Magescq (16/02/2020 - tarde) : Parejo à hombros pour la première de la temporada...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
Température printanière pour cette ouverture de la temporada française, on en vient presque à regretter que les arènes soient couvertes. Début de saison marqué par le retour dans le Sud-ouest d’une ganaderia qui a fait les beaux jours des non piquées de Bayonne et bien d’autres arènes en Gascogne.

Très bien présentés et armés, à l’exception du quatrième à l’armure développée mais plus refermée, les erales de Santafé Marton étaient pour certains limite novillos et auraient supporté une rencontre avec la cavalerie. Le plus toréable a été le quatrième qui a gardé des ressources malgré deux vueltas de campana. Le second est ressorti diminué de celle qu’il a faite dès le premier tercio. Les autres avaient de la caste, du fond et un piquant qui a parfois mis en difficulté les jeunes novilleros. En résumé un lot intéressant que l’on aurait aimé voir avec quelques mois de plus en novillada piquée.

Le premier, costaud et playero, accroche le capote d’Alvaro Burdiel puis met en difficulté Christian Parejo lors d’un quite. Le bicho est compliqué. Il a de la caste mais sa charge est désordonnée et demande une lidia autoritaire que ne saura pas lui donner le madrilène. Le novillero n’est pas sorti par hasard en triomphe de Madrid en Octobre dernier mais il n’arrivera pas malgré sa vaillance et son application à prendre le dessus sur un eral encasté et violent qui a besoin d’être canalisé. Après une entière légèrement basse, Alvaro Burdiel descabelle avec difficulté. Silence bienveillant pour le torero et applaudissement pour l’arrastre.

Le second est difficile à fixer et emporté par son élan, il fait une « cabriole » dont il aura du mal à se remettre. Affaibli, il tombera à plusieurs reprises en début de faena quand Christian Parejo le cite de loin ou l’oblige par le bas. Le torero de Chiclana se fait bousculer à la fin de la troisième série à droite. Il change alors de sitio, toréé plus par le haut et enchaine une bonne série à droite et deux autres à gauche. Le torero réduit le terrain, devient plus trémendiste mais le toro de plus en plus réservé transmet de moins en moins. Christian coupe la première oreille de la temporada française après une quasi entière basse. On retiendra aussi l’excellente brega de Mehdi Savalli au second tercio.

Le troisième, lui aussi presque novillo, est juste de force. Il se retourne vite dès les premiers capotazos. Jean Baptiste Lucq le double avec application mais probablement insuffisamment. Le bicho tombe à deux reprises. Loin d’avoir la caste du premier, il demande lui aussi une lidia autoritaire à défaut du ou des puyazos qui auraient pu le régler. Jean Baptiste est courageux, toréé avec vaillance mais est parfois brouillon. Il se fera prendre spectaculairement mais heureusement sans mal avant de réaliser à force d’application une bonne série de naturelles. Le final porte sur un public acquis à sa cause, mais l’estocade, très basse, le prive de tout espoir de trophée.

Le quatrième fait une vuelta de campana après avoir bousculé Manolo de los Reyes aux banderilles. Il en fait une seconde juste après et, coïncidence ou conséquence, il sera celui des erales qui aura le plus de fixité. Alvaro Burdiel a du mal à trouver le sitio en début de faena et est en difficulté sur les trois premières séries. Son entourage l’incite à donner plus de distance au novillo et la fin de faena est d’un autre niveau. Après deux bonnes séries à droite, on retrouve la main gauche qui avait attiré notre attention lors de la présentation du novillero à Saint Sever. Malheureusement le Santafé Marton va à menos et la faena tourne court. Le madrilène coupe une oreille après une entière habille et basse.

Le cinquième est comme les autres avec du trapio et bien armé. Il a tendance à sortir de la passe vers les planches dès les premiers capotazos, tendance qu’il conservera jusqu’au bout. Jean Baptiste Lucq réalise un bon quite par chicuelinas. Après avoir doublé son eral au centre du rectangle des arènes de Magescq, Christian Parejo va alterner de bonnes séries avec d’autres où il se fait accrocher. Il a gagné en maturité et malgré les bousculades, il continue à chercher à s’imposer en ramenant au centre un toro attiré par les côtés de la piste et lui donne deux bonnes séries à droite en fin de faena. Il coupe une nouvelle oreille après une entière basse mais « rapidement » efficace.

Le dernier eral donne l’impression d’être plus léger que les précédents. Il met bien la tête dans la muleta de Jean Baptiste Lucq et permet à Alvaro Burdiel de réaliser un bon quite par tafalleras. Le bicho est noble et répète bien en début de faena. Le torero de Mugron réalise des séries des deux mains sincères, appliquées alternant des passes qui pèsent sur l’eral avec d’autres où il confond parfois vitesse et précipitation. On sent le garçon motivé, avec une vraie envie de bien faire mais, et c’est normal, encore vert. Jean Baptiste s’engage pour ce qui sera l’entrée à matar la plus sincère et la seule en place de l’après-midi. Hélas comme souvent ce sont les épées les meilleures qui sont les plus longues à faire effet, le novillo tarde à tomber. Le landais coupe quand même une oreille.

Christian Parejo reçoit le prix Bernard Ménard récompensant le triomphateur de la tarde. Le prix des organisateurs du Sud-ouest est partagé entre les trois novilleros.


Fiche technique :
Arènes de Magescq : novillada non piquée
Six erales de la ganaderia Santafé Marton bien présentés avec du fond et du piquant pour :

Alvaro Burdiel : un avis et silence, une oreille
Christian Parejo : une oreille, une oreille
Jean Baptiste Lucq : silence, une oreille

A l’issue du paseo, une minute d’applaudissement a rendu hommage à Pierre Bats et Christian Coll.
Président : Cédric Brethes (Saint Sever)
Deux tiers d’arène


Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour