Ganadería Darre: feria del Campo acte 3, le bonheur reviendra dans le pré !...

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Visuel FeriaCampo 180720Jean Louis Darre sait recevoir. Dans le magnifique cadre du Cantaou à Bars qui abrite sa ganaderia et ses deux fers Astarac et Camino de Santiago, les 250 personnes présentes (toujours dans la limite maxi des autorisations préfectorales) ont passé un très agréable samedi à la campagne.

C’est l’acte 3 de cette feria del campo version sud-ouest et si à chaque jour suffit sa peine, on peut dire que jusqu’à présent c’est un vrai succès.
Les spectateurs sortent ravis car au-delà de la partie taurine, c’est aussi un moment de convivialité et de partage qu’ils ont plaisir à vivre en toute simplicité et c’est déjà beaucoup en cette période de disette en fêtes, ferias et spectacles taurins.
Côté tauromachie pure, deux vaches de l’Astarac furent tientées en matinée et deux toros du Camino de Santiago furent estoqués dans l’après-midi par Jeremy Banti et Thomas Dufau.
L’origine Guardiola rend le bétail de l’Astarac pas toujours facile. Ce fut le cas aujourd’hui.
La première vache sans entrain sous le fer marqua vite des signes de mansedumbre dans la flanelle.
Cherchant dès la troisième passe le refuge des murs de la placita de tienta , elle ne permit à Jeremy Banti que de tirer quelques passes isolées (les meilleures à droite), et au-delà de quelques détails il dut se résoudre à laisser assez rapidement les élèves d’Adour Aficion toujours aussi volontaires d’en finir avec la bête pour les dernières tandas.
La seconde ira plus volontiers au contact du piquero et se montra plus coopérative côté droit, bien que très réservée sur le piton gauche.
Thomas Dufau restera donc essentiellement sur la rive droite pour dérouler sa faena dans un ensemble agréable mais de transmission limitée, l’Astarac manquant de chispa dans sa charge.
A 17 heures, les choses devinrent plus sérieuses, quand déboulèrent en piste deux toros de quatre ans.
Celui qui échut à Jeremy Banti n’était pas prévu à l’origine mais un accident de campo empêcha le toro initialement choisi de sortir en piste.
Sa faiblesse marquée s’amplifia au cours de la pelea.
L’arlésien tenta en pure perte de lier les passes et dut abréger assez rapidement. Il en termina d’un tiers de lame et revint au burladero frustré de n’avoir pu pleinement profiter de cette seconde actuacion dans cette feria del campo.
Le second Camino, bravito en trois rencontres, proposa une bonne charge sur la corne droite dont profita Thomas Dufau.
Ces séries et enchaînements furent dominateurs mais suffisamment dosés pour ne pas trop exiger du Camino et le faire durer.
Sur la senestre, ce fut moins limpide et le landais revint assez vite sur le côté de prédilection du toro.
Il tua d’une demie lame et d’un descabello. C’est sous une ovation nourrie qu’il en termina
La dépouille du Camino étant lui aussi accompagné d’une ovation.
Après une conclusion de l’éleveur qui remercia chaleureusement et avec émotion les spectateurs, les organisateurs et les toreros on comprit bien que, si paraphrasant le titre de film d’Etienne Chatilliez le bonheur est dans le pré, le quotidien actuel d’un éleveur de bétail brave est un parcours de survivance chargé d’embûches !

Philippe Latour


Voir le reportage photographique : Philippe Latour