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Vic-Fezensac (19/05/2018 - tarde)  : tarde de toros aussi grise que le ciel...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Heureusement qu’il n’a pas plu pour en rajouter à une tarde vicoise aussi grise que le ciel à la fin d’un desafio Valdellan/Los Maños ennuyeux et sans entrega. La faute est à partager entre un bétail de media casta, sans race souvent faibles et des toreros sans grande envie de faire ressortir le peu qu’il y avait à en tirer. Donc une tarde à oublier en espérant que celle de demain sera d’un autre acabit.

Le premier Valdellan, dans le type et bien armé est accueilli par Escribano avec une larga afarolada de rodillas. Il est faible et prend deux piques sans s’investir. Après un tercio de banderilles très moyen, Escribano double un toro puis enchaine en citant de loin pour la seule série de derechazos intéressante, bien que marginale, de la faena. A gauche le toro chute si le torero baisse la main. Très vite le Valdellan va à menos et la faena devient languissante. Le public finit par s’impatienter et le sévillan conclut d’une entière habile.

Sergio Florès était attendu par le public. Le second toro de Los Maños, bien présenté humilie bien au capote et permet au mexicain de réaliser une très belle série de véroniques et chicuelinas. Mal mis en suerte, le toro pousse à la première rencontre, les deux suivantes étant anecdotiques. Dès que le torero prend la muleta, le toro change de comportement et ne passe ni à droite, ni à gauche d’autant plus que le torero baisse très vite les bras et n’insiste pas. Il abrège d’une entière très prudente et entend quelques sifflets quand il regagne le burladero.

Le troisième, Valdellan, invalide est renvoyé aux corrales. Il est remplacé par un toro du même fer dont les cornes vont très rapidement s’abîmer. Très mal piqué, le toro met en difficulté la cuadrilla au tercio de banderilles. Après avoir brindé sa faena à Manolo Vanegas, le torero qu’il remplace ce jour, Sebastian Ritter débute sa faena par une série de derechazos où il se fait accrocher. Le torero manque d’officio et torée sur le voyage et sur le pico un toro qui, manquant de race, va très vite à menos. Il conclue par une demie un peu basse une faena fade.

Escribano accueille par deux largas un Los Maños bien présenté. Mal piqué, le toro est bien banderillé par Escribano. Le toro embiste bien en début de faena. Le sévillan abuse du pico et de la marginalité sur la première série. La seconde est plus centrée mais la faena va à menos, le toro baissant de rythme et le torero ne s’investissant pas. Le toro est de plus en plus distrait et la faena devient elle aussi languissante. Division d’opinions pour Escribano après une nouvelle entière habile.

Le cinquième est un Valdellan haut, maigre et aux cornes abimées. Il s’anime sous le fer à la première rencontre puis s’éteint à la seconde. Le toro est deslucido, manque de charge. Sergio Florès arrive à lui tirer une ou deux séries intéressantes avant que le manque de caste et de race du toro rendent la faena impossible. Division d’opinons à nouveau après une mise à mort laborieuse.

Le sixième est un Los Maños fuera de typo au physique et au comportement. Très mal lidié aux deux premiers tiers, le toro montre un intérêt très limité pour la muleta de Sebastian Ritter. La faena est très vite abrégée par une mise à mort laborieuse mais le public n’a qu’un objectif quitter les arènes et ne réagit même pas.


Fiche technique
Arènes de Vic Fezensac, première corrida de la Féria 2018
Trois toros de Valdellan dont un sobrero (1, 3 bis, 5) et trois toros de Los Maños décastés et manquant de race pour :

Manuel Escribano : silence, un avis et division d’opinions
Sergio Florès : quelques sifflets, un avis et division d’opinions
Sebastian Ritter : silence, silence

Une quinzaine de rencontres avec la cavalerie Bonijol.
Président : Joaquim Camacho
Moins de deux tiers d’arène
Ciel gris et orageux

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour