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Zoom au « Vomitoire 105 »...

Visuel V105 180321Non, il n’y a pas de faute de français dans le titre de cet article. Il ne s’agit pas non plus d’un nouveau modèle d’objectif photo, ni de faire un focus sur le club taurin cher à Christian Royer.

Le club taurin nîmois « Vomitoire 105 », contraint par le COVID et poussé par ce besoin irrésistible de parler toros en ces temps de disette taurine, a pris l’ordinateur par les cornes et a innové en matière d’organisation de conférences.
« Zoom » n’est pas réservé qu’aux longues séances d’échanges en distanciel qui ont remplacé, dans les entreprises, les longues séances d’échanges présentiel, COVID oblige.
Dominique Valmary et la FSTF avait déjà utilisé cette technique pour les présentations des résultats de la consultation réalisée dans le cadre des « Etats généraux de la Tauromachie ».
Christian Royer et son équipe ont créé les visio-conférences taurines. Même s’il manque la convivialité des verres qui s’entrechoquent en fin de soirée, cette approche originale permet de continuer à parler toros et cela fait du bien. De plus, la technologie permet de s’affranchir des distances et de partager ces moments entre aficionados de toute la planète taurine.

Après François Zumbiehl, le 19 Février, c’est au tour de Francis Wolff d’être l’invité d’honneur.
C’est autour du film « Francis Wolff, un philosophe dans l’arène » que s’est déroulée cette conférence. Ce film destiné ni aux aficionados, ni aux antis mais à ceux qui ne sont ni pour, ni contre suit le philosophe dans sa vie professionnelle et taurine du campo à Normale Sup en passant par de nombreuses arènes et lieux du paysage taurin international. Les commentaires, qui reprennent ce qu’il a écrit dans ses différents livres, amène le spectateur novice à comprendre ce qu’est la corrida au-delà de l’arène et sa contribution culturelle, sociologique, économique et écologique. C’est un excellente réponse aux diatribes et slogans des antispécistes et autres animalistes. Une des scènes fortes est la comparaison entre la mort d’un porc dans un abattoir froid et sale et celle d’un toro dans une arène au grand jour Le premier est tué au fond d’une caisse en inox , le coup fatal est porté dans le cou sans qu’il voit son tueur et sans que ce dernier ne prenne de risque. Les images du toro, tête haute face au torero qui expose sa vie au moment de l’entrée à matar n’en sont que plus magnifiques.
Après avoir vu ce film, tout individu, avec un minimum d’objectivité et de capacité de réflexion, peut forger son opinion sur la corrida et décider d’aller ou pas aux arènes. Quelle que soit sa décision, il la prendra en connaissance de cause et en ayant une vision « globale » de ce qu’est la corrida et de sa place dans les paysages culturels, sociologiques et environnementaux.
Pour les aficionados, ce film est un excellent complément à la lecture des livres de Francis Wolff, La Philosophie de la corrida (ed Pluriel) et « 50 raisons de défendre la corrida (ed : Milles et une nuits).
Pour ce qui est des antis, est il possible de penser qu’ils aient une once d’objectivité, voire de capacité de réflexion ………. ?
Le sous titre du film « Agonie d’un art » n’est pas celui qu’avait choisi Francis Wolff. Le philosophe avait choisi « Agonie d’un art ? » Ce simple point d’interrogation, oublié par les réalisateurs, permet de mieux comprendre les propos parfois désabusés ou pessimistes tenus par le professeur de Normale Sup et en particulier à la fin du film (séquence qu’il souhaitait être insérée au début du film). Il utilise une figure de rhétorique (ou de communico-marketing) dont le but est d’amener son interlocuteur à se poser les bonnes questions en présentant une vision pessimiste de la thématique abordée. Oui, la corrida mourra un jour mais elle doit mourir de façon naturelle et non en étant assassinée. D’autres formes de tauromachie ont évolué, ont disparu mais selon un processus naturel qui a garanti la continuité et la transmission de la culture du taureau jusqu’à nos jours.
Assassiner une Culture, que ce soit en détruisant des statues, brûlant des livres ou édictant des lois répressives fait régresser l’Humanité et va à l’encontre de la Culture Humaniste diffusée par les philosophes des Lumières dont Francis Wolff est le digne héritier. De plus, cela conduit à nier le libre arbitre de chacun et le droit à la différence culturelle auxquels nous, les aficionados, avons aussi droit.

Pour ceux qui n’ont pas encore vu ce film il est possible de le louer en streaming sur la plateforme https://unphilosophedanslarene.vhx.tv/ . Une preuve que ce film dérange car il permet d’avoir une vision objective de la corrida, les médias français et espagnols ont refusé de le diffuser.

Le succès confirmé de ces deux conférences, une fois la COVID arrastrée, l’équipe du « Vomitoire 105 » réfléchit déjà à des soirées mixtes avec des interventions en visio, un public dans la salle du Cheval Blanc et des aficio-internautes devant leur écran. Et oui, l’Aficion est capable de s’adapter au monde moderne.

Thierry Reboul