Istres (15/06/2018) : Ponce et Ureña a hombros...

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©ElTico
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Petit clin d'oeil à un couple d'amis rencontrés avant la corrida de dimanche dernier à Mauguio, qui ont jeté leur dévolu sur la Feria d'Istres il y a quelques années car "on y voit de tout, pour un tarif très raisonnable et en étant bien placé"...

Je les ai vus aujourd'hui s'installer dans les tribunes et ils ont effectivement pu voir le Maestro de Chiva servir ses "Poncinas" de fin de faena à un toro d'Adolfo Martín, mais aussi Paco Ureña sourire, ce qui n'est pas si fréquent et des gestes de grande facture de Curro Díaz à son premier. Et si les trois premiers combats ont été reçus fraîchement par le public qui remplissait très confortablement les arènes du Palio à l'heure du paseo, une oreille étant même refusée à Curro Díaz après une pétition non majoritaire, Enrique Ponce et Paco Ureña sont bien sortis a hombros après avoir coupé les deux oreilles de leurs seconds opposants.
On voit de tout à Istres. Et ça se termine souvent en triomphe !

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier d'Enrique Ponce resta très court dans le capote de réception du maestro de Chiva, chargeant très lentement. Au tercio de piques, l'Adolfo parvint à pousser légèrement la monture sur la rencontre initiale avant une seconde beaucoup trop appuyée et guère nécessaire. Brindis au public. Sur les premiers échanges de muleta, le bicho confirma cette charge courte mais très lente. Trouvant le bon sitio à donner à cet animal à demie charge et pas toujours clair dans ses intentions, Ponce fit l'effort et put en tirer le maximum grâce à une technique sans faille. Sans atteindre des sommets d'intensité dû aux qualités limitées chez l'Adolfo, il put tout de même gratifier le public de passages ambidextres harmonieux et templés. Mort par entière plate et trasera. Silence.

Le second pour Curro Diaz est protesté dès sa sortie pour un port de tête abîmé. Face au lancier, le bicho rentra fort par deux fois, mettant correctement les reins. A la muleta, l'Adolfo se laissa, malgré des tendances à parfois freiner lors des échanges. Après quelques séries manquant d'intensité, Paco Ureña fit aller sa faena a mas lors de deux séries gauchères de haute facture, déclenchant logiquement les accords musicaux. Passage sur le piton droit pour deux tandas de derechazos templés, corps relâché, rematés par un très très long pecho. Il conclut cette prestation convaincante par une lame d'effet rapide après avoir pinché, déclenchant une pétition minoritaire non accordée par le palco. Ovation avec Salut.

Paco Ureña salua le troisième, très typé de la casa, par de vibrantes veroniques avant de ponctuer par une demie veronique que les sevillans n'auraient pas renier. Sur la seule pique, parfaitement placée, l'Adolfo montra une belle bravoure, poussant convenablement la monture, toujours tête en bas. Au dernier tercio, l'animal montra plus de charge et d'allant que ses prédécesseurs, malgré un léger manque de force. Très appliqué, le torero de Lorca ne mit pas longtemps avant de déclencher la musique grâce à une tauromachie douce et très bien cadencée. Bien posé sur les reins, l'espagnol imprima une faena très bien construite, dessinant sur les deux bords de profondes séries a camara lenta. Il conclut cet ensemble par des derechazos sans ayuda, récoltant des olés appuyés. Il tua par une épée tombée après mete y saca, suivie par plusieurs coups de puntilla du subalterne. Cette mort priva certainement Ureña d'une oreille qui lui semblait acquise. Ovation avec Salut.

Le quatrième, également très typé maison, fut sévèrement châtié par deux fois, le piquero récoltant une belle bronca post prestation. Belle entame de faena de Ponce par des doblones idéalement ajustés face à un animal manquant un poil de force mais aux charges intéressantes. Dans son style si particulier, déployant une étoffe de velours sur chaque corne, Ponce livra un trasteo pur et d'un classicisme parfait, impactant sur le public. Il connut les meilleurs moments sur la rive droite où il servit de vibrants derechazos, transpirant la toreria. Il fit chavirer un peu plus les tendidos sur trois majestueuses poncinas finales avant de loger une entière tombée suivie d'un énorme coup de descabello, libérant deux oreilles de la présidence.

Curro Diaz resta très discret sur la réception du cinquième qui fut mal piqué sur la rencontre initiale avant une seconde de meilleure facture. Dès le début muletero, l'Adolfo ne montra rien de bon, se défendant à base de grands coups de tête et s'arrêtant en cours de passes ou sur les chevilles du diestro. Après plusieurs essais volontaires et valeureux, le natif de Linares dut se résoudre à abréger le combat. Mort par entière lente. Applaudissements.

Le dernier du lot fut lidié intelligemment par fuera après être resté très court dans le capoteo de salida d'Ureña. Brindis au public avant de distiller des doblones d'ouverture de catégorie. L'Adolfo, très doux dans ses charges, permit au torero de Lorca de s'exprimer pleinement, éditant un faenon au cachet artistique élevé. Les premières séries gauchères, main basse, furent d'une exquise pureté et déclenchèrent naturellement les airs musicaux. La suite fut de haute volée, l'espagnol torea au ralenti, a gusto, embarquant magnifiquement cet astado collaborateur dans une partition inspirée pour le plus grand plaisir du public. A la suerte suprême, il fit preuve d'un bel engagement et une demie épée en place suffit à faire vaciller rapidement le bicho, libérant deux oreilles amplement méritées.


Arènes du Palio à Istres (13)
6 toros d'Adolfo Martin.
Poids : 505 , 505 , 475 , 510 , 490 , 485.
Casi lleno
Beau temps
Durée: 2h24

E.Ponce : Silence / Deux oreilles.
C.Diaz : Ovation avec Salut / Applaudissements.
P.Ureña : Ovation avec Salut / Deux oreilles.

Enrique Ponce et Paco Ureña sortirent a hombros par la grande porte.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico