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Mont de Marsan (21/07/2018 - nocturne) : Les novilleros ont fait ce qu’ils ont pu...

©Roland Costedoat
©Roland Costedoat
Les spectacles taurins s’enchaînent les uns après les autres sur le sable des arènes du Plumaçon. A peine le temps de trouver un sandwich après la corrida, les aficionados se retrouvent à nouveau sur les gradins pour la novillada des Fêtes de la Madeleine donnée depuis trois ans le samedi en nocturne.


Trois jeunes novilleros, choisis par les abonnés, défilent au paseo pour affronter des utreros de la ganaderia du Camino de Santiago. Bien présentés et armés, les novillos de Jean Louis Darré ont déçu le public et surtout leur éleveur. Est-ce la conséquence d’une course donnée en nocturne, mais après deux bichos nobles mais très justes de forces, sont sortis quatre toros compliqués, très vite attirés par les planches et qui offraient peu d’options aux toreros. Le dernier s’est très vite arrêté devenant dangereux pour le novillero qui l’affrontait.
Dans ces circonstances difficiles, les trois garçons présents en piste, et c’est tout à leur honneur, n’ont pas renoncé et fait de gros efforts mais à l’impossible nul n’est tenu.

Attendu après ses succès à Madrid et Pampelune, Francisco de Manuel touche une premier utrero qui met la tête dans la cape et prend une première pique en poussant et un picotazo en partant du centre. Le bicho fait une vuelta de campana dont il aura du mal à se remettre. Le madrilène profite de la noblesse du Camino de Santiago pour enchaîner de bons muletazos sur la corne droite mais la faena est fade et manque de transmission, le toro allant très vite à menos. De Manuel coupe quand même une oreille après une épée entière basse quasi immédiate d’effet.
Le quatrième prend deux piques sans grand style, sortant seul de la seconde. El Rafi, excellent à la cape tout au long de la soirée, réalise un excellent quite d’inspiration tauromachie mexicaine. Francisco prend les palos pour un tercio de banderilles dont on retiendra les deux premières paires. Dès les premiers muletazos, le novillo part aux planches imposant son terrain à son adversaire. De Manuel, avec abnégation et une certaine toreria va essayer de le tenir au tercio puis tirera quelques muletazos dans les tablas. Le toro est vite décomposé et la faena va très vite à menos. En plus d’avoir des qualités techniques certaines, De Manuel tue avec beaucoup d’efficacité et coupe à nouveau une oreille.

Le second novillo sort avec du gaz du toril. Il est bien reçu à la cape par El Rafi et prend deux puyazos, poussant au premier. Commencée par une cambiada très serrée, la faena se poursuit par une bonne série à droite. Le novillo est juste de forces mais noble, part de loin et le début de la faena est intéressant. Malheureusement le novillo perd un sabot ce qui conduit le novillero à prendre de façon anticipée les aciers.
Le cinquième tape avec force dans le cheval, mais n’insiste pas et sort seul. Dès le premier tiers, il cherche les planches. Après un début de faena de rodillas, El Rafi va s’évertuer avec application à le tenir au centre. Même s’il ne parvient pas à ses fins, le nîmois tire quelques muletazos honorables d’un toro qui est de plus en plus compliqué à toréer. La mise à mort, en deux temps, laisse à désirer mais une oreille vient récompenser l’application et la bonne volonté du novillero.

Le troisième prend une première pique au réserve et un picotazo face au piquero de turno. Dorian Canton commence sa faena par des cambiadas mais très vite le toro s’éteint, se défend sur place, accrochant le novillero. Face à un utrero décomposé, le béarnais ne peut que prendre l’épée. Il salue après une entière basse.
Local de l’étape, Canton aura été le plus mal servi au sorteo. Le sixième est un joli novillo, le plus sérieux du lot. Il prend, lui aussi, un premier puyazo en mettant les reins sur le picador de réserve et un picotazo à la seconde rencontre. Dorian débute sa faena de rodillas. Dès les premiers muletazos, le toro se désintéresse du combat et s’arrête dès le début de la passe, mettant en danger le novillero. Il n’y rien d’autre à faire, là aussi, que de prendre l’épée. Ce que fait, déçu, le jeune novillero français.

Les trois jeunes toreros sont applaudis quand il quitte le ruedo. Reste maintenant au ganadero à analyser les causes de son échec étonnant pour un fer d’origine Domecq dont on connait les qualités habituelles de noblesse. Il faudra aussi se poser la question de l’influence du fait que la novillada soit donnée de nuit dans un contexte forcément déstabilisant pour le bétail.


Fiche technique :
Arènes de Mont de Marsan : Novilladas des Fêtes de la Madeleine 2018
Six novillos du Camino de Santiago, nobles et faibles les deux premiers, mansos querenciosos les trois suivants, totalement décasté le dernier pour :

Francisco de Manuel : une oreille, une oreille,
El Rafi : silence, une oreille
Dorian Canton : salut, silence

Président : Manolo Gloria
Course en nocturne avec un bruit de fond (manèges et soirées DJ) désagréable
4/10èmes d’arène

Thierry Reboul