés ne pouvait prétendre remporter la compétition et aucun des tercios de piques n’a été à la hauteur de ce qu’on peut attendre en concours.
Malgré cela, les novillos offraient quelques possibilités qui n’ont pas toujours été exploitées/

En premier lieu est sorti un novillo d’Escolar Gil. Dans le type, il est juste de forces et se retourne vite dans la cape de Carlos Olsina. Le premier tercio de piques de la tarde n’a pas été digne d’une corrida concours. Les mises en suerte approximatives ont précédé trois rencontres carioquées. Le toro n’a jamais poussé au contact du fer. A la muleta, il est tardo et réfléchit avant de charger. Olsina ne se croise pas et ne pèse pas lors des premiers muletazos. A la quatre ou cinquième passe il se découvre, le novillo le prend et lui inflige un puntazo dans le bas ventre. Le biterrois part à l’infirmerie. Montero après quelques muletazos d’alignement tue un Escolar Gil devenu compliqué.

Le second est un très joli utrero du fer des Héritiers d’Hubert Yonnet. Un peu distrait, il demande à être obligé. Montero a du mal à le fixer. Le bicho va aller cinq fois au cheval. Mais sur les cinq rencontres, par deux fois le piquero ne met pas le palo. Dans l’esprit il est louable de ne pas mettre la pique quand la mise en suerte est mauvaise ou quand le piquero rate le toro. Mais le toro s’épuise au contact du peto lors des « piques à blanc » et le tercio de piques s’en trouve faussé.
Montero brinde au public. Le Yonnet est juste de forces et a une charge courte. Il faut aller le chercher et le guider, voire l’obliger, et alors il passe bien. Pendant les cinq premières séries, Montero ne finit pas ses passes et ne pèse pas sur le novillo qui charge sans conviction et donne l’impression de se balader et de promener le torero. Le novillero va attendre la sixième série pour obliger le Yonnet et les deux dernières séries (surtout l’avant dernière) sont d’un tout autre niveau que le début de la faena.
L’entrée à matar moderne avec une épée résulte basse mais efficace. Une partie du public demande l’oreille. La pétition est bruyante mais non (ou tout juste) majoritaire. Le président sort un mouchoir blanc pour une oreille qui est naturellement contestée par une partie du public.

Le troisième est un très joli novillo de Flor de Jara, le plus beau toro de la tarde. A la cape, il a une excellente corne gauche mais est tardo. Comme certains cocardiers habitués des pistes, il trouve très rapidement le secteur du ruedo qui lui convient et y attend les toreros. Bien mis en suerte, il va être bien lidié par le picador Alberto Sandoval Par trois fois , il gratte avant de partir charge puis se défend au contact du fer et sort même seul de la troisième rencontre. Il est manso au premier tiers. Par contre au début du troisième, il est noble et se laisse faire avec un brin de soseria. Manuel Diosleguarde profite de cette noblesse pour en tirer quelques muletazos élégants. Même s’il est encore parfois sur le voyage, il se croise plus qu’il ne l’avait fait à Parentis. En fin de faena, le novillo se rapproche des planches et va à menos. Mise à mort laborieuse, le novillero doit se contenter de saluer au tiers.

Olsina étant encore à l’infirmerie, l’ordre de sortie est modifié pour lui permettre de récupérer. Il toréera son novillo en sixième position.

En quatrième position sort le novillo de Turquay qui doit être et sera lidié par Francisco Montero. Dans le type de l’encaste et bien armé, il a une bonne corne gauche et derrote sur la corne droite. Mal mis en suerte, il part quasi seul sur le cheval pour la première rencontre. Il pousse d’abord sur une corne avant de le faire sur les deux. Le Turquay, juste de forces, laisse beaucoup d’énergie dans cette première rencontre. Remis au cheval, il est tardo. Il finira par charger mais sera peu piqué. Il est toujours tardo au second tiers, ce qui oblige les banderilleros à s’exposer pour poser les banderilles. Auteur d’une très bonne troisième paire, Daniel Sanchez est invité à saluer. Les Santa Coloma ont l’habitude sortir éprouvés des deux premiers tiers et de récupérer au début du troisième. Le Turquay ne va déroger à cette règle. A la muleta, il est noble et sans être un grand toro se laisse faire. Montero, qui a fait ‘l’effort d’être sérieux cette après-midi compte tenu du contexte corrida concours, va commettre l’erreur de toréer et de donner la sortie par le haut. Il ne va pas respecter cette règle de base « toréer par le bas en donnant de la distance » qui est une règle incontournable face à un Santa Coloma. La faena est appliquée mais est heurtée et n’exploite pas les possibilités du novillo. Le final de la faena est plus destiné à accrocher le public. L’épée est efficace mais basse, le toro meurt au centre, silence.

Le cinquième est un Astarac, très bien présenté et armé. C’est le plus toro du lot. Sur un capotazo, il glisse sur la zone restée humide (et sur laquelle les toreros et les autres toros ont déjà glissé). Il tombe lourdement et se relève en boitant. Il sera handicapé jusqu’au bout et fléchira à plusieurs reprises. Il prend les deux piques règlementaires, sortant seul de la seconde, sans être vraiment piqué. Le toro est noble, répète mais est handicapé par sa faiblesse. La faena de Diosleguarde est appliquée, élégante mais manque forcément de transmission. Quand le torero prend la main gauche, le toro commence à partir vers les planches. Il va à menos et la faena aussi. L’épée est engagée, sincère et efficace et Diosleguarde coupe une oreille qui ne sera pas contestée.

Le sixième, qui aurait du être le quatrième, est un Agustinez ; C’est le plus armé du lot. Cet élevage peu connu est un croisement entre des toros de Veragua et des toros d’encaste Santa Coloma. Il sort surtout sans chevaux car en piquée, il n’est pas prisé des toreros et des apoderados. Carlos Olsina, revenu de l’infirmerie en jean et sans chaquetilla, l’accueille par une larga de rodillas. Bien reçu à la cape, le novillo est un peu juste de force mais a du tempérament. Trois rencontres avec le groupe équestre, la première ne compte pas car le piquero rate sa cible et ne remet pas le palo. Il pousse sans conviction à la seconde rencontre. Il va à mas et met les reins à la troisième. Le biterrois brinde au public. Le bicho met la tête dans la muleta mais il demande les papiers. C’est un intéressant manso con casta qui demande une lidia autoritaire et l’obligeant à rester la tête dans le leurre. En liant les passes, on évite qu’il réfléchisse trop. Olsina, en difficulté sur les deux premiers enchaînements à droite, va réussir à l’obliger lors de la troisième série de derechazos et la quatrième (en fait la première à gauche). Après cette dernière, le toro commence à partir vers les planches et demande une lidia encore plus autoritaire. Carlos n’arrivera pas (et ne cherchera pas) à le sortir de ce terrain. L’épée est plus que très vilaine et le desplante du torero après ce bajonazo est de très mauvais goût, salut au tiers.

Aucun des prix mis en jeu n’a été accordé.
Ainsi se termine la dernière course « formelle » d’une temporada 2021 encore perturbée par la COVID. Il reste à venir quelques évènements intéressants.
Le 24 Octobre à Samadet, Festival au profit des enfants hospitalisés l’Hôpital de Mont de Marsan, le 31 à Brocas, tienta de machos et pour le finir en beauté, le 28 Novembre aura lieu la Fiesta Campera organisée à Rion des Landes ;
A ces évènements viendront se rajouter quelques journées taurines chez les différents éleveurs du Sud-ouest.

Fiche Technique
Arènes d’Aire sur Adour, novillada concours organisée par la Peña des Arsouillos
Toros dans l’ordre de sortie d’Escolar Gil, Héritiers d’Hubert Yonnet, Flor de Jara, Turquay, Astarac et Agustinez pour :

Carlos Olsina (Escolar Gil et Agustinez) : blessure, un avis et salut au tiers
Francisco Montero (Yonnet, Turquay) : silence à celui tué pour Olsina, oreille contestée, silence
Manuel Diosleguarde (Flor de Jara, Astarac) un avis et salut au tiers, une oreille

Salut de Daniel Sanchez au quatrième
Dix huit rencontres, quinze piques
Cavalerie Bonijol
Aucun des trophées mis en jeu n’est accordé.
Président : Thomas Thuriès
Animation musicale sympathique et de qualité, avant pendant et après la course, par Les Arsouillos, Les Armagnacs d’Eauze, les Biberons et les Escapateros ;
4/10èmes d’arène
C’est toujours l’été indien

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Matthieu Saubion