Manifeste de la Fédération des Sociétés Taurines de France : Taureau quand tu nous tiens !...

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b_250_200_16777215_10_images_actualites_2020_Fevrier_Visuel_FSTF_251019.jpgPour des raisons multiples, communes pour certaines, spécifiques pour d'autres, les 3 tauromachies et les autres pratiques taurines vivent des attaques extérieures dont la fréquence et la violence augmentent au fil des mois. Les instances de la corrida (UVTF et ONCT) assument leur rôle avec des résultats positifs au regard des oppositions aux tauromachies, ce qu'il faut saluer.

Malgré cela, des interrogations, des inquiétudes légitimes et un malaise profond persistent chez les aficionados mais aussi chez certains organisateurs de spectacles et certains professionnels, chez les bénévoles aussi et surtout.
Il y a lieu de les entendre exprimer leurs critiques, exposer leurs attentes et confronter leurs approches par rapport à l'exercice de leurs pratiques et au vécu de leur passion. C'est l'objet du projet que la FSTF propose au monde taurin, estimant qu'il est temps de s'écouter et de créer de la cohésion.
Elle appelle donc à des États Généraux des Tauromachies , à organiser dans les mois à venir après une phase préalable de consultation ; l'idéal voudrait que l'UVTF se saisisse de cette nécessité et en confie la mise en place et le suivi à l'ONCT qui compte dans ses rangs les 3 tauromachies.
La force de l'histoire Dès son introduction en France au 19ième siècle la corrida à l'espagnole a focalisé les oppositions des protecteurs des animaux et connu les premières interdictions. De cette histoire tumultueuse est née à l'initiative des aficionados une organisation propre à la France. Conscients des enjeux, ils fédèrent les clubs taurins déjà existants afin de constituer une force d'action. Après plusieurs tentatives sans lendemains, est créée le 6 mars 1910 ce qui reste aujourd'hui la Fédération des Sociétés Taurines de France. Si les courses de taureaux bénéficient en France d'une reconnaissance légale, elles n'ont jamais été intégrées à l'organisation administrative du pays comme la corrida l'est en Espagne par son rattachement à un ministère de tutelle. Cela tient à ce qu'a été refusé le statut officiel de fédération sportive accepté par les deux autres pratiques tauromachiques : la course landaise et la course camarguaise. Toutefois ne pouvant envisager la survivance de la corrida sans qu'une structure ne l'organise, la FSTF a poussé à ce que les villes taurines se regroupent en une association ayant la charge de « légiférer », et de contrôler : l'Union des Villes Taurines de France, une solution dont le statut associatif est bien plus aléatoire que ne l'aurait été une fédération reconnue par l’État.
Dès avant la création de l'UVTF en 1966, la Fédération des Sociétés Taurines de France s'engage et exerce son influence dans les arènes, hors des arènes, dans les prétoires, résistant aux gouvernements, aux préfets et aux forces publiques. Le débat sur la corrida étant toujours aussi clivant, la FSTF ressent alors la nécessité de réglementer cette activité et saisit l'opportunité d'organiser la tauromachie abandonnée aux entrepreneurs de spectacles pas toujours scrupuleux. Forte de ses statuts qui lui fixent trois objectifs : défendre la corrida, défendre son éthique, défendre les droits et intérêts matériels et moraux de ses adhérents et du public aficionado, elle s'engage pour plus de quarante ans de lutte. Quelques réalisations : – Elle obtient le vote primordial de la loi du 24 avril 1951 à l'initiative de deux députés de la Gironde sur sollicitation du Président fédéral de la FSTF. Cette loi édicte que : la présente loi (de protection animale) n'est pas applicable aux courses de taureaux lorsqu'une tradition ininterrompue peut être évoquée". C'est le fondement actuel de l'article 521 du code pénal renforcé par la jurisprudence constante des tribunaux et consacré par la décision du Conseil Constitutionnel déclarant la corrida conforme. – Elle obtient le 20 novembre 1963 l'accord du ministère espagnol compétent pour encadrer les conditions d'exportation des taureaux de combat avec l'établissement du certificat vétérinaire, l'attestation de l'éleveur garantissant l'intégrité de ses bêtes et l'apposition de scellés sur les "cajones" de transport. – Au cours d'un congrès de la FSTF le maire de Roquefort des Landes réprouvant les pratiques d'afeitado et le maire d'Arles prennent l'engagement de réunir toutes les villes taurines pour réglementer la corrida en France. – Le 13 février 1966, l'Union des Villes Taurines de France est créée sous la pression de la Fédération des Sociétés Taurines de France qui participe à l'élaboration de son règlement. – Cette même année 1966, au Congrès international de Séville, c'est encore un membre de la Fédération, qui obtient le marquage de l'année de naissance garantissant ainsi l'âge réglementaire des animaux. – Le premier Règlement Taurin Municipal Français est rédigé par ses membres et avalisé par l'UVTF. Il est la transcription du règlement espagnol avec certaines particularités nationales, telle l'instauration auprès du maire d'une Commission Technique Extra-Municipale ou encore le contrôle aléatoire des cornes. La FSTF aujourd'hui Sur un plan opérationnel, la FSTF a engagé ces dernières années à son initiative plusieurs chantiers pour garantir l'éthique de la corrida. – Elle a créé en 2012 le Corps des Présidents et Alguazils de Corridas visant à faciliter les échanges d'expérience, créer des outils d'aide à la décision et à investir le champ de la formation de ses membres. Elle aspire désormais à ce que cette action soit reconnue par son inscription dans le règlement. Le CPAC est lié par convention avec son alter ego en Espagne, l'ANPTE. Il produit également des outils pédagogiques à destination du public afin de faciliter la compréhension de la corrida ; par exemple le document intitulé « la présidence répond à vos questions ». – En France, la FSTF défend aussi le tiers de pique qui doit demeurer un moment essentiel de la corrida. Elle s'attache au contrôle du montage des piques, au rôle du délégué aux piques, soutient la présence d'un seul cheval en piste, fait la promotion de ce tiers auprès des organisateurs et du public et veille à l'application du règlement en luttant contre la désastreuse mono-pique. Au point de vue institutionnel, la FSTF – Est membre fondateur de l'Observatoire National des Cultures Taurines qui réunit toutes les composantes des tauromachies en vue de leur défense et de leur promotion. C'est l'organe qui a réussi à fédérer les divers acteurs (professionnels, éleveurs,
organisateurs, villes taurines, aficionados, les fédérations des courses landaises et camarguaises, des personnalités qualifiées...) en une structure unique ayant force décisionnelle et force de représentation. A son actif, la cellule juridique a obtenu des succès importants devant les tribunaux et le conseil constitutionnel. L'observatoire a en outre produit des outils de vulgarisation reconnus y compris en Espagne comme le Musée Itinérant des Tauromachies Universelles qui est accompagnée d'un catalogue pédagogique et d'un documentaire qui font autorité. – Elle participe à l'Assemblée Générale de l'UVTF qui a fait d'elle sa partenaire pour la révision du règlement taurin. Elle peut y présenter ses revendications et formuler ses propositions.
Aujourd'hui la corrida française est très fragile juridiquement (projet de loi sur le bien-être animal), administrativement (arènes hors normes, statut social), politiquement (frilosité des élus nationaux face au lobbying animaliste) et économiquement (érosion du public, image négative pour les sponsors qui conduit à leur désengagement...). Les attaques se multiplient et s'étendent aux autres tauromachies (statut des écarteurs, assurance Responsabilité Civile des manadiers). Il est impossible de ne pas mesurer les enjeux et de ne pas agir en conséquence. Le danger est là et les élections municipales ne doivent pas bloquer toute initiative dans l'attente que le nouveau Conseil d'Administration de l'UVTF soit installé. Il y a nécessité d'agir, rester l'arme au pied serait une erreur. Forte de son histoire, la FSTF constate que la situation créée par les turbulences actuelles est comparable aux difficultés rencontrées par les fondateurs de la FSTF, difficultés qu'elle a su gérer en unissant les aficionados et les responsables. Elle a toujours été une force de proposition avec un temps d'avance. Elle continue en ce sens contre vents et marées et se déclare aujourd'hui prête à accueillir dans ses rangs tous les clubs taurins en accord avec ses valeurs qui souhaiteront la rejoindre ; unissons-nous constituons une vraie force. La FSTF a un rêve Que toutes les composantes de la tauromachie dépassent leurs clivages et rivalités, fassent front commun pour préserver leur culture et les traditions taurines : – Union sans exception de toutes les villes taurines de 1er, 2ème et 3ème catégorie – Union de tous les aficionados, de tous les clubs et associations, de tous les Suds – Union des professionnels, des éleveurs, des organisateurs – Union de toutes les tauromachies, corridas, courses landaises et camarguaises.
Finissons-en avec les divisions, n’en créons pas de nouvelles. Que chacun sans renoncer à sa spécificité et à la défense de ses intérêts catégoriels mette de côté les différences, les divergences, les désaccords parce que les mêmes menaces pèsent sur tous. Les structures existent, associations, fédérations et syndicats, UVTF, ONCT, FSTF notamment. Toutes sans exception doivent prendre conscience du danger, réfléchir à leur responsabilité, aux évolutions nécessaires, s’ouvrir et se redynamiser.
L’histoire montre qu’en agissant les rêves parfois se réalisent. Réunissons-nous, Unissons-nous, Parlons nous,Appelons à des États Généraux des Tauromachies.

(communiqué)