Nîmes (17/09/2021) : Triomphe d'Adrien Salenc et José María Manzanares, qui décline la sortie a hombros par la Porte des Cuadrillas...

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Salida Nimes 17092021Que de chemin avant d'en arriver là, pour Adrien Salenc... Nîmois de naissance, il a quitté Arles, où travaillent son père et sa belle mère, à l'âge des jeux vidéos et des premiers pas au collège, pour rejoindre la "Fundación El Juli", à la Finca Feligres, commune madrileña d'Arganda del Rey, afin d'y poursuivre son rêve de lumières. Une alternative de luxe à Istres, des mains de son Maestro, consacrait un début de carrière prometteur dans les catégories inférieures.

Et à l'heure de se présenter de matador dans l'amphithéâtre de sa ville de naissance, c'est un cartel de très haut niveau qui lui est à nouveau proposé. Il n'y a pas de hasard... Les années "covid-19" n'ont pas altéré sa foi, bien au contraire. Ces derniers mois en ont fait une des valeurs sûres de l'escalafon hexagonal... et mieux si affinités...

Adrien Salenc a reçu sa confirmation d'alternative des mains d'El Juli, en présence de José María Manzanares, face au toro "Recetario", de la ganadería Garcigrande, brindé à sa famille. Et il lui a coupé la première oreille de la tarde. Le Garcigrande prend deux piques, la première avec application et la seconde à l'économie. Le toro est noble et doux. Il répond à toutes les sollicitations et charge inlassablement, bouche close. Adrien Salenc nous gratifie d'une véritable leçon de domination sur les deux rives, que n'aurait pas reniée son parrain, avant de conclure d'une entière un peu lente d'effet. Oreille après avis et pétition.

Le deuxième Garcigrande a du mal à se fixer dans la cape d'El Juli, qui l'amène à deux reprises face au lancier. La première rencontre est sévère et la pique mal donnée. La seconde est anodine. Cet exemplaire va s'arrêter lors des premiers échanges muleteros et l'ensemble ne parvint jamais à décoller. Estocade "Juliesque". Légers applaudissements.

Froid de salida, le troisième Garcigrande prend une première pique sur le groupe équestre de réserve, avant d'être économisé sur la seconde. Plutôt du genre fuyard dès la troisième passe de la série, le toro se révèle vibrant pour peu que José María Manzanares parvienne à le garder dans sa muleta dominatrice. La faena culmine sur le pitón gauche et se termine devant le toril par une entière a recibir. Deux oreilles.

À l'instar de ses frères de camada, le Garcigrande sorti quatrième ne se livre pas à la cape lors de sa réception par El Juli. La première pique est du genre forte, avant un quite par chicuelinas très engagé du madrilène et une deuxième rencontre plus anodine. Dès les premiers échanges muleteros, l'astado perd les mains à plusieurs reprises et cette faiblesse va empêcher tout travail structuré, le madrilène, dépité, se voyant contraint à abréger d'une nouvelle entière à sa mode. Ovation.

Salué avec grande facilité à la cape par José María Manzanares, le cinquième va prendre deux piques en s'employant. Vuelta de campana. Quite d'Adrien Salenc. Face à un animal d'une extrême noblesse, accusant un peu de faiblesse, l'alicantin va protagoniser un trasteo d'une grande finesse, croissant d'intérêt, malheureusement mal conclu à l'épée. Ce qui lui refermera assurément la Porte des Consuls. Salut au tiers après avis.

Belle réception, avec beaucoup d'abnégation, du beau castaño sixième et dernier, par Adrien Salenc. Mise en suerte soignée pour une première rencontre un peu lourde. La seconde sera plus légère mais pourtant protestée par le public. Face à un adversaire noble mais sans classe, qui chargeait à mi-hauteur, le français donna beaucoup de sa personne pour donner à son trasteo un intérêt qui alla croissant. Belle entière pour en finir et oreille synonyme de sortie a hombros.

     

Arènes de Nîmes
Vendredi 17 septembre 2021
Deuxième de la Féria des Vendanges
Entrée : demie arène.
Toros de Garcigrande, hétérogènes de présentation, nobles mais accusant de la faiblesse, meilleurs les premiers et troisième, pour :

Adrien Salenc, qui confirmait son alternative, oreille après avis et pétition de la seconde et oreille.
El Juli, applaudissements et salut au tiers.
José María Manzanares, deux oreilles et salut au tiers après avis.


Laurent Deloye ElTico

 

Voir le reportage photographique : ElTico