Parentis (02/10/2021) : inauguration réussie...

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02102021 DSC 1306Quand on arrive aux arènes de Parentis, on se rend tout de suite que quelque chose a changé. La couverture (fixe) préservera les spectateurs des embruns maritimes Une salle de réception avec cuisine permet d’accueillir les partenaires, les aménagements pour les PMR ont été remis aux normes.

Les arènes ont été repeintes et le confort des sièges a été nettement amélioré ainsi que la billetterie et les sanitaires. Rien à redire sur l’aménagement, Parentis s’est doté, tout en préservant les arènes anciennes, d’un bel outil pour organiser des spectacles taurins entre autres.
Juste un petit bémol, comme toutes les arènes couvertes (à l’exception de Pontonx), l’acoustique est très mauvaise ce qui empêche de profiter de la musique et des silences.

Inauguration du bâtiment et des installations, mais aussi d’une nouvelle équipe d’organisation qui, prenant le relais de l ADA, a monté sa première Féria. A l’issue de la course Président et Vice Président de la CTEM avaient le sourire. Malgré une programmation hors Fêtes locales, l’entrée est plus que satisfaisante avec 2/ 3 d’arènes avec une jauge COVID à 100% de la nouvelle capacité des arènes (2300 personnes après les travaux).Organisateurs contents de la taquilla, mais aussi du résultat artistique d’une course entretenue grâce à un très bon lot de Los Maños ; Bien présentés les trois premiers, très bien présentés les trois derniers, intéressants au cheval les novillos de la famille Macuello étaient nobles mais avec une caste qui leur faisaient demander les papiers.
Côté novilleros, Manuel Diosleguarde a touché le meilleur lot. Il a su se mettre au niveau du très bon premier mais a mal tué. Au second, il a été un ton en dessous d’un novillo qui embistait à ravir mais qui demandait à être toréé avec plus de temple.
Miguel Aguilar, le moins bien servi au sorteo, a alterné le bon et le plus brouillon.
Christian Parejo a su mettre en évidence le dernier au cheval. Probablement mal remis des suites de sa blessure au péroné, il a été appliqué mais parfois brouillon avec le troisième qu’il a tué avec efficacité. Il est loin d’avoir démérité face au dernier, très spectaculaire au cheval, qui est devenu compliqué au troisième tiers et qui était très difficile à faire humilier lors la suerte suprême.

Le premier, bien reçu à la cape par Manuel Diosleguarde, met bien la tête dans la cape aussi bien sur le piton droit que sur le gauche. Bien piqué, il prend deux puyazos sans beaucoup pousser. Dès les premiers muletazos, on voit que le toro est noble. Après l’avoir bien doublé, Manuel le cite sur la corne droite. Le bicho vient bien mais manque de longueur de charge et jette même un coup d’œil vers les planches. Le novillero, intelligemment, l’oblige sur la série suivante. A partir de ce moment là, le bicho s’implique plus et va aller à mas jusqu’à la dernière série. La lidia, au niveau de la raie intérieure, pesant sur le bicho, a contribué très largement à améliorer un toro qui charge et répète en humiliant. Diosleguarde en profite pour enchaîner de bonnes séries sur les deux cornes. Faena intéressante, à un utrero qui se révèle avoir beaucoup de caste et de classe. Il a encore deux ou trois séries dans les pattes quand le novillero le cadre pour porter l’estocade. Petit point à corriger, Manuel gagnerait à toréer avec un peu de temple surtout face à un novillo aussi noble que ce premier Los Maños. Mises à mort en deux temps avec des épées légèrement tombée, l’arrastre est applaudie. Le novillero est applaudi à son retour au callejon, pétition d’oreille refusée par le Président (car pas assez majoritaire) et pourtant pas d’invitation à saluer après la sortie du toro.

Le second est juste de force. Il ne prend qu’une seule pique. Il manque de franchise et se retient quand il charge. A la muleta, il répond au cite, mais regarde le torero avant de charger avec une pointe de brusquerie. Il manque de conviction que ce soit sur la corne droite ou la corne gauche. Après une bonne seconde série à droite, la suite de la faena de Miguel Aguilar est pénalisée par le comportement du novillo. Le mexicain opte pour une tauromachie plus trémendiste mais le toro manque de transmission et le public reste froid. Silence après un entière trasera.

Le troisième prend un premier puyazo en poussant fort mais vers le haut. Il pousse moins à la seconde. Tercio de banderilles à émotion, un des banderilleros glisse et manque de se faire prendre. Christian Parejo tâtonne pour trouver la bonne distance, finit par citer de loin. La faena est appliquée mais parfois brouillonne. Le torero est soit trop rapide quand il guide, ou bien il n’allonge pas la charge d’un novillo juste de force mais noble. L’épée, basse, est très rapide d’effet. Le public demande une oreille, le président fait traîner puis finit pas sortir un mouchoir.

Le quatrième est très joli cardeno claro parfaitement dans le type de l’élevage. Il prend une première pique, poussant en mettant les reins. Difficile de la juger à la seconde car un peon le cite juste avant qu’il ne soit au contact de la cavalerie Dommage car le novillo bénéficie d’une présomption de bravoure. Elias Martin salue après un bon tercio de banderilles. Sur la première série à la muleta, Diosleguarde teste le toro sur les deux cornes. Il est excellent à gauche et très bon à droite. Début de faena par naturelles, le bicho est noble et humilie. Le torero prend la main droite à la quatrième pour deux séries de derechazos. Retour à gauche pour des naturelles de face. La faena est intéressante, avec de bons passages. Le novillo transmet mais le novillero sans démériter reste un ton en dessous de son potentiel essentiellement par manque de temple. Le Los Maños est difficile à fixer, l’estocade portée à la rencontre est trasera. Le public demande et obtient l’oreille pour une faena intéressante mais bien moins que celle au premier et pour laquelle la pétition était minoritaire ;

Le cinquième, lui aussi bien présenté, humilie mais se freine dans la cape de Miguel Aguilar. Il prend deux piques avec plus de mansedumbre que de bravoure faisant « tinter » les étriers. Le bicho est un manso avec un fond de caste. Il vient quand on le sollicite mais se retourne vite. Il demande une lidia autoritaire. Le mexicain torée sur la pointe de la muleta, sans peser sur le toro. Il finit par lidier le public en optant pour une tauromachie trémendiste qui lui permet, après une épée en avant, de couper une oreille sans avoir vraiment toréé un utrero certes exigeant mais qui avait des possibilités. Le Président résiste longtemps avant d’accorder un trophée qui des trois coupés ce jour est le moins justifié.

Le sixième, très bien présenté, sort avec beaucoup de gaz. Avec beaucoup de bravoure et deux belles arracandes (la troisième du tercio opposé au piquero), il prend trois piques qui nous rappellent les premiers tiers qui ont fait les heures de gloire des arènes parentissoises. Mathieu Guillon, en grand danger après avoir posé une première paire, se rattrape à la seconde et doit saluer. Très bon début par le haut, le novillo est sérieux, transmet. Parejo enchaîne sur une bonne série à droite. On pressent une bonne faena face à un bon toro. Hélas, dès que le torero baisse la main, le Los Maños ne fonctionne plus. Il garde la tête haute semblant chercher un ami sur les gradins. La faena, qui semblait si bien partie, va à menos malgré un final par le haut où le toro passe beaucoup mieux. Que s’est il passé pour que le toro, qui mettait la tête dans les capes, change de comportement et soit si décevant ? On peut se demander s’il n’y a pas un lien avec une des piques très en arrière qui l’aurait handicapé. Avec beaucoup de courage, Christian s’engage pour estoquer un toro qui ne baisse pas la tête d’une bonne entière après un pinchazo, vuelta.

 

Fiche technique: Arènes de Parentis, première novillada de la Féria 2021
6 novillos de Los Maños, bien présentés les trois premiers, très bien présentés les trois derniers, excellents les premier et quatrième pour :

Manuel Diosleguarde ; silence, un avis et oreille
Miguel Aguilar : un avis et silence, une oreille
Christian Parejo : une oreille, vuelta

Saluts au quatrième d’Elias Martin et de Mathieu Guillon au sixième
Le mayoral a été invité à partager la fin de la vuelta de Parejo au sixième
Onze piques
Cuadra Bonijol
Président : Nicolas Pétriat (Orthez)
Deux tiers d’arène
Température agréable

Thierry Reboul

 

Voir le reportage photographique : Matthieu Saubion