Istres (16/06/2018 - matinale) : Adrien Salenc et Cristian Perez triomphent d'une bonne novillada de Virgen Maria...

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©ElTico
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En cette matinée de première grosse chaleur, les arènes du Palio ont vécu une novillada "grand écart", entre la maturité déjà affichée d'un Adrien Salenc qui, avec trois oreilles dans son escarcelle, relance une temporada très importante pour lui de la meilleur manière qu'il soit ; un Cristian Perez arrivé en terres Istréennes avec un esprit "maletilla" qui manque parfois à ses camarades de promotion ; et le local Vincent Perez, encore bien vert mais qui a fait de son mieux pour sa présentation dans la catégorie.

Le lot de novillos de Virgen Maria, en provenance de Constantina (Sevilla) mais battant pavillon français par leur propriétaire, Jean-Marie Raymond, a parfaitement rempli son office, le dernier de l'envoi étant même primé d'une vuelta al ruedo posthume.
Côté gradins, le premier match de l'équipe de France dans sa Coupe du Monde Russe a certainement freiné quelques aficionados à la balle ronde, que l'on devrait revoir sur les étagères dès cet après-midi pour la Corrida des Héros face aux Cura de Valverde.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

En ce samedi matin, les arènes istreenes proposaient une novillada. Au programme des utreros de Virgen Maria, propriétés de Jean Marie Raymond, face à Adrien Salenc, Cristian Perez et Vincent Perez.

Adrien Salenc reçut le premier de la matinée par un capoteo plaisant avant de lui faire administrer une unique pique bien dosée par Gabin Rehabi. Entame de faena de belle facture par des muletazos pieds joints, rivés au sol, déclenchant de suite les accords musicaux. Sans attendre, le nîmois trouva de suite le bon sitio, imprimant ainsi trois bonnes séries de derechazos sur la meilleure corne d'un Virgen Maria offrant une belle mobilité. Sur l'unique tanda gauchère, le résultat artistique ne fut pas au rendez vous, faute d'un adversaire manquant de qualité sur cette rive là. Il termina sur des terrains plus réduits, enchaînant par des bernardinas allurées avant de tuer d'une lame quelque peu tombée mais d'effet fulgurant. Deux oreilles.

Cristian Perez salua son premier adversaire, marqué du fer de Santa Ana, par veroniques suivies de chicuelinas. Au tercio de varas, le novillo prit deux rations de fer sans démontrer une réelle bravoure. Début de faena très décidé du novillero d'Albacete, plein centre, par une alternance de cambios et de pechos. Face à un animal manquant de force et de longueur de charge, Cristian ne démérita pas, tirant tout ce qu'il put de cet adversaire. Dans un ensemble très volontaire, à l'intensité irrégulière faute d'un adversaire baissant de ton au fil des séries, le protégé de Denis Loré édita un trasteo méritoire avec notamment de bons moments sur la rive gauche, dessinant des naturelles, une par une, de belle facture. Il remata son labeur par redondos et bernardinas rapprochées. A la mort, il s'engagea avec une grande détermination, logeant une entière concluante. Oreille.

Le troisième pour Vincent Perez prit une unique ration de fer. Brindis à son père, Hervé Perez. Face à un novillo de bon son, le manque d'expérience et de technique de Vincent se fit sentir pour profiter au mieux des charges proposées. L'ancien élève de l'école taurine d'Arles eut du mal à trouver la bonne cadence malgré quelques gestes isolés de bon goût. Mort par un trois quart de lame de côté suivi de cinq coups de verdugo. Ovation avec Salut.

Le quatrième, mal piqué, se montra vite limité en condition physique et jouant des pitons dans la muleta d'Adrien Salenc. Malgré de belles intentions, le nîmois, volontaire, livra une prestation heurtée face à cet utrero sur la défensive. Mort par une entière de résultat immédiat. Oreille.

Cristian Perez se mit en évidence lors de la réception du cinquième, servant quatre largas de rodillas, veroniques et chicuelinas. Brindis à Bernard Marsella et à Denis Loré. Début tambours battants de l'espagnol par des derechazos les deux genoux en terre, impactant ainsi sur les tribunes. Au dernier tercio, le novillo se révèla être de meilleur son sur la rive droite malgré des tendances à serrer sur la fin de passe. Sans atteindre des sommets d'intensité, Cristia , se comportant en "novillero", édita une faena plaisante, majoritairement droitière. En fin de combat, il se fit soulever, perdant connaissance. Alors qu'il était porté vers l'infirmerie, il reprit ses esprits et revint le couteau entre les dents pour servir deux bernardinas ultra serrées, frôlant à nouveau l'accrochage et donnant des sueurs froides à l'assistance. Mort par entière libérant deux oreilles du palco.

Le sixième fut remplacé après s'être cassé la corne gauche sur une demie vuelta de campana.
Le sobrero fut réceptionné par veroniques avant de rencontrer le groupe équestre pour une monopique où l'astado mit bien les reins. A la muleta, le Virgen Maria se révéla très collaborateur avec un joli moteur. Vincent eut du mal à faire monter l'intensité de son trasteo et à prendre la pleine mesure de cet opposant. Il y parviendra en toute fin de combat, sur deux séries droitières, laissant bien courir la main. Demie épée de côté, faisant vaciller rapidement le novillo. Une oreille et vuelta posthume du Virgen Maria. Tour de piste festif en compagnie de Jean Marie Raymond, ganadero de cette matinée.


Arènes du Palio à Istres (13).
Samedi 16 juin 2018 à 11h.
Novillos de Virgen Maria et Santa Ana (2ème)
Léger tiers de plaza
Beau temps
Durée: 2h30.

A.Salenc : Deux oreilles / Oreille.
C.Perez : Oreille / Deux Oreilles.
V.Perez : Ovation avec Salut après avis / Oreille.

Sortie à hombros d'Adrien Salenc et Cristian Perez.
Vuelta posthume au novillo portant le numéro 7 , né en novembre 2014 , sortit en dernière position.
Le prix fut remporté par Cristian Perez.
Vincent Perez faisait sa présentation en novillada piquée.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico