L'édito du mercredi...

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Il était ami avec Curro Romero, avait décrypté comme personne la rivalité Bautista – Castella, leurs personnalités d'hommes et de toreros, il avait le don de mêler technique et poésie pour décrire une faena, il disait que les grands toros avaient une musique, il avait tout vu et tout connu sur la planète corrida mais gardait – à 90 ans – l'émerveillement d'un jeune aficionado.

Il racontait Picasso et Dominguin, Cocteau et Ordoñez, Clergue et El Cordobès. Mais il savait aussi s'enthousiasmer devant le triomphe d'un novillero, et suivait de près Andy Younès. On ne le verra plus s'avancer à pas lents vers les arènes, lunettes fumées et gants blancs, puis s'armer de stylo et de jumelles pour contempler sa passion. L'écrivain arlésien Jean-Marie Magnan a disparu mardi 21 juillet au cœur d'une saison blanche, comme le costume qu'il étrennait les jours de paseo.


Romain Fauvet