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Arzacq (24/02/25019) : Sorties en triomphe de Parreirita et Cristian Parejo...

b_400_600_0_10_images_temporadas_2019_Fevrier_Salida_Arzacq_24022019.jpgLa tradition est maintenant bien établie. Le club taurin d’Arzacq a organisé ce dimanche la sixième édition de sa novillada mixte rejon et non piquée.

En tauromachie, on change parfois une équipe qui gagne. Pendant plusieurs années, le nom du village béarnais était associé à l’élevage du Conde de Mayalde. Raul Finat, le ganadero, malgré ou à cause des succès remportés à Arzacq, a décidé de réserver ses erales disponibles en 2019 pour des novilladas piquées. L’équipe de Jean Marie Dubroca a fait appel pour cette année à la ganaderia d’Antonio de San Roman, élevage d’encaste Torrestrella. Bien présentés, avec des armures conséquentes et astifinas, c’est un lot d’erales, nobles, sans grande classe mais qui se laissait toréer qui ont foulé le ruedo des arènes du Soubestre.
Il est aussi de tradition que deux toros soient réservés à un rejoneador. Après avoir fait découvrir Armendariz à l’Aficion française, c’est un jeune cavalier portugais, précédé d’une bonne réputation, qui a fait ses débuts en France. Il a toréé les premier et quatrième novillos.

Le premier est un colorado plutôt léger qui bouscule violemment le groupe équestre lors de la pose du premier rejon de castigo. Cavalier et cheval s’en sortent sans mal physique mais la pose du second rejon est psychologiquement difficile. Placé très bas, il va handicaper le novillo. Avec une charge réduite, il se défend sur place et bouscule une nouvelle fois le rejoneador et sa monture. Cela oblige le cavalier à limiter le nombre de banderilles et à poser au passage. Le rejon de muerte, bien que contraire, est rapide d’effet. Le lusitanien coupe la première oreille de la course.
Le quatrième est un negro très costaud qui, sans jamais baisser de ton, suit le cheval avec noblesse et douceur. Après un premier rejon de castigo laborieux, Parreirita en pose un second en place au raset. Il prend confiance et avec sobriété il pose trois bonnes paires de banderilles à l’estribo. Après des poursuites maîtrisées et qui plaisent au public amateur de rejon, le portugais change de cheval et pose une superbe banderille al quiebro qui soulève, fort justement, l’enthousiasme sur les gradins. Après la pose de deux courtes et de la rose, le rejon de muerte, en avant, est suffisant et le cavalier coupe une nouvelle oreille, probablement plus méritée qu’à son premier.

C’est le colombien Leandro Guttierez qui toréé le premier eral réservé à la lidia à pied. Le novillero est un torero dynamique avec un répertoire varié à la cape et à la muleta. Il est aussi un très bon banderillero. Il débute sa faena par des faroles donnés à genoux. Le novillo est faible. Il manque de classe mais à un fond de noblesse qui ne demande qu’à être mis en évidence. Le colombien le fait avec une tauromachie allurée et brillante, qui porte sur le public et rend le novillo collaborateur. On peut lui reprocher, comme à beaucoup de sud-américains de ne pas se croiser et d’être plus spectaculaire que profond .Mais on est en non piquée et il tire ce qui est possible du bicho en créant une émotion que d’autres toreros n’auraient pas créé. Leandro coupe une oreille après une entière tendida contraire et un peu longue à faire effet.

Le second eral de la lidia à pied est reçu à la cape par Manuel Vera. C’est un novillo bien fait mais avec une armure bizca. Il est violent à sa sortie du toril et fera deux vueltas de campana dont il sortira marqué. Le jeune torero andalou le toréer de façon mécanique sans peser sur un animal qui l’emmènera dans la querencia du toril. Le bicho est noble mais manque de fond. Toréé sans lui donner la distance dont il a besoin et sans allonger les passes, le San Roman raccourcit sa charge et la faena qui manque d’émotion va à menos. Vera tue d’une estocade basse, habile et rapide d’effet qui lui permet, lui aussi, de couper une oreille.

Cristian Parejo va être la révélation du jour. Il touche un eral burraco très typé Torrestrella. Il est reçu à la cape par l’andalou avec une série de véroniques en tablier allurées. Le français Clément Hargous enchaine avec un très bon quite. Le bicho manque de race, il a tendance à vouloir partir dans le terrain du toril. Avec autorité Cristian le maintiendra au centre de la piste. Le novillero se croise, guide la charge avec autorité et élégance. Il oblige, avec efficacité et sincérité, un novillo qui manque de fond à passer et le fait avec une certaine élégance. La fin de faena est plus brouillonne car le novillo va à menos et est difficile à fixer pour l’estocade. Cristian le tue d’une entière en avant après un pinchazo. Il coupe deux oreilles, la seconde pour le démarquer des trophées obtenus par les deux novilleros précédents. Ce garçon a du potentiel, et sera à suivre au long de cette temporada.*

Le bordelais Clément Hargous a rejoint l’Ecole Taurine de Nîmes et fait l’aller retour chaque week-end entre Bordeaux où il travaille et la cité gardoise où il suit les enseignements de Christian Lesur et Patrick Varin. Il reçoit au capote un joli eral astifino et lui aussi très typé Torrestrella. Après un bon tercio de banderilles, il brinde au public. Le toro a peu de race. Clément est volontaire mais il n’arrivera pas à trouver la solution au problème posé par le manque de charge du San Roman. Il s’en suit une faena brouillonne et décousue qui aurait gagné à être écourtée, le toro allant rapidement à menos. Le girondin fait une vuelta après une mise à mort laborieuse par la faute d’un puntillero maladroit.

 

Fiche Technique
Arènes d’Arzacq, novillada non piquée, sixième édition du trophée du Jambon de Bayonne de Cristal.
Six bichos d’Antonio San Roman, bien présentés, astifinos manquant de classe mais toréables pour :

Le rejoneador Parreirita : une oreille, une oreille
Les novilleros :
Leandro Guttierez : une oreille
Manuel Vera : une oreille
Cristian Parejo : deux oreilles
Clément Hargous : un avis et vuelta

Le trophée du Bayonne de Cristal et le prix des organisateurs du Sud-Ouest sont attribués à Cristian Parejo
Président : Denis Labarthe
Deux tiers d’arènes
Grand beau temps à l’extérieur des arènes couvertes.

Thierry Reboul