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Maubourguet (22/09/2019) : Pourtant, cette après-midi, il ne pleuvait plus sur Maubourguet...

Visuel Maubourguet 22092019A Pierre Bats, ganadero et ami
Il pleuvait fort ce dimanche matin à Maubourguet ce qui a contraint les organisateurs à annuler la tienta matinale. On ne donnait pas cher de la non piquée de l’après-midi d’autant que la météo agricole annonçait de la pluie toute l’après-midi.

Pour une fois la sacro-sainte référence des organisateurs et de ceux « qui se demandent s’ils vont venir » s’est trompée. La pluie s’est arrêtée et la novillada a pu se dérouler.
Le problème est que les organisateurs ont tout fait pour que la course ait lieu et que trop de monde a cru la météo agricole. Déplacée en Septembre pour cause de non disponibilité des équipes médicales (ou plutôt surcharge d’activités) à la date des Fêtes patronales en Août, la novillada de Maubourguet n’a pas connu une fréquentation à la hauteur de l’investissement et de l’implication de aficionados-organisateurs locaux.
Il a manqué de la force et du fond à la plupart des erales du Camino de Santiago et de l’Astarac pour que le résultat artistique vienne faire oublier celui de la taquilla. Exception qui confirme la règle, est sorti en quatrième position un excellent novillo de L’Astarac très encasté et qui lui offrait beaucoup d’options. Des trois toreros, c’est le local de l’étape, Jean Baptiste Lucq, qui a été sans conteste le meilleur malgré le moins bon lot. Christian Parejo, bien qu’un ton en dessous du quatrième, a construit une faena intéressante mais a mal tué. Manuel Perera a déçu.

Le premier eral est, comme les deux suivants est un Camino de Santiago. Il sera le plus léger de la tarde. Christian Parejo se met en évidence à la cape à la réception et lors d’un bon quite par chicuelinas. Le novillo est noble mais manque de forces. Christian le toréé par le haut puis à mi hauteur. Les deux premières séries à droite, puis la suivante à gauche, bien que manquant de transmission, permettent au torero de Chiclana de nous rappeler ses prestations de Bougue et Vic. Le toro va rapidement à menos et la suite de la faena manque d’intérêt malgré une bonne dernière série de naturelles finale. Une fois de plus, le novillero pêche avec les aciers.
Le second, un peu plus costaud, humilie bien lors des premiers capotazos de Manuel Perera. Il permet à Jean Baptiste Lucq de réaliser un bon quite. Malheureusement l’eral manque de forces et de race. Il se défend dans la muleta. Il demande une main de fer dans un gant de velours. Il faut le toréer en douceur tout en pesant sur lui. Plus facile à dire qu’à faire d’autant plus que Perera toréé avec brusquerie et fait passer le toro plus qu’il ne l’oblige. La faena, fade, manquant de transmission, est conclue par une épée basse et atravesada.
Le troisième est très faible. Il tombe dès les premiers muletazos pourtant donnés par le haut par Jean Baptiste Lucq. Le mugronnais avec beaucoup d’intelligence va le toréer en douceur et a mi hauteur. Bien lidié, le bicho, à l’inverse des deux premiers, va à mas. Sa noblesse reprend le dessus et permet au jeune novillero de lier une très bonne série de derechazos en fin de faena. Le dernier et seul enchaînement à gauche, commencé par quatre passes un peu brusques, se termine par une superbe naturelle, le meilleur muletazo de l’après-midi. L’élève d’Adour Aficion coupe une oreille après une entière basse mais efficace.
Changement de fer et d’encaste pour la suite de la novillada, les trois suivants sont de L’Astarac. Le quatrième, le mieux présenté du lot, a de l’énergie et de la caste à revendre. Il est bien reçu à la cape par Parejo. Il désarme le novillero dès le premier muletazo. Le chiclanero ne trouve pas le sitio d’où une série de derechazos brouillonne. C’est mieux à la suivante et le novillero, profitant de la noblesse et de la caste du bicho, enchaîne trois bonnes séries à droite, excellente la dernière. Il prend ensuite la main gauche, a du mal à trouver le bon placement et se fait déborder par son opposant. Le retour à droite est compliqué d’autant que le toro commence à se réserver. Beaucoup d’expression dans les adorños finaux avant une mise à mort « passable », l’arrastre est applaudie et Parejo fait une vuelta.
Le cinquième, un peu plus léger, est proche morphologiquement du quatrième. Il n’en aura malheureusement pas les qualités. Il est juste de forces et manso. Tardo, il se réfugie dans les tablas. Après deux séries moyennes, le toro tombant à la seconde, Perera le ramène au centre. Il lie une très bonne puis une bonne série de derechazos, pesant vraiment sur le novillo. A gauche, c’est plus compliqué. Le novillero reprend la main droite pour un final pueblerino regardant plus le public que le bicho. La faena est trop longue et le toro finit quasi parado ce qui le rend plus compliqué à estoquer. Perera salue après un pinchazo et une entière basse longue à faire effet.
Le sixième et dernier, lui aussi du fer de L’Astarac est le plus léger des trois erales d’encaste Guardiola. Différent morphologiquement des deux premiers, il est juste de force et manque de race. Les deux premières séries que lui donne Jean Baptiste Lucq sont trop violentes et il tombe à la seconde. Le novillero corrige le tir, le toréé à mi hauteur et avec douceur (et l’autorité nécessaire car c’est un Astarac et la corne gauche a déjà accroché la cape). Le mugronnais toréé avec justesse et tire de bons muletazos sur la corne droite avant de se faire prendre, sans mal, lors de la dernière série à droite. Pas grand-chose à en tirer à gauche, le toro est allé à menos. Jean Baptiste coupe une oreille après un entière en avant et efficace. Ce nouveau trophée l’autorise à sortir à hombros, malheureusement il n’y avait pas d’arenero suffisamment costaud pour remplir la fonction de capitalista.

Rendez vous l’an prochain et on devra être beaucoup plus.

Fiche technique
Arènes de Maubourguet, novillada non piquée
Trois erales du Camino de Santiago (1er, 2nd et 3ème) manquant de fond et de forces, et trois de L’Astarac, excellent le quatrième, mansos et faibles les deux autres pour :

Christian Parejo : un avis et silence, un avis et vuelta
Manuel Perera : salut, un avis et salut
Jean Baptiste Lucq : une oreille, une oreille

Le prix des organisateurs du Sud-Ouest est partagé entre les trois novilleros
Président : Robert Desclaux
A l’issue du paseo, une minute d’applaudissements à rendu hommage à Françoise Yonnet et Pierre Bats ganaderos récemment décédés.
Petite entrée
Ciel menaçant mais pas de pluie

Thierry Reboul

Photos : Nicolas Couffignal

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