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Béziers (15/08/2020) : Deux oreilles pour Léa Vicens et des échecs aux aciers pour Ponce et Castella, qui perd le triomphe face à un Margé de vuelta al ruedo...

©ElTico
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L'histoire aurait été certainement trop belle... Lorsqu'on a vu à quel point le public s'était impliqué derrière le torero de Béziers après son cambio d'entame de faena millimétré, lequel biterrois combattait le dernier toro de la dernière corrida de Robert Margé en tant qu'empresa des arènes du Plateau de Valras, un exemplaire marqué du numéro 12 qui venait de prendre deux piques en venant du centre avec application, on s'est pris à rêver d'une fin en apothéose, comme on en vit quelquefois lors de journées exceptionnelles, lorsque la tauromachie convoque l'histoire...

Mais toro et torero baissèrent de ton. Et un mauvais maniement des aciers vint priver Sebastian Castella d'un grand triomphe qui lui semblait tout acquis devant son public.
L'histoire retiendra donc que c'est la rejoneadora Lea Vicens qui a triomphé numériquement au terme de cette première corrida d'une Feria d'août bien particulière, mesures sanitaires Covid-19 obligent et que les trois toreros sont repartis à pieds, ensemble, pour les mêmes raisons...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Léa Vicens dédia son premier combat à Robert Margé, empresa de la cité biterroise. Face à un toro de Bohorquez allant à menos, la nimoise édita une prestation brillante et allurée qui sut conquérir le public. Après la pose précise de banderilles courtes, la tricolore tua par une demi lame efficace qui libéra un trophée du palco présidentiel. Oreille.

Enrique Ponce salua son toro de Margé par de gracieuses veroniques. Le bicho prit une bonne ration de fer en premier lieu avant une seconde plus brève, le lancier se montrant adroit sur les deux rencontres. Brindis à Sébastien Castella. Dès les muletazos initiaux par doblones raffinés, le Margé montra des qualités de noblesse. Sous les airs musicaux, Ponce enroula son adversaire dans plusieurs tandas de derechazos templés et élégants, trouvant écho sur les étagères. Sur le côté opposé, le résultat ne fut pas du même acabit, le Valencian se faisant plusieurs fois engancher malgré quelques naturelles isolées de bonne facture. Poncinas de clôture avant de loger une lame entière qui n'eut pas l'effet escompté, le torero de Chiva devant employer le descabello. Cette mort longuette doucha tout espoir de récompense. Ovation avec salut après avis.

Sébastien Castella accueillit son Margé par veroniques ajustées en tablier avant de tracer au centre de piste plusieurs chicuelinas serrées, pieds rivés au sol. A la demande du maestro, l'astado reçut deux légères puyas. Après un brindis à Robert Margé, Castella débuta assis sur l'estribo, faisant retentir le conclave. Trouvant le bon sitio sans attendre, le biterrois fit déclencher la musique lors de la deuxième série composée de derechazos importants. Hélas, au fil des minutes, le bicho, alla à menos, affichant un côté mansito de plus en plus prononcé. Il en fallait plus pour décourager le français qui parvint à base de technique à garder son opposant dans la muleta pour dessiner quelques échanges droitiers convaincants. Oreille après une mort en deux assauts.

Face à son second adversaire, Léa Vicens fit preuve de beaucoup de temple et de technique pour extraire le meilleur du Bohorquez. Dans un labeur d'intensité croissante, l'amazone mena un combat très bien rythmé, posant les banderilles avec brio et précision, faisant ainsi retentir l'assistance. Mort après entière. Oreille.

Le cinquième du jour fut remplacé après s'être blessé en tapant violemment un burladero quelques instants après sa sortie.
Le sobrero, marqué du même fer, fut réceptionné par veroniques avant de rencontrer rapidement et sans excès la cavalerie par deux fois. Brindis à Robert Margé. Toréant à mi hauteur un pensionnaire des Monteilles noblote mais manquant de transmission, Enrique Ponce parvint à tirer plusieurs derechazos tout en rondeur mais sans que l'ensemble ne puisse réellement décoller. Mort par entière rapide. Oreille généreuse.

Le dernier de la tarde resta court dans le capote de salida de Castella. Face au groupe équestre, le Margé fut placé à distance croissante lors de deux piques où le cornu s'élança avec décision, poussant ensuite contre le caparaçon mais en sortant seul. Raccompagnement du piquero en musique. Poussé par un public acquis à sa cause et ne demandant qu'à s'enflammer, le français ne laissa pas passer l'occasion de briller. Profitant d'un animal doté d'une belle noblesse, Castella imprima un trasteo ambidextre de haut vol. Maitrisant parfaitement son sujet, il alterna les séries avec temple, décision et domination pour le plus grand plaisir des tendidos. En fin de combat,lorsque son toro baissa de ton, il donna les derniers échanges sur la courte distance, extirpant tout ce que l'animal avait à donner. Une mort par pinchazo suivie de deux coups de verdugo lui ôta les deux oreilles qui lui semblaient promises. Vuelta al ruedo posthume pour le toro. Applaudissements pour le piéton.


Arènes de Béziers (34)
Samedi 15 août 2020 à 18h
Corrida Mixte
Toros de Fermin Bohorquez (1,4) et Margé (2,3,5,5bis,6).
Poids : 505, 490, 480, 490, 530,470, 500.
Temps Estival
Durée : 2h35

Léa Vicens : Oreille / Oreille
Enrique Ponce : Ovation avec salut après avis / Oreille
Sébastien Castella : Oreille / Applaudissements après avis

Vuelta al ruedo posthume au numéro 12, pesant 500 kilos, né en février 2015, sorti en sixième position.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico