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Vic (10/06/2019 - matinale) : Christian Parejo, le petit quelque chose en plus...

b_250_200_16777215_10_images_temporadas_2019_Juin_Salida_Vic_10062019M.jpgDéplacée de Septembre au Lundi matin, la novillada non piquée « Trophée Toros y Vino » devrait trouver sa place dans la programmation de la Féria vicoise. Malgré une météo peu clémente, il y avait du monde sur les gradins et la qualité du spectacle proposé en 2019 devrait inciter les absents à venir en 2020.

Très bien présentés, les erales de Pagès-Mailhan, par leur caste et leur noblesse, ont permis aux jeunes toreros de s’exprimer.


Le premier sera le plus noble du lot. Il désarmera à la cape David Garcia et permettra à Parejo de réaliser un très bon quite par chicuelinas. Garcia le brinde au public avant de se faire avertir lors du premier derechazo. Le novillero de Salamanque prend immédiatement la main gauche. Le novillo est noble, répète. Le novillero est appliqué mais manque de temple. Il faut attendre la quatrième série pour voir des naturelles plus posées. La tauromachie très scolaire du jeune garçon est sincère, appliquée mais manque d’émotion. La faena, essentiellement gauchère, parce que trop longue, et le novillo vont menos. Le Pagès-Mailhan vient mourir au centre de la piste après une entière un peu basse, vuelta pour le novillero.


Le second, différent morphologiquement (autre rame ?) est très bien armé. Il ne faut pas longtemps aux spectateurs présents pour juger de la classe naturelle et la toreria de Christian Parejo. Sévillan à la cape, il commence sa faena par des doblones genoux ployés à la fois dominateurs et élégants. Il saura placer, ou déplacer, le bicho dans le terrain idéal et aguanter si nécessaire pour aller au bout de ses passes sans perdre de terrain. Il cite de loin, se croise, conduit avec temple et sème sa faena de détails et attitudes toreros. .En fin de faena, il amène le bicho au centre pour une série conclue par un superbe pecho. Il coupe deux oreilles après avoir tué d’une bonne entière portée avec engagement. Il est trop tôt pour faire des plans sur la Comète, mais ce garçon a vraiment quelque chose de plus que les autres.


Le troisième frappe violemment un burladero et s’en ressentira par la suite. Il est abanto mais met bien la tête dans la muleta de Solalito. Après un bon tercio de banderilles, le nîmois commence sa faena en doublant un eral noble mais un peu tardo .Il faut l’obliger ce qu’arrivera à faire le jeune torero. Solal construit une faena qui pèse sur le toro mais qui, surtout technique, manque un peu de transmission. Il va à mas, et les trois dernières séries sont d’un niveau artistique plus élevé. Solalito doit se contenter de saluer après avoir mal tué.


Christian Parejo est déclaré vainqueur du trophée Toros y Vino et se voit offrir le quatrième eral de la matinée. Il répond à un quite de David Garcia par un très bel enchaînement de chicuelinas. Salut des banderilleros après une excellent tercio de banderilles, parmi eux Thomas Ubeda excellent toute la matinée avec les palos et à la brega. Le gardois s’affirme comme un des futurs très bons peones. Le
toro est plus violent que le second. Parejo le double à nouveau avec beaucoup d’élégance. La faena, moins profonde qu’à son premier, est quand même très intéressante car le novillero montre qu’il est capable de lidier et de peser sur son opposant. Toujours beaucoup d’aguante et de toreria dans une faena dont on retiendra deux superbes séries vers la fin, l’une à droite et l’autre à gauche. Christian
doit se contenter d’une vuelta après un pinchazo et une entière en avant un peu longue à faire effet. 

On reverra le jeune garçon, le 14 juillet à Plaisance.


Fiche technique : Novillada non piquée de la Féria de Vic
Quatre erales de Pagès- Mailhan, encastés et nobles et donnant du jeu pour :


David Garcia : un avis et vuelta
Christian Parejo : deux oreilles, deux avis et vuelta
Solalito : un avis et salut
Salut du ganadero à l’issue de la course

Christian Parejo reçoit le prix « Toros y Vino » et celui des organisateurs du Sud-Ouest
400 personnes environ
Ciel nuageux, température frisquette


Thierry Reboul