Mont de Marsan, tauromachies landaise et espagnole réunies pour un bel anniversaire...

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Visuel MdM 26092021Henry Tilhet est un personnage de l’Aficion du Sud-ouest. Ganadero de courses landaises, il est aussi un passionné de corrida. Par ses différentes actions il a contribué au développement et au retentissement de ces deux cultures taurines.

On se souvient, pour ce qui est de la tauromachie espagnole, de cette corrida, organisée par Henry, de Victorino Martin qui a contribué à lancer, après sa présentation à Orthez, Emilio de Justo. Il a aussi donné un coup de main à bon nombre de toreros qu’ils soient  « de courses landaises » ou de « courses espagnoles.
C’est aussi un chef d’entreprise. Il dirige la société SOPECAL qui fête cette année ses cinquante ans.
Il n’est pas étonnant qu’Henry ait voulu fêter ce demi-siècle en faisant courir vaches et toros dans ses arènes fétiches de Mont de Marsan.
C’est donc sur les gradins du Plumaçon que ses amis proches et moins proches se sont retrouvés pour assister à un Festival Hispano-landais.
Ont donc alterné sur le sable, écarteurs et sauteurs face à des vaches nouvelles d’Alma Serena pour la tauromachie gasconne et de jeunes toreros du Sud-Ouest pour l’espagnole face à des novillos d’Alma Serena et Malabat.

Très bonne idée d’avoir alterné deux vaches pour les écarteurs et sauteurs avec un novillo en lidia complète. Mélange des deux passions d’Henry du paseo initial au son de Carmen au défilé final au son de la Marche Cazérienne en passant par la photo final sur laquelle ganaderos , boléros et costumes de campo entourent l’organisateur de ce joli moment taurin.

Après le deux premières vaches est sorti un joli novillo de Philippe Bats. Il met la tête dans le capote dès les premiers cites de Dorian Canton. Bien piqué, il prend un seul puyazo en poussant. Le torero béarnais le brinde au public. Le bicho est juste de forces. Dorian le double avant de commencer sa faena à gauche. Sur les deux premières séries, le novillo commence à regarder vers les planches. Le torero le maintient au centre et sur la série suivante, il humilie avec beaucoup de noblesse. Passage à droite, le toro, juste de forces, raccourcit sa charge et finit les passes tête dans les nuages. Dorian conclut cette faena sérieuse et appliquée par une série sur un terrain plus réduit et une entière légèrement tombée rapide d’effet. Le président ne se fait pas prier pour sortir un mouchoir blanc.

Nouvelles prestations des écarteurs et sauteurs, sort ensuite un joli novillo d’Alma Serena .Abanto, il est difficile à fixer. Jean Baptiste Lucq y parvient grâce à des véroniques élégantes et efficaces. Le toro sort seul d’un premier contact avec le groupe équestre. Abanto, il se déplace beaucoup dans le ruedo. Nouvelle pique et nouvelle sortie seule, le piquero, avec raison, change de terrain et arrive à châtier efficacement le toro après un total de cinq rencontres. Avant le début de faena, l’utrero est andarin, il ne s’arrête pas. Avec autorité, Jean Baptiste l’oblige et arrive à enchaîner deux bonnes séries à droite. A la troisième, le torero lui fait baisser la tête et passe à passe lui tire de bons derechazos avant de se faire accrocher. Première série à gauche, le novillo est violent. Il va pourtant se laisser faire et permet au Mugronnais de « péguer » une bonne série de naturelles de la même qualité que la troisième à droite. Retour à droite, le novillero se fait violemment secouer. Le toro devient très compliqué, bouscule à plusieurs reprises Jean Baptiste qui finit par aller chercher l’épée de muerte. Un très bon coup d’épée porté avec engagement, un descabello et le jeune landais, dont le costume a subi pas mal de dégâts, coupe une oreille.
Nouvel intermède landais, avant la sortie d’un eral de la ganaderia Malabat qui sera lidié par Juanito. Plutôt léger, bien dans le type de l’encaste Atanasio Fernandez, abanto, le novillo de Pascal Fasolo, est reçu avec efficacité par le jeune torero béarnais. Dans les premiers muletazos, l’eral est noble, répète mais se retourne vite. Très vite, il raccourcit sa charge et devient compliqué à toréer. Jean n’insiste pas. Une mete y saca puis une belle entière spectaculaire d’effet, et l’élève d’Adour Aficion coupe lui aussi une oreille.

Pour terminer la course, une nouvelle vache sans corde sort ; Réservée pour les sauteurs, elle s’avère dangereuse, levant à chaque saut et c’est Alexandre Duthen qui la redresse en l’écartant ce qui permet aux « acrobates landais » de réussir trois nouvelles envolées.
Pour la partie course landaise, on retiendra les cinquième et sixième vaches mobiles et avec beaucoup de gaz et la très belle série d’écarts du jeune espoir Baptiste Guillé à la cinquième et les deux écarts d’Alexandre Duthen, le chef de cuadrilla pour redresser la septième..

Fiche technique : Arènes du Plumaçon, Festival Hispano-landais organisé par Henry Tilhet pour l’anniversaire de la SOPECAL son entreprise.
Deux novillos avec picador d’Alma Serena (1er et 2nd ) et un eral non piqué de Malabat (3ème) pour :

Dorian Canton : une oreille
Jean Baptiste Lucq : une oreille
Juanito : une oreille

Six piques, piqueros Juan Manuel Sanguesa et Laurent Langlois
Cuadra Bonijol
Six vaches nouvelles d’Alma Serena sans corde de la ganaderia Alma Serena pour les écarteurs
Alexandre Duthen, Bertrand Lafaye, Florian Lahitte, Baptiste Guillé, Maxime Gourgues, Lucas Laieurle. Sont intervenus les sauteurs Etienne Grenet, Alexandre Bay et Lucas, entraineur Denis COLL ; Tous ces toreros sont rattachés à la ganaderia Dargelos.
Une vache nouvelle d’Alma Serena sans corde pour les sauteurs et Alexandre Duthen.

A la présidence : Marcel Garzelli
400 personnes environ
C’est l’été indien.

Thierry Reboul

Photo : Jean-Claude Dupouy "Pickwicq"