Mont de Marsan (21/07/2018) : Castella et le dernier toro sauvent la course...

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©Roland Costedoat
©Roland Costedoat
Quatre oreilles, deux toreros en triomphe pourraient laisser penser que le public est sorti des arènes content du spectacle auquel il vient d’assister. La réalité est tout autre par la faute d’un lot de toros de Nuñez del Cuvillo corrects de présentation mais manquant pour les cinq premiers de force, de race et de transmission. A l’exception du dernier, il ne s’est rien passé de notable entre la sortie de chaque toro et le premier muletazo de chaque faena. Le dernier, s’il n’a pas sauvé le lot, a offert plus d’options.

Le président a cédé à la pression du public en donnant deux oreilles à Ponce à son premier pour une faena professionnelle mais manquant de relief par la faute d’un toro soso. Il ne pouvait faire moins que de sortir les deux mouchoirs simultanément après la faena réalisée par Castella au seul toro intéressant de la tarde sorti en dernière position.

Il y a une relation forte entre le Plumaçon et Enrique Ponce. Son premier adversaire est très discret face au cheval. Il manque de forces et est soso. Le torero de Chiva exploite sa noblesse pour dérouler sa tauromachie habituelle jusqu’aux Poncinas. Tout cela est bien fait, même si le torero ne se croise pas beaucoup mais l’émotion est artificielle. Elle est plus générée par la personnalité du torero que par celle d’un toro .plus collaborateur docile qu’opposant. De la faena on retient une bonne série à gauche en fin de faena. L’estocade entière est très rapide d’effet mais trop basse pour que soit accordée une seconde oreille, surtout en début de course, et pourtant.
L’après-midi est ensuite allée à menos pour Ponce. Le début du troisième tiers à son second laisse augurer d’une faena intéressante d’autant que le torero fait l’effort de mettre un peu plus la jambe qu’à son premier. Mais le toro s’éteint dès la troisième série, Ponce abrège.
Le cinquième est quasi invalide. Le torero de Chiva déploie des trésors de techniques pour le faire passer sans qu’il ne tombe. Rien à retenir d’une faena « d’infirmier » qui finit par lasser une partie du public et que Ponce conclut d’une entière très habile avant de regagner l’air chafouin le callejon. Le toro est sifflé à l’arrastre.

L’après-midi de Castella est elle allée à mas. Son premier toro manque de forces. Il est tardo et suit la muleta sans conviction ne transmettant pas d’émotion. A la quatrième série, il se réserve de plus en plus puis s’éteint.

Le sobrero sorti en 4bis est presque aussi invalide que le titulaire. Décasté, il manque aussi de race. Il fait illusion sur la première passe de la série puis se réserve et se défend. Le français abrège. Le toro est sifflé à l’arrastre.

Le public n’a plus beaucoup d’illusions quand sort le sixième. Et pourtant, c’est un joli castaño, le plus sérieux du lot. Il pousse un peu au cheval sur la première rencontre. Contrairement aux cinq premiers, il a une charge énergique et transmet une certaine émotion. Le public sort de la torpeur où l’avait plongé les cinq premiers bichos. Castella débute en enchaînant cambiadas et passes sans céder un pouce de terrain. Il pèse sur un toro noble et collaborateur. Il peut déployer toute la panoplie de sa tauromachie et se connecter avec un public sevré « d’émotion » depuis le début de l’après-midi. Grand final de la faena avec une très bonne série sur chaque corne et des adorños très toreros, le français conclut par une bonne épée entière. Deux oreilles et grande ovation pour un Castella qui a été un ton au dessus d’Enrique Ponce.

Fin de courses avec deux toreros à hombros et un public qui exprime son mécontentement contre l’organisation lorsque Ponce et Castella ont quitté le ruedo.
Ponce a lancé la compétition des quites au dernier toro, un peu trop tard pour que Castella daigne lui répondre.
Le sobresaliente, comme d’habitude n’a pas eu l’occasion de s’exprimer..

Fiche technique :
Arènes de Mont de Marsan : Quatrième corrida des Fêtes de la Madeleine 2018
Six toros de Nuñez del Cuvillo (dont un sobrero sorti en quatrième position) soso le premier, faibles et décastés les quatre suivants, noble et donnant du jeu le sixième. Les
quatrième et cinquième ont été sifflés à l’arrastre pour :

Enrique Ponce : deux oreilles, salut, silence,
Sébastien Castella : silence, un avis et silence, un avis et deux oreilles

Sobresaliente : Miguel Angel Sanchez
Salut de José Chacon après avoir banderillé le sixième
Douze piques, cuadra Bonijol
Président : Jacques Grué
Soleil et nuages
Lleno

Thierry Reboul