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Dax (15/08/2021 - tarde) : Clôture de Féria décevante, en attendant Septembre...

Visuel Dax 15082021TLes jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Hier les gradins étaient en ébullition vibrant aux prestations de Luque et De Justo face à d’excellents toros de La Quinta ;

Les derniers lots de Santiago Domecq combattus sur le sable des arènes de la cité thermale avaient grâce à leur moteur et leur alegria permis d’assister à des tardes très entretenues avec quelques triomphes retentissants. Probablement trop âgés (tous avaient pratiquement 6 ans), ceux de cette année, inégalement mais correctement présentés, plutôt braves au cheval, ont rapidement baissé pavillon au troisième tiers. Ils étaient loin de transmettre suffisamment pour que les trois toreros présents aient matière à mettre en place leur tauromachie.

Le premier, juste de présentation, est très peu piqué lors de ses deux rencontres avec le cheval. Juan Leal essaie d’enflammer les débats en faisant un quite spectaculaire au bicho dévolu à Miguel Angel Perera. Javier Ambiel salue après un bon tercio de banderilles. Perera brinde au public et attaque par des passes par le haut sans céder un bout de terrain. Deux séries de derechazos et le bicho fléchit dès qu’il est trop obligé. Perera a besoin que le toro ait de la charge et transmette un peu d’émotion pour donner du relief à ses séries de passe « en rond ». Son premier Santiago va à menos dès la troisième série (naturelle). Il enchaîne des passes et des passes sans fil conducteur et sans que la faena transmette un brin d’émotion. Il se fait bousculer sur une erreur de placement avant de tuer d’une quasi entière prudente et basse. Silence pour le torero, sifflets pour le toro.

Juan Leal est particulièrement motivé. Il accueille le second « Santi », à genoux ; par des véroniques et une larga spectaculaire. Mal mis en suerte, le toro prend une première pique en poussant (cheval bloqué contre la barrière). .Mieux placé, il prend un picotazo en arrière à la seconde rencontre. Le français brinde au public avant de commencer sa faena par des cambiadas de rodillas Le toro est « noblote ». Le français enchaîne trois séries à droite en citant le toro de loin. Le Domecq manque de race. Limite soso, il rend ce début de faena bien fade. Leal réduit les terrains pour deux séries brèves, quelques luquesinas avant de cadrer et de tuer d’une entière très basse après une pinchazo ; Malgré cette estocade mal placée, le public réclame et obtient une oreille pour le torero arlésien.

Le troisième, mieux présenté que les deux premiers, est très peu piqué (deux picotazos). Le toro est plus fade, sans personnalité, que noble. Ginès Marin enchaîne les séries des deux mains sans que la moindre émotion ne transpire de ce qu’il est difficile d’appeler un combat. Marin a besoin d’être challengé par un toro avec du piquant et de la répétition pour donner de l’intérêt à sa tauromachie. Sinon comme face à ce troisième toro, l’ensemble est répétitif et vite lassant. Il coupe quand même une oreille après une faena qui est allée à menos et une bonne épée entière.

Le quatrième est un burraco léger mais bien armé Par précaution ou par anticipation, il est très peu piqué lors de ses deux rencontres avec le groupe équestre. Echange de quite entre Leal et Perera qui tourne court car le toro a peu de charge. Quasi copié collé de la faena du français au troisième dans sa structuration, jusqu’aux luquesinas finales, celle de Perera à ce quatrième bicho manque de sincérité. Marginal, sur le pico l’ensemble tourne à vide et génère bien plus d’ennui que d’émotion. Elle dure beaucoup trop, l’entrée à matar se faisant quelques secondes avant le premier avis. Engagement et efficacité laissent à désirer au moment de tuer (vilaine mete y saca, pinchazo hondo et un descabello

Le cinquième est un nouveau burraco, mieux présenté que le précédent. Il met bien la tête à droite et à gauche dans le capote de Juan Leal. Marco Leal salue après un très bon tercio de banderilles. Le toro est noble mais manque de forces. Si le torero l’oblige trop par le bas, il perd pied. Très rapidement Juan Leal réduit les terrains et déploie sa tauromachie très personnelle: Le public le soutient au début mais le manque de répondant du toro finit par créer une division d’opinions. Le torero abrège après avoir donné une série de rodillas, série la plus torera de la tarde. Leal s’engage pour tuer d’une bonne épée entière et salue au tiers.

Le sixième, le mieux présenté, de la course est un joli toro melocoton .Brave, il prend en poussant deux bons puyazos. Il est faible et a, tout au moins en début de faena, plus de moteur que les cinq précédents. Une première série à droite manquant de temple précède un très bon enchaînement de derechazos. Mais il n’y a pas de miracle, à la troisième série, le bicho raccourcit sa charge, répond aux cites sans conviction. La faena va à menos mais, hélas, pas à sa conclusion. Le final est ennuyeux et conclue par une bonne entrée à matar au moment où sonne le premier avis.


Ainsi s’achève sur une mauvaise note, une féria 2021 qui comme ses homologues montoises et vicoises a connu un grand, voire un très grand moment grâce à la rencontre de toros encastés et de toreros ayant un sens aigu de la lidia. En Septembre, si la COVID veut bien, il y aura, juste après la Féria bayonnaise, deux corridas très attendues à Dax. La première avec des toros de Pedraza de Yeltès. Et la seconde avec un duel opposant les deux triomphateurs de la Féria Dacquoise : Daniel Luque et Roca Rey. Le programme est alléchant, croisons les doigts pour ces corridas tiennent leur promesse.
En attendant, rendez vous à Mimizan, Samedi 21, pour la traditionnelle corrida de la cité reine de la Côte d’Argent.

Fiche technique : Arènes de Dax, dernière corrida de la Féria 2021
6 toros inégaux de présentation manquant de fond et de moteur de Santiago Domecq pour :

Manuel Perera : silence, un avis et silence
Juan Leal : une oreille, salut au tiers
Ginès Marin : une oreille, un avis et silence

Saluts de Javier Amiel au premier et de Marco Leal au sixième
Douze piques et picotazos
Cuadra Bonijol
Président : M.Sarciat
Quasi lleno de COVID
Ciel menaçant, quelques gouttes à la sortie des arènes

Thierry Reboul

Photo : Matthieu Saubion