Dax (18/08/2019 - matinale) : Léa Vicens et Andy Cartagena à hombros...

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©Nicolas Couffignal
©Nicolas Couffignal
Moins de monde que d’habitude pour cette traditionnelle corrida de Rejon des Fêtes de Dax, pourtant le cartel était attractif. De cette course, on retiendra, pour ceux qui aiment, les qualités équestres d’Andy Cartagena et la très bonne faena de Léa Vicens au cinquième.

Guillermo Hermoso de Mendoza, cavalier et torero plus classique, a été mal servi par le sorteo. Il sera à revoir dans d’autres circonstances. Les toros, bien présentés, ont manqué de fond, réduisant leur charge assez rapidement et finissant pour certains dans les tablas. Le fait de poser systématiquement deux rejones de castigo en est, peut-être, une des causes.

Le premier suit bien et gardera cette charge jusqu’à la fin. Cartagena pose deux rejones de castigo. Il embarque le toro dans des poursuites templant sa charge. Le début de faena est intéressant avec des cuarteos et des poses à la croupe et à l’étrier. Le bicho se réserve et le neveu du grand Ginès se livre à son numéro habituel d’équitation spectacle avant de poser une banderille al violin et deux courtes. Le rejon de muerte est contraire mais quasi immédiat d’effet, deux oreilles pour le rejoneador.

Le second est plus costaud. Distrait, il a, dès sa sortie du toril, peu de charge. Léa Vicens ne pose qu’un rejon de castigo pour le préserver. La faena est un peu compliquée. Le toro tire vers les tablas et se réserve au fur et à mesure de la faena. La cavalière alterne les poses à l’étrier et à la croupe. Elle pinche deux fois avant de placer un rejon de muerte qui sera efficace, salut pour la torera française.

Le troisième est complètement dans le type de l’encaste. Le jeune Hermoso de Mendoza pose deux rejones de castigo, tous les deux en arrière. Très sobre, mais forcément moins « connecté » avec le public, le navarrais pose quatre bonnes banderilles et un paire à deux mains à un toro qui a tendance à se réfugier aux tablas. La tendance à être querencioso du toro est à l’origine de plusieurs passages à faux. Le rejon de muerte, en arrière, nécessite l’usage du descabello, une oreille pour Guillermo.

Le quatrième, ayant reçu deux rejones de castigo, aura lui aussi tendance à se réfugier dans les planches. Cela ne gêne pas Cartagena qui privilégiera le côté spectacle. Quelques bonnes poses et d’autres plus au raset mais le public s’enthousiasme pour les cabrés et des cites par levade. Andy doit descabeller et ne coupe qu’une oreille.

Le cinquième est un peu distrait. Léa Vicens pose deux rejones de castigo. Elle réalise par la suite une très belle faena avec des poses serrées et de belles poursuites. Elle tentera de poser al quiebro mais le toro est tardo et les deux tentatives se transforment en pose plus classique. Le rejon de muerte est efficace, deux oreilles pour la cavalière, une vuelta pour le toro.

Mendoza pose deux rejones de castigo. Le toro s’éteint et finit même dans les tablas au moment de la mort. La faena est compliquée avec des passages à faux. La mise à mort est difficile et nécessite le recours au descabello. Le toro tarde à mourir et finit par tomber seul dans le terrain du toril.

 

Fiche technique :
Arènes de Dax, corrida de rejon de la Féria 2019
Six toros de Sanchez y Sanchez bien présentés mais manquant de fond, sauf le cinquième plus collaborateur, pour :

Andy Cartagena : deux oreilles, une oreille
Léa Vicens : salut, deux oreilles
Guillermo Hermoso de Mendoza : une oreille, silence

Vuelta au cinquième toro
Sortie de Cartagena (trois oreilles) par la Porte Principale et de Léa Vicens (deux oreilles) par la même porte invitée par son collègue (?????)
Deux tiers d’arènes
Soleil et nuages jouent à cache cache

Thierry Reboul